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Published on janvier 13th, 2015 | by MagMozaik

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Une valorisation officialisée de la culture basque

Ce mardi 13 janvier restera ancré dans les mémoires. Sous le pilotage de la Médiathèque de la cité, la ville de Bayonne, la Direction Régionale des Affaires Culturelles d’Aquitaine, le Syndicat intercommunal pour le soutien à la culture basque et le Conseil général des Pyrénées Atlantiques signaient aujourd’hui un Contrat Territoire Lecture pour une durée de 3 ans (2014-2016). But de l’opération? Valoriser et mettre en réseau numérique des fonds documentaires concernant le  Pays Basque et/ou en Euskara. Un dispositif qui privilégie la préservation du patrimoine culturel et artistique basque (écrit et graphique) et sa découverte par le public le plus large possible, notamment les scolaires. Un travail initié dès 2010 par la médiathèque qui aboutit aujourd’hui au portail numérique Bilkéta dont le développement et la pérennisation implique désormais une structuration officielle à travers une convention unissant toutes institutions impliquées. Cet outil s’appuie sur la collaboration de multiples bibliothèques et centres de documentation liés par accord à la ville de Bayonne, reconnu par la BNF comme pôle de compétence et assisté en tant que tel! Un dispositif de référencements et de collecte de documents qui a vocation a s’élargir à des publics nationaux et internationaux. 4 organismes en synergie auxquels s’ajoutent des partenaires et organismes connexes qui interviennent indirectement dans le dispositif élaboré, tel le Conseil Régional dont dépend les contrats territoriaux et qui financent différents organismes concernés par l’opération. 

Jean-René Etchegaray, Maire de Bayonne et Président de l’Agglomération Côte Basque – Adour.

Il représente un ville qui, depuis 2010, est le fer de lance du dispositif  mis en place dans le cadre des 14 propositions pour le développement de la lecture. Le projet actuel est l’aboutissement de l’une de ces propositions, le portail Bikelta en l’occurrence,  qui va bien au delà du simple contrat de plan Etat/région défini pour 2007-2013 qui établissait alors une solidarité entre collectivités et institutions sous la houlette de l’Etat. En effet, il s’agit là de promouvoir une vraie culture territoriale qui concerne quelque 300 000 habitants. Sans la formule de contrat territorial, la mieux adaptée à défaut d’autres pour l’heure, jamais cette convention n’aurait pu exister aujourd’hui. Un rôle de pilotage que la ville, aux ambitions et moyens d’envergure, assume pleinement.

Jean-Claude Iriart, Président du Syndicat intercommunal pour le soutien à la culture basque.

– Nouvellement élu, il s’investit largement dans cette action à long terme. Cet organisme, né en 1990, en même temps que l’Institut Culturel Basque qu’il a vocation à financer, rassemble pas moins de 845 communes qui, à travers des cotisations annuelles, aident à la promotion de la culture basque. Un objectif ambitieux et nécessaire renforcé, en 2004, par la création de l’Office Public de la Langue Basque qui s’investit également au coeur des activités de l’ICB. Le Syndicat fédère aussi les chefs de groupements de communes basques. Son engagement en faveur du projet Bilketa date de 2014, période à partir de laquelle le Syndicat contribue à hauteur de 300 400 euros au tiers du budget. Une aide financière renforcée aujourd’hui pour pérenniser le dispositif, moyennant des cotisations de communes augmentées de 10 cts supplémentaires.

– L’implication forte du Syndicat répond à 5 motivations majeures: Etre au coeur de la sauvegarde et de la diffusion du patrimoine culturel local, transmettre ce patrimoine aux scolaires, faire vivre un réseau de partenaires qui alimentent ce portail partout dans le territoire, promouvoir cet outil de valorisation de la langue basque car pensé bilingue et soutenir un dispositif qui, bien que pensé basque, est porté par la ville de Bayonne. Au passage, Jean-Claude Iriart souligne la forte mobilisation des équipes techniques sans lesquelles la solidité de l’opération serait compromise.

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François Maitia représente le Conseil général et l’OPLB

– Fort de ces deux “casquettes”, il est aussi vice président de l’ICB. Son implication au coeur du projet est donc on ne peut plus évidente et déterminée. Sa position au sein du Conseil régional également lui donne l’occasion de rappeler à quel point cette instance est concernée par la convention à venir, via la DRAC et le contrat territorial. Le Conseil général est tout particulièrement actif dans l’opération actuelle car, après d’importants efforts réalisés pour aider à la création d’un fonds d’archives sur l’histoire du Pays Basque, il ne pouvait que s’intéresser aujourd’hui aux outils mis au service de la promotion de la culture basque.

– L’OPLB est, par essence, le vecteur privilégié de promotion et de diffusion de la langue basque, assurant, par la même occasion, la formation d’agents chargés de garantir la présence du binliguisme sur notre territoire. En la matière, cet organisme développe 4 actions fortes. Poursuivant la tradition de dons de livres basques aux bibliothèques, initiée par le gouvernement basque, il agit de même pour inciter bibliothèques et libraires à se constituer des fonds par achats. Par ailleurs l’OPLB s’engage dans une aide à la traduction en euskara du portail Bilketa qui représente un outil fabuleux, à l’instar du dictionnaire électronique déjà mis en place par l’Office. Enfin cet organisme développe de multiples aides à la presse pour mieux promouvoir et diffuser l’usage de la langue basque. On comprend donc combien l’OPLB se sent concerné par un tel dispositif.

Arnaud Littardi,, Directeur régional des affaires culturelles d’Aquitaine, représente ici l’Etat.

D’amblée, il exprime sa fierté de signer une telle convention car le contrat lecture est d’une portée considérable pour la culture basque, bien au delà d’un simple petit contrat qui, à travers une telle synergie, sublime des enjeux, certes complexes, mais d’envergure. Conscient que défendre la culture, la liberté et la tolérance reste un combat permanent, il ressent beaucoup d’émotion à signer un projet appelé à perdurer sur le long terme. Son émotion tient aussi à l’actualité. A l’heure où 3 religions ont du mal à cohabiter, elles ont, néanmoins, en commun, le livre, justement! A ses yeux, ce projet de longue haleine s’inscrit dans une dimension nationale voire internationale du fait même de l’outil numérique. Mais il est surtout précieux car il permet une synergie formidable entre tous les partenaires engagés dans les processus de lecture et l’Etat. Et, au delà même du livre, de multiples dimensions culturelles sont concernées qui laissent une belle place à l’oral, au musical et au visuel (chants, danses, pastorales etc)

En conclusion et point d’orque touchant, les représentants présents, émus, s’interrogeaient: “Où doit on signer?”

Catherine CLERC,magmozaik64200@gmail.com

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