Coups de coeur

Published on janvier 10th, 2017 | by MagMozaik

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Une abstraction de vrai sens!

Remarqué ça et là en quelques expositions collectives sur notre littoral et ailleurs, l’envie nous a pris de rencontrer enfin Jean-Pierre Rousset dont l’irrésistible ascension, l’étonnant parcours et le potentiel artistique excitaient bien de nos curiosités.

Dès l’âge de 7 ans, Jean-Pierre Rousset manifeste des dons artistiques incontestables qu’encourage vivement sa mère. Mais les Ecoles des Beaux Arts, notamment de Bordeaux , le frustrent quelque peu! une catastrophe car il ne supporte pas cette forme cérébralisée et conceptuelle à outrance de faire de l’art dit abstrait jusqu’à nier toute notion de peinture!!! Lui veut apprendre les techniques , s’appuyer sur des compétences qui nourriront son imaginaire, ses perceptions de la nature. Il bifurque sur Paris et découvre l’univers de la déco théâtre, des lieux de belles architectures à embellir et la photographie. Il y rencontre l’amour de sa vie Emmanuelle qui part aux States. Il se fait alors berger dans les montagnes pyrénéennes où il se forge cette envie et cette capacité si particulières d’emmagasiner dans ses émotions toute la minéralité d’une nature brute, grandiose en ces paysages basques somptueux et fiers qu’il affectionne. En chemin, il découvre les chemins de St Jacques de Compostelle et produira une série de livres photos magnifiques (Fondateur de Compostela Images, photothèque créée en 2006, comportant environ 50000 images, dont 1500 en ligne, uniquement sur le thème des chemins de Saint-Jacques). Le hasard de la vie et la nécessité de se consacrer à un art que  ne lui permet pas d’assouvir son élevage de brebis aux fromages pourtant goûteux,  lui font recroiser et retrouver cet amour de sa vie qu’il ne quittera désormais plus à Portland (Maine USA) où sa carrière de photographe et de peintre décolle, notamment avec des expositions à New York et au Japon, bénéficiant d’une autre manière de percevoir le mécénat d’entreprises et de s’épanouir au sein d’une ancienne fabrique textile dédiée à un collectif d’artistes s’enrichissant les uns des autres de leurs pratiques respectives. En 2012, il revient enfin sur ses terres et s’installe à Hendaye où les attitudes frileuses -et les cultures ou pratiques divergentes-  des européens face à la nécessaire valorisation de l’art le déçoivent. 

L’homme est peu diseux, se livre peu. « L’art ne peut pas être purement décoratif ou technique. Il est un regard sur le monde dans lequel nous vivons, ses mystères, ses problèmes, ses solutions. L’artiste doit être intellectuellement et émotionnellement connecté à son époque. En percevoir les enjeux et les forces invisibles qui s’affrontent. » Il ne fait pas de l’abstraction pour le pur plaisir cérébral de ces cercles mondains tout en attitudes d’ « escroqu’art » . Son abstraction, telle qu’il la vit,  est sa manière émotionnelle, instinctive, de coucher sur toiles, en mouvements et luminosités, voire rugosités et dans l’urgence du ressenti envahissant de ce que la nature lui inspire, une nature à protéger, une nature dans tous ses éléments menacés, sublimes et ses animaux sauvages, parfois mythiques, à mi chemin entre homme et animalité. Une manière foisonnante, tumultueuse de transcrire, en palettes contrastées, ses visions des roches, des montagnes, à ces instant précis où le végétal, le minéral, le feu des ciels et le vent tourmenté des forêts, des arbres ou des océans se mêlent en incendies flamboyants, en gris, verts et violets des sommets et vallées basques ombrageuses et fières, en ces silences assourdissants où la nature reprend ses droits de sauvageries incandescentes, animales, primitives, rocailleuses, où les légendes s’entrecroisent, laissant surgir au coeur des roches, des minotaures, des visages improbables en filigranes d’animaux rugissants. Un imagine qui vagabonde entre terres basques , américaines ou surgies de son univers, au delà de toute forme de régionalisme!

De l’abstraction ? Non juste une nature passée au filtre de sa sensibilité et de ses regards d’une incroyable acuité, respectueuse des éléments naturels. Une vision complexe empreinte souvent de spiritualité qui magnifie cette nature vivante, impétueuse sous ses envolées de palettes, cette nature dont la puissance, l’énergie nous dépassent. Et puis il y a cette passion pour des civilisations qui ont su si bien intégrer leurs traditions d’arts, de cultures et de spiritualités pour mieux s’en affranchir tout en s’en nourrissant. La Chine, l’Inde, les Pays arabes où la calligraphie, l’art de manier les ombres et lumières participent d’un art de vivre et d’être acquis en longs apprentissages de la perfection absolue. Des bases scripturales, picturales, de spiritualité brute sur lesquelles la virtuosité des imaginaires, des univers, des libres expressions s’épanouissent, se diversifient, se subliment. Les plus belles oeuvres de Jean-Pierre Rousset sont celles criées, jetées sur toiles, dans l’urgence de l’émotion sans retouche, sans tentative d’améliorer le premier jet abrupt, magnifique! Tels ces rochers de montagne qui fusionnent avec les pentes dont la végétation lèche la pierre, véritables sculptures ciselées au coeur d’une nature somptueuse, juste posée là, en contrastes d’où émane la vie, juste posée là. Tout est dit, rien n’est à rajouter de cette beauté pure… Juste posée là.  Telles ces autres pierres, aux grains et couleurs nuancées multiples qui s’inventent une architecture géométrique quasi franc-maçonnique à l’égyptienne, juste serties en un écrin de ciels et océans stylisés sur fond de montagnes esquissées, en flamboyances contrastées. Magistral!

Après Le Carrousel du Louvre, la Biennale de Florence ne pouvait que solliciter son talent, du 6 au 15 octobre prochain. Thème proposé ? « Créativité et développement durable ». Comment les artistes de tous les pays, de tous les continents, perçoivent-ils le monde qui les entoure et son devenir menacé ? Les visions seront, à n’en point douter très différentes, étonnantes, détonantes, entre un chinois, un indien, un africain, un arabe, un polynésien ou un artiste de nos occidents dit développés. Contrastes de cultures, d’histoires, de perceptions artistiques et de contextes sociaux, politiques et économiques…Contrastes aussi entre les divers statuts d’artistes, leurs capacités structurelles à vivre de leur art et leurs libertés d’expression. 4 oeuvres au programme pour Jean-Pierre Rousset, très à l’aise dans cette réflexion sur le devenir de notre monde et des menaces que subissent faunes, éléments naturels et climats… En prime? Le prix « Lorenzo Il Magnifico »! Tout un programme! En attendant, il exposera et tentera d’imposer une vision du marché de l’art plus réaliste, se basant sur un monde anglo-saxon où redonner de ses richesses aux artistes, en qualité de mécènes ou d’entrepreneurs bénéficiant de lois de défiscalisation sur l’art, reste un comportement largement répandu et source de richesses culturelles. Des photos à découvrir, à la hauteur, somptueuse, de ses peintures!

Mais outre la peinture, Jean-Pierre Rousset met sa virtuosité et son talent au service de palettes photographiques des plus variées. Créations pures au fil d’incursions solitaires dans des natures sauvages , en immersion totale, mais aussi objectifs mis à la disposition d’artistes, de musées ou de grands collectionneurs soucieux de réaliser des “books “de haute qualité de leurs oeuvres, vues bien sûr par le regard d’un peintre inouï… 

 Ne vous privez pas!

www.roussetfineart.com et www.artistescontemporains.org/membre/jean-pierre-rousset/

www.compostela-images.com

Catherine CLERC, magmozaik64200@gmail.com

Photos C.CLERC et JP ROUSSET

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