Festivals

Published on octobre 21st, 2015 | by MagMozaik

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Un deux trois…Txiki!

Aujourd’hui débutait la 3ème édition du Txiki Festival, festival de films et de multiples animations ou ateliers à destination des enfants, jusqu’au 25 octobre. L’occasion de découvrir, pour sa sortie nationale, le magnifique fil d’animation de Simon Rouby, “Adama”, en présence de Guillaume Barucq et Nathalie Sauzeau qui représentaient une mairie dont le soutien à la manifestation se renforce d’année en année en des lieux de plus en plus diversifiés. L’occasion également d’une rencontre avec Bénédicte Galup, assistante réalisatrice de ce long métrage d’animation.

Une barre placée haut!

D’emblée, le festival démarre fort avec une histoire de fraternité et d’initiation au monde adulte dans un contexte historique difficile , solidement ancré dans la mémoire historique de la France. Un sujet qui n’est pas sans rappeler “Indigènes” dont l’histoire se déroulait en 14-18. L’enrôlement des africains dans la grande guerre constitue la trame douloureuse et sensible du film, rarement abordé avec autant de tact et de pudeur. On se souvient sans doute qu’à cette époque la France avait puisé sa chair à canons au coeur des colonies, en des troupes sommées de se battre dans un pays inconnu contre un ennemi qui n’était pas le leur. On se souvient de ces “indigènes”sacrifiés au nom d’un patrie et d’une culture dont ils ignoraient souvent tout, jetés sans autre forme de procès dans des paysages de mort assurée glacés. Un déracinement qui laissa de très profondes blessures dans les corps et les âmes de ces hommes à peine remerciés d’une légion d’honneur dérisoire à la fin de la guerre.

“Adama” n’est qu’un témoignage, parmi des milliers d’autres, de ces enfers traversés sans bien en comprendre les enjeux! Adama, jeune garçon de 12 ans, vit dans un village isolé d’Afrique de l’Ouest rythmé par les coutumes ancestrales et niché à l’abri des falaises, loin, très loin, de cet autre monde dominateur et dit civilisé qu’est alors la France, en proie à ses tensions européennes guerrières et ses révolutions économiques. Une nuit, son frère, jeune adulte, disparait car enrôlé pour une guerre qui ne le concerne pas, pion nécessaire d’une boucherie sans aucune mesure, loin, très loin…

Contre l’avis des anciens, le jeune garçon, se sentant coupable de n’avoir pu retenir son frère, part à sa recherche en un long voyage où il apprendra à devenir un homme en un choc de civilisations et de cultures qu’Adama tentera d’adoucir par ses armes africaines, la magie et la poésie. Un troublant et émouvant regard inversé porté sur un monde occidental en pleine auto-destruction. Un film âpre que de petits livrets mis à la disposition des enfants et des parents à l’entrée de la salle du Royal permettent de mieux appréhender. Un film totalement en phase avec le festival où le pouvoir de l’image prend tout son sens.

Un formidable défi technique

Il aura fallu 5 ans pour que naisse et se concrétise le film. Au départ? l’histoire vraie d’un vieil homme, rescapé du carnage européen mais silencieux sur son passé héroïque. L’idée de transposer ce témoignage cru et douloureux en un film d’animation germe très vite dans l’esprit de Julien Lilti. 3 ans seront nécessaires pour réunir le financement sur un sujet peu porteur par définition pour un jeune public. Un premier défi pourtant relevé.

Second défi: La mise en oeuvre de techniques inédites et complexes, à partir de petites statuettes scannées sous tous les angles pour une exploitation en 3 dimensions et animées grâce à des logiciels pointus. Au total, une soixantaine de figurines en terre non cuite seront ainsi utilisées puis colorisés selon des techniques virtuelles appropriées.

Restait à trouver les locaux capables d’accueillir une équipe d’une soixantaine de personnes, qui, pendant deux ans, ont réussi la prouesse de donner vie et de finaliser cette incroyable scénario de près d’une heure et demie auquel Oxmo Puccino, Azize Diabate, Pascal D’Zonzi et Jack M’ba prêtent leur voix. Naia Productions, Pipangaï, France 3 Cinéma et Albatros Productions signent la feuille de route!

Outre sa programmation pendant le festival, le film restera à l’affiche du Royal jusqu’en décembre. Ne vous privez pas de recevoir une bonne et magistrale claque salutaire chargée d’émotion et de poésie!

www.txikifestival.com et www.royal-biarritz.com

Catherine CLERC, magmozaik64200@gmail.com

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