Concerts

Published on mai 8th, 2015 | by MagMozaik

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Voyages au bout de la voix et des imaginaires

Nosfell, dit aussi Labyala Nosfell, est un chanteur et musicien de rock français. Nosfell est aussi le nom du groupe dont il est le leader aux côtés du violoncelliste Pierre Le Bourgeois et du batteur Orkhan Murat. D’iles en déserts, de chambres fantômes en caprices d’enfants, à la découverte chaotique, un brin trash et sensible de l’amour, il déroule en notes capricieuses, oniriques, rageuses ou tendres, un univers tout en voyages imaginaires délicieux et fantasmagoriques, troublants et subtils, que sa fabuleuse tessiture vocale et son travail en direct sur le son démultiplié enrichissent. Le 7 mai, la Scène Nationale nous le présentait au Boucau, au centre culturel Paul vaillant- Couturier. Une fragilité à fleur de peau, mais d’une puissance étonnante, à découvrir de toute urgence, de crainte que cet OVNI ne nous échappe .

Un étrange feu follet aux pieds nus



– Les lumières s’éteignent…Nous sommes au premier rang, place de rêve pour mieux s’immerger dans le monde de Nosfell. Tout en gestes gracieux, en chorégraphies qui collent à ses compositions et ses textes, surgit  Labyala Fela Da Jawid Fel, qui signifie ” celui qui marche et qui guérit”, nom complet de Labyala Nosfell. D’évidence un corps souple, sculpté pour la danse, tout en émotions…Et puis, de son chapeau de magicien, ou plutôt de sa console et de ses guitares, sèche et électrique, sort une myriade de sonorités qui jaillissent en une infinités de notes et de partitions superposées au fur et  mesure des morceaux, portées sur des volutes vocales aux octaves insensés, aussi souples et délicates que les mouvements de ce personnage, tout droit venu d’improbables contes ou légendes, urbaines ou d’ailleurs, dans les iles ou les déserts qui semblent bien l’envouter et l’inspirer, en versions lumineuses ou sombres, plus gothiques.

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– Petits clins d’oeil au public très réactif et en quelques mots introductifs, il nous emmène vers l’ile de Mogador où un roi règne sur le corail… Une histoire en plusieurs épisodes où nous naviguons d’iles en déserts, en subtiles richesses vocales égrenées sur des rythmes tour à tour doux et finement mélodiques, enfantins et délicieusement capricieux, ou rauques et en riffs diablement énergiques ou punchy…Un intrigant écho aux sonorités de Camille en des registres où les mots murmurés ou crachés racontent la fragilité d’émotions pudiques, juste esquissées, de la voix jusqu’au bout des mains qui semblent projeter en gestes les modulations vocales subtiles ou tumultueuses. Un univers qui s’invente un langage coloré, français, anglais et surtout le “klokobetz “, une langue improbable mais construite, purement mélodique et mythologique, qui définit son univers poétique personnel, une langue parlée dans la contrée lointaine de Klokochazia, dont lui-même serait issu et dont l’ absurde créatif permet aux sensations d’éradiquer le verbe, en un langage universel, reflet d’un métissage culturel dont l’artiste est l’incarnation à la croisée de mondes berbères, italiens et espagnols.

– D’univers en imaginaires différents, l’artiste nous entraine au fil de ses oeuvres, de la Klokochazia aux iles, en passant par le désert rude, violent ou langoureux et sensuel, en français ou anglais, en sons de guitares ou musiques buccales superposées, par la magie de sa console, en partitions rythmées et envoutantes. Le public des premiers rangs suit avec vivacité, même si le reste de la salle se demande ce qu’elle fait là! C’est dommage ne n’avoir pas pu programmer un tel artiste insolite et insolent de talent sur le théâtre de Bayonne… Une prochaine fois on espère, tant ce créateur mérite une audience d’envergure. Le concert s’achève en une salve d’applaudissement nourris et enthousiastes avec, en rappel, une délicate et fragile composition à la guitare sèche dont la virtuosité nous laisse pantois!



Un parcours détonant

– Il y a du métissage dans cet homme là, artiste complet auteur-compositeur, qui passe de la musique et du travail sur le son en phrases sonores ou musicales démultipliées, à la gestuelle en mode primitif, épuré ou gracieux selon la chanson. L’aventure commence en 2004 avec “Pomaïe Klokochazia balek”, album auto-produit en sonorités pures, rythmées et lyriques, composé avec son complice violoncelliste Pierre Le Bourgeois. Une thématique onirique et mythologique qui ne le quittera plus, en des langages inventés de poésie fantasmagorique ou, plus récemment, en anglais et français. En 2006, second album, “Kälin bla lemsnit dünfel labyanit”, dans un registre plus sombre et décalé. “Nosfell”, album éponyme met un terme, en 2009, aux explorations en Klokochazia. Plus rock et mélodique il laisse à l’artiste le temps subtil de raconter des histoires que les notes illustreront, comme des respirations précieuses et des moments rares partagés avec le public.

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– Et puis surgit Découflé le baroque dont la créativité se fond en celle de Nosfell, en une parfaite harmonie. En 2010 il co-signe avec Pierre Le Bourgeois la musique du ballet “Octopus”.Une aventure que le trio renouvelle en 2014 sur le ballet “Contact”. 2014, une page se tourne avec l’album “Amour Massif” où s’exprime, en français définitivement cette fois ci,  toute la fragilité émotionnelle d’un homme mis à nu…

Un intense moment partagé avec un artiste félin aux imaginaires sensible tout en élasticité de voix et de corps…

www.nosfell.com et www.scenenationale.fr

Thumb-SNBSA-600-1Catherine CLERC,magmozaik64200@gmail.com

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