Festivals

Published on juin 6th, 2016 | by MagMozaik

4

Une ruche scandaleuse…mais enivrante!

Ma mie, voilà donc votre cher cousin résolu à vous narrer ces 4 folles journées en un Biarritz ma foi fort ensoleillé. Deauville vous sied mieux me dit-on ici!! Mais que nenni! accourez au plus vite vous régaler de croustillants petits moments, furtivement captés !! Aucun répit ne nous sera accordé du 2 au 5 juin. A nous de papillonner, de virevolter et de goûter le suc enivrant de ces quelques jours où tant de fêtes et de rendez-vous incontournables se bousculent du petit matin à l’aube suivante!! Une vraie féérie frénétique et trépidante de bribes intenses de vie où le petit peuple gai et besogneux de la ville côtoie les grands de ce monde ou les célébrités… Mondanités et quotidiens  en un fabuleux cocktail où tradition et modernité fusionnent! Un condensé de tout ce qui fait la vie débordante de notre époque: Culture, musique, danses, architecture, littérature, compétitions de golf ou de pelote, marché bouillonnant et bruissant de tant de vies, d’arômes, de produits locaux… Une vie mondaine et sociale où les barrières n’existent plus dans ce formidable chaos ordonné!   Instants précieux hors du temps et des grondements de notre monde que nous redoutons tant en ces années tourmentées de conflits annoncés…Savourons ensemble cette mosaïque incomparable!

Jeudi, pelotari à l'honneur!

Ordoncques, jeudi soir au Plazza Berri s’affrontaient deux duos magiques et redoutables en force de lancer de pelote à main nue, l’un basque sud et l’autre basque nord! Nos chers mousquetaires dont vous me chantiez les louanges voici peu en Coupe Davis ne renieraient pas ces basques bondissants!!! Certes il nous a fallu quelque courage pour braver les balles percutantes perdues dans l’assistance car, dois-je vous l’avouer, j’étais littéralement fasciné par ces points chantés avec une truculence rare!! Les paris, je vous le confirme, fusaient de toutes parts et moi-même, vous m’en excuserez, eut la faiblesse de verser quelques sous, misant sur les deux équipes, finalement aussi virtuoses l’une que l’autre! Quelle ne fut pas notre surprise de voir notre cher et fringant Abbé Larre présider à le remise des prix, non sans avoir, auparavant béni les balles, comme il se doit! De superbes cadeaux, dont cette superbe liqueur, jaune ou verte, que vous me conseilliez de savourer avant mon départ de notre cher Paris! Izarra ! Ainsi se nomme-t-elle! Même notre tant aimé château de Brindos offrait, le temps d’un week-end, une somptueuse suite pour deux personnes…Oh je vous entends d’ici! Et bien oui je me suis encanaillé jusque fort tard en un bal populaire où les gentes et accortes dames locales m’ont grisé de ces nouvelles danses, fustigées, oserai-je le dire, par notre Abbé pudique!

Vendredi, une folle soirée!

A peine le temps d’apprécier les douceurs océanes et l’architecture art déco de cette belle cité balnéaire d’avenir, je vous l’affirme, que déjà, au détour de Biarritz Bonheur, j’ai déniché un ouvrage qui devrait sans nul doute vous séduire, vous qui êtes tant férue de mode! Nathalie Beau de Loménie vous y dévoile tous les codes vestimentaires incontournables qu’une mondaine telle que vous ne saurait ignorer. « Biarritz et la mode » vous enchantera, jeune écervelée! Juste le temps de mettre nos plus beaux atours que frémit déjà le Salon Diane. Point d’Abbé Larre en ce lieu de dépravation et de frénésie que viennent honorer de leur beauté de somptueuses créatures! Joséphine bien sûr mais aussi quelques belles danseuses et chanteuses délurées qu’apprécie fort notre évêque, dont l’attitude équivoque et grivoise nous laisse perplexe. Venu soutenir son chanoine de Sainte Eugénie, il frétille de bonheur au milieu de toutes ces magnifiques jeunes femmes, un verre de bon vin en main!! Nul doute qu’il se délecte fort, en leur compagnie, des baisers épiscopaux!  Orchestre de 20 musiciens biarrots, en attendant Arrosa dimanche! Extraordinaire tableau chamarré d’élégantes scintillantes en plumes colorées et strass, en attendant le défilé de mode de samedi, place Clémenceau! Poiret et notre fabuleuse Coco à l’honneur! En attendant, la venue impromptue de Caruso nous a causé bien des frayeurs! Heureusement la « pègre » ne s’est guère manifestée, Stavisky étant retenu pour quelque sombre affaire chez l’édile douteux de Bayonne, un certain Labat, et Al Capone étant retenu par des démêlés fiscaux outre-atlantique.  Qu’à cela ne tienne, notre divin ténor était en belle compagnie russe… De quoi faire pâlir de jalousie celle qu’on ne voit plus qu’au bras d’Alphonse XIII…

Samedi, élégance de mise!

Bien du mal à ouvrir les yeux ce matin et pourtant inconcevable de déserter le green que bien des élégantes arpentent dès potron-minet, sous le regard avisé de deux anglaises bien décidées, centimètre en mains, à juger les tenues de ces dames. Pendant ce temps là un Monsieur Edouard Labrune, dont j’ai souvenance, présente son livre, « Biarritz à la belle époque »,  véritable bible de tout ce qui se vit et festoie en ces folles soirées. Nul doute que le Marquis d’Arcangues y aura livré quelques-uns de ses secrets enviés et enivrants! Vous m’annoncez ne pouvoir (ou vouloir hélas) me rejoindre? J’irai donc seul aujourd’hui me régaler de quelque menu affriolant en ces petits restaurants typiques de bonne chair dont vous ne trouverez guère l’équivalent à Deauville, si morne, ennuyeux et aux tarifs culinaires prohibitifs, je vous le certifie! Un choix périlleux je vous l’accorde! Je ne dispose que de 2 déjeuners pour 14 établissements alléchants! J’irai donc seul admirer les dernières créations de nos modistes et admirer la belle devanture de Biarritz Bonheur!! Ne comptez guère sur moi pour vous ramener des tenues dernier cri!! je préfère celles qui les portent!! Et puis, bien sûr, vous me connaissez, je ne raterai pour rien au monde la remise du trophée de golf et le concours des élégantes sur gazon anglais, non sans m’être délecté des textes de Nabokov ou Cocteau, auteurs qui promettent  bien! En cette douce soirée de verdure apaisante, remise des prix au Golf…L’occasion de revoir ce cher Coco Léglise qui naquit en 1923 et devint, avec fierté, le seul joueur de golf communiste, grand instituteur et peu auparavant grouillot d’un certain Camus à Paris!!

Dimanche en point d'orgue!

Enfin dimanche!! Une journée propice à toutes les aventures, n’en déplaise à l’Abbé Larre, flanqué de l’évêque, ardent défenseur de la culture basque (et de quelques belles créatures dénudées!!!) dont le sermon traditionaliste a fustigé bien de nos célébrités ou têtes couronnées en villégiature ! Dès 8h00 vache, ânes, chèvres, porcs noirs et lapins donnaient vie au marché fermier! Un festival d’arômes, de saveurs et de belles paysannes, promptes à haranguer le chaland avec malice et fierté. Foie gras et confits, charcuteries, fromages de brebis, miels et plantes odorantes, fruits et légumes portant beau… Bref! de quoi laisser du temps au temps qui nous manque tant dans l’effervescence parisienne! Mutxiko, chants et danses basques, curieux bain de ces fous furieux qui tâtent de l’océan toute l’année, les « ours blancs »…Une belle liesse populaire que n’ont pas dédaignée les bourgeois locaux, les stars et les aristocrates!  Encore un déjeuner sans vous en ce Port Vieux où stationnent nos belles cylindrées somptueuses et rutilantes, Delahaye en tête !! Mon révolutionnaire Leica se gorge de tous ces souvenirs authentiques qui fleurent bon l’Ossau Iraty et l’iode de vagues en écume! Un océan argenté – argentique?? – veille sur nos frugales agapes. Une belle parade s’annonce avant que Charlot fasse sa « Ruée vers l’Art » ! Espérons qu’en cette gare du Midi aucune locomotive bruyante ne vienne perturber ses burlesques apparitions !

Une parade sous un soleil radieux avec des haltes spectacles sur le Parvis de la grande plage et au Port Vieux! Des élégantes bien sûr, la bourgeoisie au grand complet, toute l’aristocratie, Alphonse XIII, les Romanov et le Maharadjah en tête, notre belle mariée qui n’en finit plus de nous éblouir, sans compter la visite impromptue d’une moderne famille américaine, partagée entre Biarritz et Miami, venue convier tout ce petit monde dans l’univers de Gatsby le Magnifique dans les années à venir… Nos sportifs, raquette de tennis, club de golf ou chistera en mains… Mais surtout, un grand coup de coeur pour tous ces petits métiers qui adoucissent notre quotidien avec une truculence sans pareille: Le petit boucher, rôti sur plateau, le vitrier, les jolis paniers tressés, les gerbes de bonbons ou plateaux de sardines proposés par de charmantes paysannes, le vendeur de journaux à la criée, la vendeuse d’allumettes ou le cireur de chaussures, sans compter les musiciens en bandas… Une belle mosaïque sociale où ne déparaient pas de sublimes mannequins, Coco Chanel et son ami, hélas bien distant, mais de fière allure…Et puis bien sûr, les superbes danseuses, habillées cette fois-ci, non loin de l’abbé Vinaigre et du truculent évêque de Bayonne, bien triste de se retrouver en compagnie de quelques religieuses compassées!!!

Enorme foule sur le parcours et grand succès tout au long de cette journée où nos gendarmes et pompiers avaient fort à faire en arrestations ou traque de cet Al Capone, finalement venu admirer, arme dans la veste, la belle performance des garçons de café dont la course Izarra a souligné la verve et l’intrépidité de nos prestes loufiats!! Une gageure malgré tout car nous apprenons qu’au même moment se déroulait une pastorale féminine à Bayonne, “katalina  de Erauso” et que se célébrait une victoire de ce sport tant prisé ici, le Rugby de l’Aviron Bayonnais!

Vous regretterez longtemps votre absence, ma chère et tendre, mais qu’à cela ne tienne! L’an prochain, nous comptons sur vous pour quelques jours dédiés à l’âme russe en cette belle cité! Du grandiose en perspective pour honorer ceux que la funeste révolution d’octobre 1917 aura fait fuir en ces douces contrées océanes.

www.biarritzanneesfolles.com

Un grand bravo à tous les bénévoles, professionnels, commerçants et partenaires qui ont su donner, avec générosité, du temps, du talent et de l’imagination pour que vive cette belle époque à Biarritz dans toutes ses dimensions festives! Une mention spéciale pour Claude Thétaz, Caroline de Otero et les  Coric , père et fils à la sono mais aussi à Arroka, l’orchestre de Biarritz et tous les artistes présents, sans oublier le maitre d’oeuvre, Serge Isteque.

Catherine CLERC, magmozaik64200@gmail.com

This Post Has Been Viewed 576 Times

Tags: ,


4 Responses to Une ruche scandaleuse…mais enivrante!

  1. Jérôme says:

    Bravo pour l’article Catherine, on y est!
    Bravo aussi au BAF, et à l’année prochaine!

  2. Velez says:

    Bonjour, je suis une des danseuses du burlesque ya t’il un moyen de récupérer les 2 ou 3 photos que vous avez prise de nous ? merci !

  3. Montagne says:

    Bravo très bel article

  4. Pingback: Une ruche scandaleuse ... mais enivrante ! - Biarritz Années Folles

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Back to Top ↑
  • Rejoignez-nous sur Facebook

  • Catalogue art/culture

  • L’annuaire Mozaik 2017

    L’annuaire Mozaik 2017
  • Panier