Personnalités arts et cultures

Published on juillet 15th, 2017 | by MagMozaik

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Une fulgurante ascension sur la pointe des pieds

En à peine deux ans, Fabio Lopez et sa toute jeune compagnie Illicite ont gravi des échelons de reconnaissance et de notoriété fondés sur une passion pour la chorégraphie néo-classique. Dopé à l’énergie et au talent, dans un univers d’élégance entre Portugal et Russie qui lui est propre, il a su conquérir bien des soutiens autour de lui, tel Thierry Malandain, et s’impliquer dans des projets d’envergure dans un esprit de partage des expériences. A l’aube de ses succès en devenir, l’occasion d’une rencontre en forme de pas de deux, entre la bête (moi) et la belle tout en grâce flamboyante et imagination novatrice.

Très attentifs depuis longtemps aux virtuosités plurielles et complémentaires qui animent avec ferveur le Malandain Ballet Biarritz, nous nous sommes souvent attachés, non seulement à l’extraordinaire nébuleuse d’actions transfrontalières, de soutien à la jeune création et médiations développés par Thierry Malandain et ses collaborateurs les plus intimes dans une perspective de création, diffusion et sensibilisation à un art complexe et ô combien exigent. Attachés aussi au langage chorégraphique inventé et inscrit depuis des années dans l’ADN de la troupe. Attachés enfin aux ponctuations nécessaires à ce vocabulaire et cette syntaxe que sont quelques personnalités phares aux excellences multiples dans tous les domaines, des décors aux costumes, des éclairages à la musique, de la scénographie aux danseurs(ses), de l’organisation des tournées à la communication ou la gestion administrative quelque peu aride, de la recherche de partenaires de tous ordres, notamment financiers, à la conduite d’actions de recherche chorégraphique, d’aide aux talents émergeants ou de sensibilisation à la danse. Parmi les danseurs, rares sont ceux et celles à oser voler de leurs propres ailes. Quelques virtuoses s’inscrivent dans l’histoire de la compagnie, tel Frédérik Deberdt ou Claire Longchamp. D’autres s’envolent vers d’autres aventures, sous d’autres directions chorégraphiques, en France ou dans le monde entier, bien que la compagnie s’enorgueillisse, à juste titre, d’une fidélisation forte des danseurs.

Fabio Lopez a choisi l’option difficile de développer sa propre troupe, tirant des enseignements fondamentaux de Thierry Malandain, les bases de sa créativité artistique. Illicite naît en 2015 mais se heurte vite, par inexpérience, aux dures exigences de financement et de développement d’une compagnie. Mais le jeune homme apprend vite, en s’entourant de compétences pointues, à valoriser ce diamant brut qui ne demande qu’à être ciselé et bien taillé en extraordinaires et uniques pièces de joaillerie chorégraphiée. De 5 danseurs, il passera bientôt à 12, en projets successifs qu’il a su avec intelligence et subtilité, mener à bien, même si tout reste encore à concrétiser. De créations en créations, il a su affirmer l’image d’une troupe qui, non seulement se veut dépositaire d’un vaste répertoire de prestige existant, mais souhaite l’enrichir de nouvelles pièces « Illicite » ou de jeunes chorégraphes actuels en devenir, accueillis par la compagnie, l’espace de projets communs inventifs tout en transversalité de styles et transfrontalités. Des croisements entre danse néo-classique et danse basque qui enrichissent les compagnies avec lesquelles il tisse une dentelle subtile tout en émotions.

les actions de Fabio Lopez se structurent en trois strates bien distinctes: Le pôle chorégraphique Oldeak, récemment initié par la ville de Bayonne en duo avec le collectif Bilaka, la Compagnie Illicite et le chorégraphe talentueux qu’est devenu Fabio. Trois casquettes aux enjeux différents et propositions multiples qui s’entremêlent souvent. Parlons d’abord la langue Oldeak! Un dispositif à deux chorégraphes complémentaires et distincts, dont l’un se charge de donner des bases classiques avec professionnalisation aux danseurs basques dans le cadre du cursus Zabala du Conservatoire. Un axe mis en place avec Mathieu Vivier, directeur artistique de Bilaka à la cité des Arts où Oldeak disposera d’un bel espace désormais sur les 3 ans à venir. Autre axe de développement? Une création à deux pour une pièce chorégraphique à l’horizon 2019 avec création musicale. Entre temps, un chassé croisé en programmes pluriels dont « Plaza » pour mai 2019.

Illicite regorge également de projets qui mettent en valeur sa volonté d’inviter de jeunes chorégraphes extérieurs à la compagnie. « Exit », c’est d’abord l’ouverture à d’autres champs d’inspiration comme une renaissance en 4 créations distinctes choisies par Fabio Lopez: La reprise de “Molto Sostenuto”, pièce dédiée à Nabokov, un duo, ” Entre deux “ , inédit de Thierry Malandain sur une musique de Stravinski (concerto en ré pour cordes), un solo de Jean-Philippe Dury de Madrid, “Gravity 0 degré “ sur une musique de Teresa Catalan et une création de Judith Argomaniz encore en préparation. Les dates de spectacles jonglent en fonction des différentes chorégraphies proposées en alternance, avec une mention spéciale pour Rion des Landes où un  vrai compagnonnage à l’année s’est établi sur un an avec résidences, spectacles, actions de médiation et un budget à la hauteur des ambitions affichées. D’autres dates, plus ponctuelles, émaillent la programmation d’ »Exit ». Paris à l’Apollo Théâtre, le Théâtre de Bayonne le 13 février prochain, et Biarritz à l’occasion des « Beaux Jours » de Thomas Valverde, en collaboration étroite avec le Malandain Ballet Biarritz et l’Opéra de Bordeaux, invité par Illicite. L’occasion de présenter ce fameux duo inédit de Thierry Malandain avec deux étoiles de Bordeaux, sans oublier le 19 janvier prochain une répétition publique d’extraits d’ »Exit » au Studio de la Gare du Midi.

Enfin le chorégraphe Fabio Lopez croule sous les sollicitations et commandes, eu égard à son talent de plus en plus recherché pour sa nervosité gestuelle complexe, son ouverture d’esprit et son originalité. « Aura », magnifique pièce créée pour Dantzaz Konpainia en février dernier pour une palette de 12 danseurs, et inspirée avec grâce et fluidité du Requiem op 23 de João Domingos Bomtempo, somptueuse composition pour choeurs en accord parfait avec le texte de Yann Bouvard « Un jour nous sommes tombés du Paradis », une « brise divine ». Une création tout en écorchures élégantes et subtiles architectures collectives épurées, nerveuses. Une construction chorégraphique nourrie désormais d’une dimension picturale inédite avec les créations de décors en Drop in de Silvère Jarroson, ancien danseur et jeune artiste  parisien virtuose de 24 ans. Et puis, outre la reprise d’une pièce de répertoire du grand Prejlocaj en cours de discussion, une création pour les « Jeudis des jardins de l’océan » le 10 août à 22h30, « Terra », duo sur les relations tumultueuses d’un couple, très abstrait et physique en même temps, sur une partition étonnante conjuguant le fado, ce cri social contre la dictature, les symphonies 5 et 8 de Malher et les tonalités électros. Quant aux sollicitations, elles se bousculent, entre le Conservatoire Supérieur de Musique et de Danse de Paris, qui, pour 4 dates en décembre prochain, invite « Molto Sostenuto » à la Villette, avec résidence de formation des danseurs à cette chorégraphie, le Jeune Ballet Européen qui lui demande une création pour l’automne 2017 ou l’Ecole du Ballet National du Portugal qui programme son duo « Pink Duet » le 22 juillet à Fontarrabie sur une interprétation sublime de Alvaro Pinera et Claire Teisseyre de l’Opéra de Bordeaux, un projet de travail au coeur de la Maison d’Arrêt de Bayonne en liaison étroite avec la ville et une collaboration qui s’esquisse doucement avec la Scène Nationale. La rançon d’un succès que porte avec brio et tant d’énergie créative son talent!

Mais on attend avec curiosité sa dernière commande en guise de vrai challenge! A l’horizon octobre 2018, la compagnie “Beritza” de Mauléon lui a proposé de revisiter la danse souletine et le thème de la mythologie basque. Une gageure quand on sait que ces danses là ne mobilisent que la virtuosité des pieds et des jambes en somptueux enchainements de sauts agiles, laissant le corps et les bras statiques! « Uda Batez » (un soir d’été), ainsi se nomme cette pièce mise en dramaturgie par Johana Etxart et pour laquelle Fabio Lopez a nourri son imaginaire auprès d’un spécialiste, Claude Labat!! Un défi de taille qui se doit de respecter les codes séculaires de ces danses là et que nous suivrons avec le plus vif intérêt! Preuve s’il en est d’un devenir plein de promesses: Des partenaires d’envergure qui ont noms Repetto, le Département  et la Caisse des Dépôts et Consignations sur ses projets nationaux et régionaux! Excusez du peu pour un bébé prodige d’à peine 2 ans!

Pour toutes informations: www.compagnie-illicite.com

Catherine CLERC, magmozaik64200@gmail.com

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