Vu dans la presse

Published on avril 22nd, 2017 | by MagMozaik

0

Voulez-vous danser?

Rien de tel qu’un brin de pédagogie pluridisciplinaire intelligente pour donner à aimer, pratiquer la danse et développer la création chorégraphique. Rien de tel qu’un rendez-vous récurrent pour montrer combien cet art sait aussi s’inscrire au coeur de problématiques actuelles en son langage propre. C’est tout le double sens de « Rendez-vous sur le quai de la gare » dont le Malandain Ballet Biarritz propose le 6ème opus du 30 avril au 3 mai.

On le sait depuis longtemps, autour du magnifique corps de ballet de Thierry Malandain, toujours en mode créatif ou en tournées internationales, s’articulent une multitude d’actions qui répondent aux missions de ce Centre Chorégraphique National. Créer et diffuser des oeuvres nouvelles qui enrichissent un répertoire d’excellence déjà bien étoffé ( Roméo et Juliette, Cendrillon, La Belle et la Bête, Noé…) soutenir la création d’autres jeunes talents ou compagnies à travers un accueil studio, former et sensibiliser les publics à cet art si exigeant, si somptueux, transmettre des pratiques et quelques patrimoines immatériels raffinés et diversifiés… Telles sont les ambitions d’une structure très largement engagée dans une politique de transfrontalité et de transversalité avec d’autres illustres centres similaires aux fortes identités, en Nouvelle Aquitaine, en France, en Europe ou à l’échelle internationale. Cette nébuleuse en constante effervescence, cette ruche hyper active et créative, nous la savourons, au fil des mois, au gré d’événements où bouillonne l’imagination, tels « Le temps d’aimer la danse », « Regards croisés » ou le concours de jeunes chorégraphes, et de dispositifs efficaces tel le Labo de Gaël Domenger.

Sur ce quai de Gare du Midi qui accueillit en son temps des passagers de lointains pays rêvés et fantasmés, bien des univers font escale l’espace de quelques jours. Ateliers, conférences, expositions, représentations…Autant d’outils majeurs pour se dire, se sublimer et faire comprendre des passions, des interrogations, des implications dans le monde actuel. Le devenir de notre planète et de ses océans s’inscrit au coeur de cette édition autour de la nouvelle création de Thierry Malandain, « Noé », dans le cadre du programme européen interreg-Poctefa de sensibilisation à la préservation du littoral de l’Eurocité basque et de la saison danse avec Biarritz Culture. Une thématique qui associe la Surfrider Foundation Europe à travers une double exposition de modules et de photographies de « Noé » dans le hall de la Gare du Midi. Côté spectacles, un double ancrage sur la création à travers les « 4 tendances » que nous évoquions en ces colonnes la semaine dernière et la nouvelle pépite chorégraphique de Thierry Malandain tant attendue, « Noé ». Intercalées entre sa création en avant première début 2017 au Teatro Vitoria Eugenia de Donostia et ses 12 prochaines présentations au prestigieux Palais de Chaillot, le ballet fait escale sur notre quai biarrot pour 3 exceptionnelles séances dont 2 réservées au scolaires.

"Noé": Une odyssée sublimée en mode Rossini

Comme à son habitude, Thierry Malandain développe, autour de chaque sujet d’inspiration choisi, plusieurs states différentes d’interprétation dont chacune, avec subtilité, développe des thématiques diverses et complexes de réflexion. La  « Belle et la Bête » insistait certes sur l’analyse sociologique du conte en pointant du doigt toute une époque aux conventions sociales et culturelles bien codifiées. Mais en filigrane, c’est toute la complexité et les contradictions tourmentées de la création artistique qui se dessinaient entre le noir et le blanc, le physique charnel, animal, brutal et l’esprit, sensible, aérien, diaphane. Là encore, le chorégraphe s’appuie davantage sur la symbolique que sur le religieux. Une symbolique très riche, à nouveau, déclinée en multiples partitions, laissant le spectateur imaginer la sienne au coeur de multiples possibles variations. Noé c’est d’abord, au premier niveau, l’emblème d’une humanité nouvelle ciselant un nouveau monde né de l’eau et non de la terre. C’est aussi un humain collectif qui se réinvente, se reconstruisant à la source de métissages multiples et d’espoirs d’un monde meilleur, re-sculpté avec énergie, laissant de côté toutes les scories hurlantes et néfastes d’un monde rejeté, violent. Comment ne pas y voir, sous les feux de nos actualités, cette dramatique palette des migrations forcées, de cette humanité déracinée et qui n’a d’autre choix que de se forger un devenir nouveau, plus apaisé et nourri de promesses d’espoir. Ces nouveaux Adam, marchent ensemble vers leur avenir, ne faisant qu’une force unique de vie salvatrice surgie de leurs erreurs passées, mais aussi des barbaries d’un monde laissé derrière eux. C’est étonnamment  actuel, fougueux, rude, douloureux et néanmoins si positif et lumineux, porté en gestuelles collectives somptueuses, élancées, déchirées, crissantes, brûlantes, d’où émerge une étincelante chorégraphie qui se ferait cathédrale humaine de toutes les espérances. Au service de cette nouvelle écriture dont le ballet lui même structure la syntaxe, décors et costumes sobres soulignent, en une belle musicalité de mots, la nudité d’âmes et de corps nouveaux, remodelés au creuset des flots. Et puis surtout, cette musique qui transcende l’humanité, la « Messa di gloria » de Rossini, somptueuse odyssée émouvante. Rendez-vous le 2 mai à 10h30 et 14h00 pour les scolaires et le 3 mai à 20h30 pour le grand public et un précieux moment de grâce.

Une thématique océane éco-responsable

2ème arrivée en gare avec les « 4 tendances » du ballet de l’Opéra National de Bordeaux, Charles Jude à la barre! Le 30 avril, dès 16h00 place à la diversité créative contemporaine en un programme pétillant proposé par Ohad Naharin (Minus 16), Jean-Claude Gallotta (La danse peut-elle résister?), Nicolas Le Riche (Sur la grève) et Xenia Wiest (Exit). Une belle bouffée d’air frais qui visite bien des registres originaux et vivifiants. Un spectacle également donné à Donostia le 28 avril à 20h00.

Et puis quelques variations enfin autour de « Noé », en un atelier, une conférence et une exposition de sensibilisation à la danse, bien sûr, mais surtout à la préservation de nos richesses maritimes, sources primordiales de toutes vies et courants si, par inconscience ou irresponsabilité, malmenées, dilapidées, polluées voire détruites pour longtemps.  Le 2 mai, de 18 à 20h00, voulez-vous danser? Dominique Cordemans, responsable de la sensibilisation des publics, vous invite, au Grand Studio, à ressentir la danse qui est en vous sur quelques partitions de « Noé ». Le lendemain à 19h00, salle Gamaritz de la Gare du Midi, Stéphane Latxague, Directeur de Surfrider, et Theirrain Malandain vous proposent quelques interrogations nécessaires sur la préservation du littoral que met en pas de danse le ballet « Noé ». Une démarche citoyenne et artistique sublime à suivre de toute évidence!

Pour toutes réservations et informations : 05 59 24 67 19

www.malandainballet.com ,www.biarritz-culture.com, www.tourisme.biarritz.fr

Catherine CLERC, magmozaik64200@gmail.com

This Post Has Been Viewed 19 Times


Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Back to Top ↑
  • Rejoignez-nous sur Facebook

  • Catalogue art/culture

  • L’annuaire Mozaik 2017

    L’annuaire Mozaik 2017
  • Panier