Coups de coeur

Published on janvier 14th, 2018 | by MagMozaik

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Une Tamborrada d’exception

Point d’orgue de la vie quotidienne à Saint Sébastien, la tamborrada, ô combien symbolique de l’identité et de la fierté de la ville, fait, pendant 24 heures, résonner les rues et les places de roulements de tambours virtuoses à vous donner le frisson.

A l’origine, l’invasion napoléonienne

L’origine? L’occupation napoléonienne qui causa bien des désastres dans la ville jusqu’à l’ incendie d’une cité prise en étau par les anglais en 1813. Les femmes allaient chercher de l’eau tandis que les troupes arpentaient les rues en tapant du tambour. Pour se moquer des soldats français, puis en signe de résistance contre l’envahisseur, les femmes se mirent à taper sur leurs seaux  d’eau. En souvenir de ce qui fut perçu comme une tragédie et un déni de l’identité basque, dès 1836 s’organisa la tamborrada qui s’imposa peu à peu en tradition des célébrations du patron de la ville Saint sébastien, et qui rassemble aujourd’hui des formations et sociétés gastronomiques dont les membres sont déguisés en cuisiniers ou compagnies de soldats ou femmes en tenues locales. Les premiers uniformes utilisés, de style français, reproduisaient ceux des bataillons de Guipúzcoa qui intervinrent dans la Guerre d’Indépendance. Au fur et à mesure que le nombre de participants augmenta, on créa d’autres compagnies avec d’autres uniformes. Au total, aujourd’hui, plus de 125 compagnies (formées de 20 à 50 tambours et 50 à 100 barils, accompagnés d’une fanfare, de porteurs de drapeaux et de cantinières) animent la ville avec leurs chants et leurs danses du 19 janvier à minuit au 20 janvier à minuit. Une richesse de sons, de couleurs et de costumes hallucinants de perfection dans les moindres détails que nous avions eu l’occasion de découvrir en apothéose lors de l’année 2016 de capitalité culturelle européenne qui donna lieu à une tamborrada sans précédent restée dans toutes les mémoires de donostiarras, dont 15 000 attendus cette année, qu’il pleuve, vente ou que le temps soit clément et doux. Pour rien au monde un habitant ne raterait cette prodigieuse fête identitaire aux somptueux défilés qui intègrent non seulement des associations, des formations culinaires, du sud et du nord du Pays Basque mais également près de 500 enfants, le tout en tenues chamarrées aux couleurs spécifiques et uniques à chaque formation. Un incroyable spectacle qui attire bien des touristes du monde entier par l’excellence musicale d’associations donnant le meilleur d’elles-mêmes et rivalisant d’ingéniosités festives et vestimentaires.

Des célébrations très colorées et festives

La célébration commence à minuit sur la Place de la Constitución, avec le lever du drapeau de la ville. La Société Gaztelubide et les représentants d’autres tamborradas commencent alors à interpréter les mélodies de Sarriegui. Passées 24 heures, à minuit du jour suivant, la tamborrada de l’Unión Artesana est chargée de descendre le drapeau et de mettre fin à la fête jusqu’à l’année suivante, devant le public de Saint-Sébastien réprimant à peine ses larmes d’émotion quand s’égrènent les notes de la Marche de Saint sébastien. Un spectacle festif certes grandiose mais néanmoins récurrent. Sauf que cette année revêt une importance inhabituelle pour nous autres d’Iparralde, si proches de cette flamme de liberté scrupuleusement entretenue chaque 20 janvier par une ville emblématique de tant de combats et de tant de souffrances jusque récemment pour la défense de la langue, de la culture et de l’identité basques. Une importance qui doit tout à la gastronomie croisée entre Bizi Ona Pays Basque et la confrérie gastronomique de Saint sébastien, sise par tradition dans la vieille ville. Une solidarité tout en saveurs et fragrances de produits authentiques savamment cuisinés qui a valu récemment à Alain Darroze d’être intronisé au sein de la Confrérie Basque Gastronomique de Saint Sébastien à l’hôtel de ville aux abords de la Concha. Des passerelles érigées tout en douceurs suaves ou pimentées dont Donostia se revendique le point d’ancrage en Hegoalde vers d’autres villes d’accueil telle Pampelune. Car si la culture basque s’exprime en arts multiformes, en musiques, littérature, poésie ou théâtre, elle n’en néglige pas pour autant la dimension des arts de bien vivre en cette belle alchimie culinaire de produits locaux dont Bizi Ona incarne le fer de lance en multiples opérations de promotion telle les Routes gourmandes basques auxquelles nombre de ses membres participent, les marchés de produits authentiques à Saint jean de Luz ou les soirées de découverte sur les mille manières de magnifier en cuisine ou conserverie des produits artisanaux de belle facture partout sur le territoire. Pour l’heure Bixente Marichular, membre de cette fameuse confrérie depuis une quinzaine d’années et Alain Darroze auront le privilège de remettre le drapeau d’ouverture à minuit et de nous offrir les premiers roulements de tambours de cuisiniers. Une confrérie pour le moins influente et importante, dirigée par Juan Manuel Garmendia, figure emblématique de la Slow Food en Espagne, d’où les liens tissés avec Bizi Ona dont nos deux compères sont les co-présidents en Iparralde. Une féérie de 24 heures que nous ne manquerons pas! Rendez-vous à Donostia.

Saint Sébastien, vieille ville, du 19 janvier à minuit au 20 janvier à minuit.

Catherine CLERC, magmozaik64200@gmail.com

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