Coups de coeur

Published on novembre 18th, 2016 | by MagMozaik

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Une spiritualité ciselée

Le 27 octobre dernier, la troupe angloye Horizon Vertical jouait, en présence de l’auteur au Colisée, la pièce d’Eric-Emmanuel Schmitt, “Petits Crime Conjugaux”. L’occasion de lancer avec brio son nouveau concept  “Un auteur, une saison” dont la première édition 2017 sera parrainée par cet écrivain-philosophe-dramaturge d’une extraordinaire finesse. Mais l’occasion surtout de découvrir une artiste flamboyante dans ses fines projections picturales et ses tableaux-sculptures, Françoise Bolloré. Hier soir, elle recevait, dans un cadre très privé, des amateurs sensibles à sa démarche tout en spiritualité. Une balade subtile et lumineuse ponctuée de belles rencontres.

Bien des visages amis experts, aux goûts artistiques des plus sûrs, avaient réussi en cette belle mais fraiche soirée, à gravir les 4 étages de ce magnifique immeuble , à la cage d’escalier somptueuse, surmontée d’une verrière aux prismes de lumières mouvantes au rythme des saisons et du temps. Pris le temps aussi, au coeur d’une journée riche en vernissages et événements, de poser leur regard sur des oeuvres flamboyantes exposées en cet étonnant appartement déstructuré tout en volumes sobres et élégants, comme des fenêtres ouvertes sur l’univers incandescent et tout en spiritualité de l’artiste. L’artiste? Un petit bout de femme, Françoise Bolloré, d’une exquise douceur dont le visage lumineux et le regard passionné est le reflet exact de ses tableaux étincelants de couleurs et de volumes délicats, dont le tumulte pictural et musical s’exprime en volutes colorées d’un silence assourdissant de cérébralité complexe. Des partitions secouées de vents de vie en un langage lumineux et minéral, comme des neurones subtils qu’agiteraient les éléments naturels de ciels, de terres et d’océans improbables. Une artiste sensible et incandescente dont on reparlera à coup sûr pour ses densités très féminines et intimes, tissées en tourbillons faussement aléatoires de mouvements hurlés et ourlés.

L’artiste aime le bleu, celui de ces océans aux palettes insaisissables dont ses pigments aux nuances d’une finesse rare restituent toute la violence et le mystère cosmique. Ces espaces aux immensités intenses, inquiétantes, entre surfaces et abîmes profonds. Des imaginaires grouillants de vie où nous, petites structures humaines complexes infiniment petites côtoyons cet infiniment grand, magique, mystérieux, vertigineux, sourd de menaces. Un au-delà qui nous transcende et qui nous laisse croire que peuvent aisément l’apprivoiser ces nageurs, pêcheurs, marins et autres surfeurs qui en défient les rugissements. Un coup de coeur que rejoint un second pour ces tableaux en volumes de fourreaux des années cinquante où l’on devine les corps, les formes délicates, les ports de tête élégants et gracieux de femmes sensuelles et fines à la Audrey Hepburn…Songes évanescents et pétillants comme des bulles de champagne.    

Au fil des tableaux caressés du regard, surgissent des rencontres précieuses et riches en densités culturelles multiples et quelques confidences, glanées au hasard des discussions, en cette ambiance feutrée où le temps n’existe plus lorsqu’accoudés aux fenêtres, la vue plongeante des toits sertit la cathédrale en un écrin finement dentelé de pierres en ombres et lumières irréelles. Franck Godard, les yeux étincelant de sa passion pour le théâtre nous confie son rêve de faire venir, pour un master, son ancien maître du Cours Florent, Francis Huster. Isabelle et Patrice Bellon de la péniche Djébelle, experts, avec Pierre Gardères et Art’Is en l’art de promouvoir leurs artistes de prédilection tels Cavadore, Gilles Plantade et autres Jean-Manuel Soumaré nous promet de belles initiatives surprenantes pour les mois à venir…Et puis bien d’autres amies encore s’attardent…

Une intelligente idée que celle d’organiser des expositions en des appartements privés. Une pratique certes très courante aux Etats-Unis et en bien des capitales mais qui mériteraient de se développer davantage sur notre territoire. Une soirée délicieuse qui nous rappelle combien il est doux de vivre dans un partage de l’art et de la culture.

www.francoise-bollore.com

Catherine CLERC, magmozaik64200@gmail.com

Photos Mathieu CLERC

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One Response to Une spiritualité ciselée

  1. Latapie Marie Hélène says:

    J’ai beaucoup aimé tous les tableaux avec c’est certain quelques préférences. J’y ai retrouvé tout l’univers de cette artiste que je connais et que j’aime.

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