Donostia 2016

Published on janvier 19th, 2016 | by MagMozaik

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Une Belle, une Bête…Un artiste, des artistes, virtuoses !

Magifique création que celle imaginée par le chorégraphe Thierry Malandain à partir d’un conte aux multiples dimensions et lectures, mais si ancrée au coeur d’une réflexion sur la condition écartelée des artistes, oscillant sans cesse entre l’esprit, l’animalité et une sublimation des matières, qu’il s’agisse de couleurs, de matières ou de corps à modeler et ciseler sans cesse en d’infinies bourrasques créatives! Nous avions, en décembre dernier, eu le privilège rare d’assister à la Générale d’un ballet tout en émotions déchirantes et fines subtilités de mise en scène… Une partition de corps magnifiés au rythme des notes flamboyantes de Tchaikovski.  Le temps vient, pour nous, de nous entretenir avec ce génie pur, toujours en mouvement, dans l’espace et le temps et, pour l’heure, dans le cadre de Donostia 2016, thème des “Conversations”. L’occasion de faire le point sur ses projets à venir et sur ses actions transfrontalières initiées depuis quelques années à travers le ballet T sur les planches du  splendide Teatro Vitoria Eugenia!

Avant cet entretien, plongez vous dans cette féérie qui nous avait tant émue par sa perfection absolue et visionnez les répétitions menées, avec une exigence délicate par Thierry Malandain, chorégraphe danseur d’exception! Un pur bijou d’inventivité et de grâce qui vous dira tout sur les intervenants de ce nouveau spectacle des danseurs aux musiciens d’Euskadi!

http://www.magmozaik.com/une-belle-une-bete-la-magie-malandain/

L'ombre de Cocteau

Thierry Malandain n’a pas choisi de fait son thème de ballet. “Il s’agit au départ d’une commande de Versailles mais j’avais toute liberté dans le traitement du sujet.” Un conte pourtant qui sied à merveille à ses inspirations complexes et subtiles, quoique toujours respectueuses d’une base classique dans ses phrases chorégraphiques et musicales. Un conte qui lui permettait également d’évoluer en de multiples variations et registres flamboyants, correspondant à merveille avec l’année européenne de la culture sur Donostia!

Nous avions déjà évoqué les trois strates développées en une grammaire des corps sans cesse renouvelée: Un niveau très classique reprenant la schématique du conte autour d’un discours très sociétal du XVIIIème siècle. Un second, plus actuel, lié au thème du droit à la différence et aux symboliques de l’exclusion. Et enfin une dernière, plus étonnante et subtile, esquissant une parabole de l’artiste dans toutes ses dichotomies et dualités de créativité, essayant de concilier ou réconcilier l’esprit et le corps, la spiritualité et l’animalité…Les extrêmes en somme entre lesquels oscille tout créateur en quelque discipline que ce soit!

C’est là qu’intervient jean Cocteau. ” Son film a été réalisé juste après la guerre avec toutes les difficultés que cela supposait. Il a tenu pendant le tournage un journal d’où émerge cette problématique abstraite et forte de l’artiste, en filigrane du conte. “

Trois dimensions très finement imbriquées et néanmoins dissociées. Les 5 allégories du conte s’impriment en une chorégraphie délicate mettant en valeur le cheval, le gant, le miroir, la rose, l’arc de Cupidon, le jeu de rideaux symbolisant les pages du conte tournées. L’exclusion? Elle se traduit dans les costumes et les décors entre habits chatoyants et une bête au visage défiguré et sombre. Enfin la parabole de l’artiste s’inscrit en trois personnages sobrement vêtus en collants noirs et justaucorps noir à travers des danseurs incarnant l’esprit et la brutalité voire l’animalité constamment présents en chaque créateur. Tout cela se mêle en une harmonie aérienne où chaque strate s’identifie clairement en arabesques finement dessinées.

Les 3 à 20h00 et 4 février à 16h00 et 20h00, le Kursaal accueille les représentations. Pour les réservations et infos pratiques voir:

www.dss2016.eus et www.malandainballet.com

Un grand bal...pour "danser ensemble"!

Et pour rester dans la féérie du conte et la magie de Cocteau, Arnaud Mahoui, maître à danser, accompagné des danseurs du Malandain Ballet Biarritz, a imaginé, le 6 février à 17h00 et 20h00, d’entrainer sur la scène du Teatro Victoria Eugenia, le public en une initiation par  phrases chorégraphiques. Une belle manière inédite de danser ensemble et de franchir la frontière entre salle et scènes, entre spectateurs et danseurs! Code dress imposé en rouge et or. Se munir de chaussures et vêtements confortables est conseillé, de même qu’une inscription (80 places maximum)  sur www.malandainballet.com/bal. Les séances d’une heure vingt sont accessible au grand public dès l’âge de 9 ans!  

Une initiative qui s’inscrit au coeur des ambitions du Ballet T, très actif depuis années déjà et qui, notamment, soutient de jeunes troupes de ballets traditionnels (Jon Irutagoyena) ou plus résolument contemporains sur des inspirations néanmoins basques (Kukai Dantza)

Catherine CLERC, magmozaik64200@gmail.com

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