Coups de coeur

Published on juin 26th, 2015 | by MagMozaik

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Un humour vocal so….british et virtuose!

Dans un Théâtre Quintaou plein jusqu’aux cintres, l’association Eufonia Bordeaux proposait ce mardi 23 juin, un concert dans le cadre de leur premier festival International de chant choral ,avec le chœur de l’Orchestre Régional Bayonne cote Basque, brillamment dirigé par Lætitia Casabianca et l’ensemble VOCES 8, chœur mixte, 8 chanteurs (ses) formés à l’Exception vocale de l’abbaye de Westminster. Jamais, de mémoire, une salle ne s’est levée aussi massivement devant cette formation « so British » alliant humour, éclectisme et technique irréprochable. La Basse, Dingle Yandell, devrait être statufiée ou entrer au Panthéon d’Eufonia car Eufonia…. est une ville ou l’unique activité de ses citoyens est de pratiquer la musique sous toutes ces formes.



L’association EUFONIA de Bordeaux décentralise un concert à Anglet et se présente comme une force vive et incontournable du chant Choral en Aquitaine.

Euphonia ou la Ville musicale est un écrit du compositeur Hector Berlioz.

« Euphonia est une petite ville de douze milles âmes situées sur le versant du Hartz, en Allemagne. On peut la considérer comme un vaste conservatoire de musique, puisque la pratique de cet art est l’objet unique des travaux de ses habitants. »

Faire de l’Aquitaine une EUPHONIA au service du chant choral !

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www.eufoniabordeaux.com

Une idée germe dans l’esprit de chefs de chœur professionnels et amateurs avertis en décembre 2012, lorsque 850 chanteurs se retrouvent à la patinoire de Bordeaux pour interpréter le monumental Requiem de Berlioz. Proposons au public des formations (beat-box, percussions corporelles….) des concerts couvrant tous les styles ( du baroque au contemporain en passant par du chant basque ou du gospel…) sur tout le département, dans des lieux aussi divers que l’EHPAD Bois du Loret à Cenon, la médiathèque de Talence ou la maison de retraite de Vertheuil… Eufonia Aquitaine apportera la musique à tous  ou ne sera pas !

En juillet 2013, ces mordus ces acharnés créent l’Association-EUFONIA Bordeaux, rassemblent autour de leur générosité musicale et humaine 1400 choristes, 28 ensembles vocaux et rencontrent des Parrains et Marraines aussi prestigieux que Robert Expert, Mady Mesplé, Béatrice Uria Monzon et bien d’autres. 2015…EUFONIA porte à bout de bras un premier festival international de chant choral avec déjà l’an prochain, du 26 juin au 2 juillet une nouvelle édition sous forme de concours international de chant choral !

A l’heure ou bon nombre de festivals disparaissent reprenons la phrase de Nestor Zadoff, directeur artistique d’Eufonia : « On peut penser différemment, avoir des croyances religieuses et politiques et même opposées, mais chanter réunit hommes et femmes autour de la sensibilité ».

De Charles Villiers Stanford à Thierry Machuel, de Valjo Tormis à Thierry Machuel, le chœur du Conservatoire nous invite à un banquet éclectique.

Laetitia Casabianca présente ce concert exceptionnel en n’oubliant pas de citer le rôle tenu par Bernard Cosse dans l’organisation de ce concert à Anglet en synergie avec EUPHONIA.(Bernard Cosse baryton, stratosphérique dans son interprétation des poèmes Franciscains d’Ermend- Bonnal sous la direction de Nicole Corti le 29 novembre dernier à l’église Saint André de Bayonne ).

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Dés la première seconde de l’oiseau bleu (The Blue Bird) de Charles Villiers Standford, de cette exquise sopranitude cristalline, temps suspendu, phrasé impeccable, le chœur impulse, tapisse les murs du Théâtre de sa douceur, caresse vocale. L’oiseau bleu vole dans des volutes de sopranes inspirées sur un océan harmonique ou le public se baigne.. avec délice. Pas un murmure, pas un souffle dans ce final pianissimo qui tutoies les anges.

L’Estonien Veljo Tormis, le Hongrois Georgius Bardos et le Basque Javier Busto étaient à l’honneur avant mon coup de cœur, Thierry Machuel, connu du grand public par ses collaborations avec Laurence Equilbey et Geoffroy Jourdain. Le texte de « Madone de miséricorde » est tiré de « Début et fin de la neige » du poète yves Bonnefoy

« Tout, maintenant bien au chaud, Sous ton manteau léger, presque rien ; Que de brume et de broderie; Madone de miséricorde de la neige; O contre ton corps dorment nus les êtres et les choses; Et tes doigts voilent de leur clarté ces paupières closes. »

L’association Machuel/Bonnefoy/Casabianca est un modèle de phrasé et d’articulation. Les rencontres à l’intervalle de seconde colorent le texte dont la poésie ne supporte aucune accroche ou hésitation. Ce voyage de trois minutes, en terre d’humanitude, entamé par les sopranes et altis dans une homorythmie aérienne, douceur d’un texte, repris par les pupitres d’Hommes, a plongé le théâtre dans un moment rare et précieux.

Il sera dit que ce chœur est un explorateur d’univers peuplés de talentueux amateurs au service de l’essentiel. Partager et découvrir…mais comment peut il en être autrement avec Madame Lætitia Casabianca qui, sortant des entiers battus, cultive depuis des décennies l’Excellence comme André Le Nôtre les jardins du Roi Soleil.

Voces8. De l’Abbaye de Westminster au Théâtre du Quintaou



www.voces8.com

Sous la houlette des frères Smith, Paul le Baryton et Barnaby le « Contertenor », l’aventure de Voces 8 débute au sorti d’un concours international de chant en Italie. Crée en 2005, le groupe d’amis a grandi sur les bancs de l’abbaye de Westminster. Comme me le confiera Paul Smith, le cofondateur du groupe, trois à quatre heures de chants par jour pendant des années….soit cela vous écœure…. soit vous devenez passionnés ! Alternant musique du 17 ème siècle (« Sing Joyfully » de William Byrd, « Magnificat Quinti Toni » d’Hieronymus Praetorius) avec des standards de Jazz (« Staighteen Up and Fly Right » de Nat « King » Cole) Spirituals (Steal Away, where you there) et en final le merveilleux Bogoroditse Dyevo de Rachmaninov, l’humour, la maîtrise technique et la décontraction des Voces 8 font mouche.

Des jeux scéniques s’enchaînent, faisant penser au Swingle singers, situations cocasses dans un Medley opératique ou l’on assiste à une véritable corrida ….ou le caquètement d’une basse cour dans « il est bel et bon » de Pierre Passereau; ça swingue, jazze, pétille et le plaisir est omniprésent ! La Voces 8 Touch. Élégance Fun Maitrise.

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Dans cette cohorte de superlatifs, le grand que dis-je l’immense carrure de Dingle Yandell !!…. Omniscient pour notre plus grand bonheur, il débuta la seconde partie comme soliste de l’un des plus beaux spirituals du répertoire (sur un arrangement de David Blackwell). « Steal Away to Jesus ». Sur un ostinato, vortex, colonne de son, traversant l’espace et campé comme le capitaine Achab. La voix de Dingle Yandell retentit avec une puissance de 10 Stentors ! « Lord, My Lord, he calls me, he calls me by the Thunder » (Mon Seigneur m’appelle, il m’appelle par le tonnerre). Stupeur et tremblement dans la salle. 500 personnes touchées au cœur. Quittant Voces 8 en septembre 2015 pour suivre une formation de chanteur d’Opéra, Dingle Yandell a la carrure pour une carrière de Basse sur les plus grands scènes internationales.

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Fireworks Final.

Dans un Français impeccable, Sam Dressel tente « une première sortie » en annonçant la fin du concert. Peine perdue: ” Voulez vous une chanson de plus ?”  ‘”Deux “, répond la salle !…. ” vous l’avez peut être remarqué mais Voces 8 est en vérité un groupe plein de Divas, vous le voyez chez certains, et à la fin d’un concert on aime bien leur donner l’opportunité de s’exprimer. Voici le Medley « opéra « les compositeurs sont nombreux…mais ils sont tous….. morts”.

Eclat de rire. Quel bonheur ! rien ne nous sera épargné ! Ni la Tauromachie de Carmen, la Flûte enchantée dans la langue de Goethe, le Come Back du Toréador remonté comme un coucou juste avant le duo de Lakmé de Delibes etc. Une pyrotechnie vocale, des pétards partout, le nouvel an chinois en Juin. Bravoooo Bis. Des applaudissements dans toutes les travées Nous étions dans les arènes de Pampelune. Des sorties, des retours. Le Quintaou brûle t’il ? Complètement !!

Seule la sérénité absolue du «  Bogoroditse Dyevo » de Serguei Rachmaninov rappellera, a qui veut l’entendre, que le chant choral est la plus belle machine à rassembler que l’Homme n’ait jamais conçu. Longue vie à Eufonia ! au chœur du Conservatoire de Bayonne, à Voces 8 et à tous ces chanteurs et chefs de chœur passionnés pour nous avoir fait boire, ce soir, jusqu’à l’ivresse, à la coupe musicale de leur immense talent.



Xavier HEUTY, magmozaik64200@gmail.com

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