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Published on septembre 14th, 2017 | by MagMozaik

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Variations basques

Du 11 septembre au 1er octobre, salle Xokoa, le Musée basque et d’histoire de Bayonne et l’Académie de la Langue Basque présentent une belle exposition pédagogique, « Euskara Ibiltaria », sur les travaux, en 8 tomes, de l’ « Atlas des variétés locales de la langue basque » initié dans les années 80, dont le dernier opus est paru en juin dernier.

En présence des membres de l’Académie, Ander Toña, Xarles Videgain et Andres Urrutia,  top départ d’une magnifique exposition aux multiples ambitions: Montrer par des cartes et illustrations les différentes formes que prend la langue selon le territoire où elle est parlée. Montrer ce qu’est un atlas linguistique et en faire connaître l’histoire, la méthodologie et le matériel utilisé. Initier les enseignants et élèves à l’étonnante richesse de la langue dans toutes ses variétés et ses dialectes, à partir d’une colonne vertébrale de vitalité forte, élaborée par l’Académie qui a scellé des accords de partenariat avec le ville de Bayonne et l’Institut Culturel Basque. Un mot se dira différemment en basque selon les références et les signifiants adoptés avec toutes les variantes liées à la syntaxe de la langue ou aux sens choisis culturellement et géographiquement. Pour la chauve souris, dont nous vous proposons l’exemple, bien des déclinaisons et mots différents se présentent selon les images qu’évoquent l’animal, notamment dans le registre de la sorcellerie, ou selon que la souris ou l’oiseau diurne l’emportent, et les régions. Des variations qui s’ancrent profondément dans les contextes culturels, historiques et géographiques propres à chaque région du Pays basque en Iparralde ou Hegoalde, et ce, pour une infinité de vocables.  « Euskara Ibiltaria » a eu déjà trois éditions : à Beasain, à Portugalete et à Bilbao. Cette exposition de Bayonne sera donc la quatrième édition à découvrir absolument pour son propos linguistique, historique  et culturel très pertinent .

Cet animal est un mammifère mais reçoit deux appellations principales en langue basque. En Biscaye, Guipuzcoa et Navarre occidentale, le mot  « Sagu, souris »prime. En soule, Basse Navarre, Labourd et partie de la Navarre, c’est le nom d’un oiseau qui l’emporte. Ce peut être un oiseau en général, « Xori » dans « gautxori, gauxori, sorgintxori », ou bien corbeau, « bele » à Briscous. Mais dans la majorité des cas, il s’agit d’une hirondelle, « ainara » dans « gauiñar, gauinara, gauenar, gauinhara, gaiañhea. Le premier élément « gau » ou « gai » (nuit) sert à distinguer la chauve souris de l’hirondelle diurne. A Mouguerre on a recueilli « ainarazital », soit l’hirondelle cruelle car l’animal crée une certaine répulsion. « Sagu » (la souris) représente le second sens dans « xaguxar, sagusar ». Le second élément « xar ou sar » évoque la méchanceté ou le pouvoir nuisible. Le nom d’une autre animal, souris taupe ou souris rat, peut y être associé dans « xeguxator ou saguarrato ». A Alkotz, c’est le nom du martinet et non de l’hirondelle qui s’impose dans « txirrintxagu ». Dans les langues voisines, l’évocation de la souris ou du rat domine comme dans le mot castillan de « murciélago » qui signifie souris aveugle, du latin mur ou mus, souris.

Pour toutes informations: www.euskaltzaindia.eus/index.php?lang=fr et www.musee-basque.com

Catherine CLERC, magmozaik64200@gmail.com

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