Personnalités arts et cultures

Published on novembre 19th, 2014 | by MagMozaik

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Un vaisseau amiral en rythme de croisière

L’Institut Culturel Basque s’est prêté à un petit jeu de questions réponses révélateur de son histoire, de ses ambitions et de ses passions, défendues avec panache par son directeur depuis 1997 Pantxoa Etchegoin. Notre règle de 7 (Zazpi) correspond à une belle réalité et à un bilan pour le moins riche et appréciable. 7? Ce sont 7 provinces basques et 7 dates phares qui ont jalonné le périple d’EKE. Ce sont aussi nos 7 questions. Vaisseau amiral de la diffusion de la culture Basque, l ‘Institut Culturel Basque fêtera l’an prochain son 25 éme anniversaire. A sa barre? Pantxoa Etchegoin. Il reçoit Magmozaik dans un entretien exclusif, pour retracer les étapes décisives de cette institution qui, à l’image de son directeur, carbure à la passion pour la culture Basque et pour ceux qui la véhiculent mais dans un esprit revendiqué d’ouverture à toutes les autres cultures qui viennent l’enrichir et la nourrir. Ecoutons ses confidences.

Quelle a été Monsieur Etchegoin la genèse de la création de L’ICB en 1990 ?

” Il y avait, de la part des associations travaillant dans le secteur culturel Basque (danse, musique, enseignement…), une forte demande en faveur de la création d’une structure organisée pouvant les soutenir dans leurs projets,  sur les plans financier et technique. Un travail en synergie entre le Conseil Général, le Conseil Régional mais aussi le Syndicat inter-communal (qui rassemblait déjà la plupart des communes du Pays Basque)et surtout l’Etat, a permis de concrétiser ce projet. Bernard Auroy, président du Syndicat inter communal et maire d’Ustaritz proposa d’ancrer le siège social de l’ ICB dans les bureaux du château Lota à Ustaritz. L’aventure pouvait commencer.”

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Quelles motivations vous ont poussé à occuper ce poste ?

“Directeur de l’institut depuis 1997, l’amour que je porte à la culture Basque, sous toutes ses formes, a été ma première source de motivation. L’Institut avait été créé à l’origine pour accompagner les associations mais je souhaitais que, parallèlement, des programmes fédérateurs puissent être mis en place (Kantuketan, Batekmila, Hogei ‘ta...). A travers eux, beaucoup d’artistes et d’associations dans différents domaines ont été impliqués. Dès lors, des personnes ont été embauchées dans le domaine du patrimoine, de l’ethnologie, du spectacle vivant, des nouvelles technologies, dotant L’institut d’ une expertise incomparable qui a eu pour effet d’ élargir nos partenariats y compris outre Bidassoa.”

Racontez nous l’Odyssée de Kantuketan (en quête de chant) car c’est bien d’un voyage à la source dont il s’agit.

“Kantuketan est un projet qui résonne en moi du fait que je suis chanteur, issu d’une famille de chanteurs, et que j’ai présenté ce projet lors de ma prise de fonction à l’ICB. Ce travail remarquable de collecte de chants et de musiques a débuté en 1999 et s’est concrétisé par une exposition itinérante, l’édition d’ouvrages, des actions en milieu scolaire et un double disque réalisé en partenariat avec Radio France Pays Basque, coup de cœur de l’Académie Charles Cros dans la catégorie Musiques du monde.”

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Ce disque s’ouvre sur ces paroles de Bernardo Atxaga: « Répétons encore et encore nos paroles afin de ne pas les oublier, afin de ne pas les perdre, tout comme les jolies empreintes que laissent sur la neige les pattes légères des oiseaux » (NDLR)

“Puis est venu le temps des questionnements. D’autres cultures partageaient-elles nos craintes , nos exigences de recueillir, de partager ce trésor inestimable qu’est l’expression orale? Nous nous sommes imprégnés de rencontres avec des chanteurs d’Europe de l’est, Bulgares, Roumains, Géorgiens et tissés de beaux souvenirs.”

Y avait- il urgence à sauvegarder certains aspects culturels en passe de disparaître ?

“Nous avons un patrimoine culturel très riche dont le socle principal est la langue Basque. Certains aspects de cette richesse culturelle étaient menaçés. Nous avons recueillis auprès de personnages agés un grand nombre de témoignages sur leurs récits de vie, sur les chants, sur les savoir faire, sur les savoir dire, tout ce qui forme ce patrimoine culturel immatériel qui est très important au Pays Basque. En partenariat avec le Conseil Général, prés de 250 témoignages oraux ont été collectés et numérisés, permettant à des enseignants de faire découvrir cette richesse en milieu scolaire. La collecte ne fait sens qu’à travers la transmission et la diffusion.”

L’ICB a crée des partenariats en Hegoalde. Se fédérer autour de projets communs était- il une volonté de part et d’autre de la Bidassoa ?

“Dans le domaine culturel, comme ailleurs, le Credo reste « apprendre les uns des autres ». Les grands projets fédérateurs ont permis des collaborations avec des villes comme Getxo, Bilbao (musée maritime), Saint Sébastien (centre Koldo Michelena) Durango (salon du livre)….et ont envoyé un signal fort en Hegoalde sur notre capacité à créer des passerelles humaines et culturelles. Le message a été reçu et des partenariats signés avec la diputacion de Gipuzkoa qui nous a reconnu comme force d’expertise et de propositions. Il faut que maintenant, et malgré des modes de fonctionnement différents, nous apprenions à expérimenter et à travailler ensemble.”

L’ICB est sur tous les fronts (danse, chants, expositions itinérantes….). La création d’un fond de dotation en partenariat avec la Scène Nationale du Sud Aquitain répondait- elle uniquement à des exigences financières ou à un désir de se fédérer autour de projets communs ?

“Venant du monde économique, on ne peut vivre isolé, tant dans le domaine économique, culturel ou social. On doit réfléchir le Pays Basque dans son ensemble et y intégrer des partenariats avec des entreprises et des particuliers. Il est important qu’il y ait ce croisement entre le monde de l’ entreprise et de la culture mais aussi de travailler avec la Scène Nationale sur des projets communs, de nous enrichir mutuellement…Par exemple, HOGEI’TA (Le label d’actions “Hogei’ta” a pour vocation de susciter auprès des jeunes des projets innovants valorisant la culture Basque dans toute sa diversité) a présenté un projet autour du théâtre contemporain co-produit avec la Scène Nationale.”

Quels sont les grands projets de L’ ICB pour 2015 ?

“Depuis plusieurs années, avec la fédération de danse basque, nous travaillons sur une exposition multimédia itinérante qui débutera en septembre 2015 : SOKA

Je voulais conclure en soulignant que ce métier est exigeant mais passionnant car nous sommes au contact avec des associations, des artistes, des institutions auxquels  je voulais rendre hommage car ils sont au cœur de la culture Basque. Je suis optimiste pour l’avenir. L’ICB est créateur, créateur de passerelles entre ces différents mondes.”

L’Institut Culturel Basque en 7 dates.

1990 : Création de L’ICB

1997 : Prise de fonction de Pantxoa Etchegoin

2000 : Lancement de plusieurs programmes (exposition itinérante, résidence d’artistes…)

2003 : Convention signée avec la Diputacion de Gipuzcoa destinée à favoriser les échanges culturels

2006 : Sortie du double CD Kantuketan

2008 : La Diputacion coproduit Batekmila (L’exposition “Batekmila – Les mondes basques” a reçu le label de l’UNESCO dans le cadre de l’Année internationale des langues 2008)

2012 : Convention signée avec Donostia Kultura (projets autour de la création Basque, médiation avec le public…)

Pour davantage d’infos:

Site de l’ICB :www.eke.eus/fr

Site du fond de dotation en synergie avec la Scéne Nationale :www.culture-Kultura.com

Site de La Diputaçion de Guipuzkoa : www.gipuzkoa.eus

Xavier HEUTY, magmozaik64200@gmail.com

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