Spectacles

Published on août 9th, 2015 | by MagMozaik

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Un petit prince de New York turbulent!

A bord d’un vol pour Leipzig à destination de Biarritz, Casino Bellevue, un Ovni dont l’immense talent d’à d’égal que sa fantaisie et sa grande créativité musicale. Evan Shinners, grand spécialiste de Bach to the Future nous revient cette année encore, réaffirmant à l’envi sa notoriété et sa virtuosité grandissantes pour une interprétation des Variations Goldberg émaillé de ses propres compositions  et de ses scénographies virtuelles étonnantes. Instant magique entre la fantaisie, l’espièglerie et les touches féériques d’un piano à queue…

Un phénomène inspiré

Evan Shinners, on connait! ce trublion virtuose hanté par les trilles et partitions de Bach dont il nourrit ses passions. Il n’est que de le voir sur une scène intimiste pour réaliser à quel point tout son être vit au rythme de ses partitions virevoltantes et déliées, d’un phrasé tour à tour délicat et fougueux. Tout de noir vétu, ce jeune homme surdoué et dégingandé  aime à l’évidence son public et son art, secondé efficacement par son ordi de DJ d’un autre monde pour mieux virevolter en virtuel sur des imaginaires musicaux d’un autre siècle, en variations énigmatiques qu’il habite de tout son être!

Des variations énigmatiques

1741…Le musicien compose des variations pour clavecin à deux claviers pour les délices d’amateurs en mal d’esprit et de virtuosité. Son élève Johann Gottlieb Goldberg en est l’heureux destinataire en une composition rigoureuse qui transcende les limites créatives du maître. Danses, variations ludiques et canons rythment le manuscrit en une complexité intellectuelle et tonale inouie. Glen Gould en fera la pièce maîtresse de son répertoire avent que ce jeune génie ne se l’approprie en un tempo moderniste. Universalité, intemporalité… Telle est l’atmosphère que recrée Evan Shinners en des lieux aussi diversifiés qu’improbables: Grandes salles du circuit, bars, rues, abords de piscine…Rien n’échappe à sa volonté de faire partager à tous les publics de petits bijoux musicaux patrimoniaux et mondiaux, histoire d’imaginer un univers où le romantisme allemand nourrirait le contemporain dont il est un fervent adepte.

Le temps se suspend et chaque variation débute par une interprétation que son ordinateur nous balance comme une claque insolite: Clavecin, musique synthétique, voix…Le tout inscrit au plafond de la rotonde en spectres lumineux qui reproduisent en d’infinies touches virtuelles ou alphabétiques les notes d’un alphabet à recomposer tous les jours dans les univers des auditeurs charmés de tant d’imaginaire… On peut simplement regretter que l’horaire et la luminosité du lieu n’aient pas permis d’apprécier cette trouvaille là, projetée dans l’espace!

Bach to the Future

Fin du récital…Le jeune trublion part sous les applaudissements nourris d’une foule conquise à tous ses délires! Puis il revient, espiègle en diable: ” Now it’s finished…we can have fun!” Et de nous éblouir de ses propres compositions mélancoliques et lancinantes pour finit, comme l’an dernier, avec une ballade irlandaise d’une pureté cristalline. Merci Evan d’exister!

www.festivalpianoclassique.com

Catherine CLERC, magmozaik64200@gmail.com

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