littérature

Published on octobre 27th, 2016 | by MagMozaik

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Vous avez dit « Boncourt » ? – 2 –

Le rendez-vous du 27 octobre pour le second tour du Goncourt a eu lieu tant à Paris qu’à Biarritz. Les deux jurys ont âprement discuté, avec, de toute évidence, des critères de décision fort différents.

Dans la salle de la Médiathèque, chaque membre a relu ses notes de lecture avant la réunion, cherchant dans les livres sélectionnés par les « Parisiens », des raisons d’apprécier leur sélection. Las ! Nous n’en avons guère trouvé !

Une sélection initiale de qualité supérieure à celle des autres années

Si les thèmes choisis (voir article du 6 octobre) sont assez sombres, la plupart des auteurs ont traité leurs sujets avec beaucoup de talent. La qualité de l’écriture a été au rendez-vous. Certains livres ont pu « choquer » certains regards, secouer un peu nos vies paisibles, d’autres nous ont donné l’occasion de réfléchir au monde qui nous entoure et à ses difficultés présentes.

Au-delà de ces réflexions, nous nous sommes interrogé sur la manière dont le jury parisien effectue sa sélection : qualité de l’écriture ? Sujet traité ? Parité homme/femme ? Ou bien intérêt financier des éditeurs ? Je n’ose penser que ce dernier point soit le bon …

Quatre livres sont en finale

  • Catherine Cusset – « L’autre qu’on adorait » – Gallimard – 304 pages
  • Gaël Faye – « Petit pays » – Grasset – 224 pages
  • Régis Jauffret – « Cannibales » – Seuil – 208 pages
  • Leila Slimani – « Chanson douce » – Galllimard – 240 pages

Mis à part Gaël Faye, qui a écrit un premier roman attachant (nourri d’un drame que l’auteur connaît bien, d’une ampleur exceptionnelle, parcouru d’ombres et de lumière, de tragique et d’humour, de personnages qui tentent de survivre à une tragédie) les trois autres livres touchent au domaine bien délicat de la maladie mentale. Folie innée ou aggravation d’un état de grande fragilité psychologique qui conduit le ou les personnages vers la démence pure ?

Il nous faudra donc choisir, parmi ces livres, un auteur digne du Prix Goncourt puisque, par principe, nous votons en suivant le choix du jury parisien. Seulement, ici à Biarritz, nous ne sommes pas en accord avec cette sélection.

Des envies bien différentes

Nous avons une sensibilité sans doute différente, un désir de lire plus intense et des critères de jugement désintéressés.

Lire nous apporte bonheur et évasion.

Lire nous amène à réfléchir autant qu’à rêver.

Lire nous permet d’échanger ou partager nos idées.

Lire est un besoin constant, une joie renouvelée chaque jour.

Alors, une fois de plus, cette année, nous allons élire, en plus du Boncourt, notre coup de cœur. Car comment peut-on laisser de côté des romans qui nous ont tant plu ?

Il nous faut parler du livre de Magyd Cherfi – « Ma part de Gaulois » – Actes Sud – 272 pages. Avec gravité et autodérision, ce roman raconte les défis permanents de l’identité et les impasses de la République. Issu du quartier nord de Toulouse, essentiellement habité par des français originaires d’Afrique du Nord, Magyd Cherfi nous narre, dans une écriture flamboyante, cette chronique d’un triomphe annoncé (son baccalauréat) à l’arrière-goût doux-amer d’un rendez-vous manqué, celui de la France et de ses banlieues.

Que de fraîcheur reçue en tournant les pages rédigées par Metin Arditi ! « L’enfant qui mesurait le monde »– Grasset – 304 pages – nous a rendu le sourire. Une amitié bouleversante s’installe entre un enfant autiste et un homme vieillissant, tous deux vivant à Kalamaki, île grecque dévastée par la crise. Se retrouvent dans ce roman des paysages très bien décrits, des sentiments tout en délicatesse, une poésie permanente. A lire également : « Le Turquetto » ou « La confrérie des moines volants ».

Luc Lang – « Au commencement du 7ème jour » – Stock – 544 pages. La femme de Thomas, le personnage principal, vient d’avoir un très grave accident, sur une route où elle n’aurait pas dû se trouver. Commence une enquête sans répit alors qu’elle lutte entre la vie et la mort. Puis une quête durant laquelle chacun des rôles qu’incarne Thomas : époux, père, fils et frère devient un combat. Jour après jour, il découvre des secrets de famille qui sont autant d’abîmes sous ses pas. De Paris au Havre, des Pyrénées à l’Afrique noire, Thomas est emporté par une course dans les tempêtes, une traversée des territoires intimes. Luc Lang a construit son roman en trois chapitres, chacun rédigé d’une écriture possédant un rythme différent. Ce livre ne se referme pas vraiment puisque l’auteur ne répond pas volontairement à nos interrogations pour nous laisser les imaginer. A lire aussi : « 1600 ventres » ou « Les indiens ».

Enfin, même si, contrairement aux trois romans précédents, il n’a pas fait l’unanimité, il est important de souligner l’extraordinaire qualité d’écriture de Jean-Baptiste Del Amo – « Règne animal » – Gallimard – 432 pages. Il s’agit d’un grand roman sur la dérive d’une humanité acharnée à dominer la nature, et qui dans ce combat sans pitié révèle toute sa sauvagerie et toute sa misère. Ce roman est particulièrement sombre, morbide parfois. Il ne fait grâce d’aucune exaction commise par l’homme sur l’animal en racontant sur plusieurs générations, l’histoire d’une exploitation familiale vouée à devenir un élevage industriel porcin.

Le 3 novembre, le-la gagnant-e de ce prix littéraire si réputé sera annoncé. Ici, à Biarritz, nous en prendrons note, bien sûr, mais de toute évidence, nous élirons notre coup de cœur parmi les livres cités ci-dessus.

Catherine Bosser pour Mamgmozaik64200@gmail.com

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