littérature

Published on mai 12th, 2016 | by MagMozaik

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Zigor, “Silences”…Emotions pures!

Poète, sculpteur, mais aussi dessinateur et photographe, l’artiste basque Kepa Akixo, plus connu sous son nom d’artiste Zigor vient de publier son dernier livre « Silences » aux éditions Kilika. Sa présentation officielle a eu lieu le 6 mai à la Médiathèque de Biarritz.

Zigor est né à Aretxabaleta (Guipúzcoa) en 1947. Depuis 1968, il écrit de la poésie en basque, langue dans laquelle il pense, réfléchit, écrit et se construit. Ses premiers cahiers ont été publiés en 1973. Il a ensuite parcouru le monde jusqu’en 1982 comme reporter photographe. A partir de 1983, revenu dans son atelier de Biarritz, il a décidé de se consacrer à la sculpture après sa rencontre avec le sculpteur Remigio Mendiburu (1931-1990).

Pourtant, bien que la langue basque soit une source d’enrichissement pour lui, son recueil de photos et de poèmes porte un titre français car, dit-il, « Nous (les Basques) sommes capables de nous adapter parmi le monde, nous voulons que chacun parle sa langue ». Par ce choix, Zigor jette un pont entre le local et l’universel.

C’est sans doute son expérience de reporter photographe qui a donné à Zigor ce sens aigu de l’instant suspendu dans le temps, où l’homme et la nature s’interpénètrent dans une communion silencieuse.

Pourquoi ce titre : « Silences » ?

« Parce que le silence tend à disparaître. Le silence, ce n’est pas l’absence de bruit, mais une perception intime de la relation envers le monde. » Et quand le silence de l’homme rejoint le silence de la nature, il se crée un moment magique d’émotion pure que Zigor capte par ses photographies en noir et blanc.

Pour certaines prises de vue, il n’hésite pas à partir seul de bon matin, dans la montagne basque d’Iraty et sa forêt de hêtres, encore entourées d’une ouate matinale, ou dans la région des Bardeñas, en Navarre, se laissant emporter par l’attente de cet instant où le silence l’entoure. Alors, il n’y a plus de solitude mais un immense bonheur. « Dans certains endroits, la rencontre avec l’autre est rare, mais la rencontre avec soi-même est terrible ».

Zigor sait choisir ses décors

Un promontoire, un cimetière, des draps qui volent au vent, des champs à perte de vue au petit matin, une arène sans taureau, les forêts de l’Andalousie ou les Remparts de la ville d’Avila, le Musée d’Orsay et le Musée Rodin à Paris.

De fortes émotions surgissent également de ses portraits, avec ces silences devinés dans la profondeur d’un regard ou l’esquisse d’une attitude ou d’un geste familiers. Tel l’hommage rendu à une femme menant seule son troupeau de 700 brebis, aux amis proches et fidèles comme son galeriste, à Jeannette Leroy, artiste devenue aveugle qui tous les jours continue de peindre avec ses mains ou à Sabine Delcourt, jeune photographe talentueuse et énergique qui travaille sur le « cheminement ». Hommes et femmes dont les regards expriment la force de caractère et l’extrême sensibilité au silence et à la beauté de la nature. 

 Zigor émeut et surprend en présentant des photos qui expriment tout l’amour et le respect qu’il éprouve pour autrui. Avec humour parfois, tendresse souvent et passion toujours, chacune de ses photos témoigne d’un instant de silence profondément ressenti dans le corps et dans l’ âme.

Par ses photos, Zigor nous apprend la différence entre silence et solitude.

On peut se retrouver seul dans un bruit assourdissant, insupportable. Et ressentir le silence malgré les gens autour de nous. Parfois aussi, nous entendons tous les bruits, mais nous ne nous entendons pas. Le silence n’a rien à voir avec la solitude, « comme l’immobilité dans la danse est toujours la danse, le silence est toujours la langue ». On devient adulte quand on apprend les frontières du silence, c’est-à-dire ce que l’on peut dire et ne pas dire. Alors que la solitude nous amène à la contemplation, qui est souvent un moment de silence.

Le silence, c’est aussi l’humilité totale. Il aide à comprendre, à entendre le silence des choses autour de nous : pierres, arbres, qui nous renvoient à notre propre silence.

Zigor est basque dans tout son être.

Sculpteur reconnu, il a été exposé à Bordeaux, Anglet,  New York et bien sûr à Biarritz (« Olerki » – Poèmes en basque – sculpture que l’on peut admirer sur le plateau de l’Atalaye face à la mer et que parfois des gens enlacent comme ils le feraient avec un tronc d’arbre, « Urkulu », aux Halles de Biarritz, en 2015, qui témoigne du chagrin d’un rocher voyant s’en aller la vague). On peut aussi admirer « Eskua »  – la main (de femme ndlr) – composée de deux blocs d’acier massif étreignant un galet provenant de Guéthary.

Extrait du livre « Silences  » de Zigor

Gizonaren eskuak harria hartu
Eta mendia jo oihartzuna bila

La main de l’homme prit la pierre
Et frappa la montagne cherchant l’écho

pour infos: www.mediatheque-biarritz.com

Zigor est représenté à Saint Jean de Luz par la Galerie Jean-Bernard Dehoux.

Catherine BOSSER pour Magmozaik

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