Mozaik de musiques

Published on février 14th, 2015 | by MagMozaik

0

Soleil Noir…Un océan de rêves

IGUSKI BELTZ, Le soleil noir du compositeur Pierre Cabalette dévoilé par une Marina Pacowski solaire triomphe, ce vendredi 13 février, au théâtre Quintaou d’Anglet, en immergeant le public dans un océan de rêves. Arvo Part, Claude Debussy et Richard Wagner étaient aussi au programme. L’ORCB était dirigé par Iker Sanchez.

20h45. Les lumiéres de la salle Quintaou s’éteignent, le rideau s’ouvre. Iker sanchez, traverse rapidement la scène et capte le premier rayon. Tabula Rasa d’Arvo Part

Iker anchez (1)

Iker sanchez

Arvo Part le sérialiste qui a mal tourné….

– Annexée par l’URSS en 1939, l’Estonie, pays natal d’Arvo Part, subit des oukases de la part des autorités en place. La musique occidentale, considérée comme décadente, ne doit pas « polluer » les oreilles du Peuple. Chostakovitch en son temps avait été « recadré » avec beaucoup de pédagogie, mais Part n’en a cure et tombe, au début des années 1960, follement amoureux de la sérialité. Cette union donnera naissance à d’exquises oeuvres dodécaphoniques dont sa première symphonie, « polyphonic » au radicalisme affiché. Ayant besoin de prendre du recul, Part cesse de composer pendant près de 10 ans, s’ intéresse à la musique médiévale et retrouve la tonalité à partir de quelques sons ressemblant a ceux du tintement de cloches, qu’il appellera « le tintinnabuli ».

– Dédié au violoniste Gidon Kremer, Tabula Rasa a son enregistrement » mythique » gravé chez Ecm en 1984 sur l’album éponyme…. Inutile d’aller si loin. L’esprit d’Arvo Part était la, ce soir, dans l’âme des violons de Jean-Michel Denis et de Marina Beheretche.

Tabula Rasa c’est avant tout une pièce avec trois personnages.



L’orchestre, le piano préparé, les solistes. Un dialogue de type concerto Grosso ou l’on se parle, se hèle, se questionne, se cherche aussi , car le minimalisme épuré de cet alphabet musical, exempt d’artefacts, permet d’aller a l’essentiel. Part est un mystique, grammairien du cœur dont il en connaît la sémantique.

Premier accord. Temps suspendu. Une pulsation cardiaque aux cordes, le voyage initiatique peut commencer, rite de passage. Une vie qui se déroule avec ses haltes, ses triolets, ses fulgurances, son piano préparé, si mystérieux, que Jean-François Pailler maîtrise à la perfection. Le vortex sonore se met a spiraler sur lui même et accélère, tornade qui parcours les travées du Quintaou, happant l’un, tempêtant l’autre, cherchant un apaisement qui ne viendra jamais… même sur l’ultime accord.

Moment de grâce avec le public.

Les Mille et une facettes du Soleil noir de Pierre Cabalette.

Des couleurs, des fragrances, du voyage, de la magie, des colères, de la joie, des sonorités claires de la Kora Africaine, des musiques non européennes, de la lumière.

– IGUZKI BELTZ est un chef d’œuvre. Il est l’alpha et l’oméga d’une poésie sublime. « Tu contiens, mer d’ébène un éblouissant rêve de voiles, de rameurs, de flammes et de mats » et si j’emprunte ces mots à Charles Baudelaire c’est pour rendre hommage à un Maître. Pierre Cabalette, compositeur majeur de ce siècle, porteur d’univers exponentiels, éblouissants, oniriques. Des vagues d’applaudissements ont traversé la salle pour saluer la récipiendaire de cette partition, la pianiste Marina Pacowski irradiante dans cette forêt de Brocéliande, sombre, bruissante et parfois inquiétante .

Marina Pacowski (1)

– …Au loin des percussions, des cuivres frappent la cîme des arbres où cohabitent un couple de flûtes et de clarinettes. Le saxophone de David Arriola jaillit soudain à travers un feuillage musical, dialoguant avec les cordes. Des éclats d’harmonies naissent et disparaissent comme des feux de Saint-Elme. Le Quintaou baigne dans un univers multidimensionnel. Des espaces infinis, des couleurs inconnues, des temps qui se contractent. Nous sommes enivrés.

Ovationnée, Marina Pacowski interprétera seule et devant l’orchestre « clair de lune » de Claude Debussy. Instant précieux.

Claude Debussy et la Harpe de Playel

– Pour concurrencer la firme ERARD et sa harpe diatonique à pédale (qui est utilisée aujourd’hui) Playel décide de lancer sur le marché une harpe chromatique, sans pédale et demande, en 1903, à Claude Debussy d’en devenir le VRP de luxe en lui passant commande. Or en 1903, Debussy travaille sur « la Mer »….. mais Pleyel est obstiné. Il se trouve qu’un compositeur Portugais, De la Cerda venait d’écrire « La danse du voile » que Debussy transforma quelque peu en « danse sacrée » suivie d’une « danse profane ». Cette veine « antiquisante » se trouve dans d’autres œuvres de l’élève d’ Antoine Marmontel comme dans « la musique de scène pour la chanson de Bilitis » ou « Tarentelle Styrienne ».

– C’est donc avec une harpe, on ne peut plus diatonique, que Madame Salomé Magnier se présenta sur scène.

– Faisant parti du trio virtuose Harpissimo avec Genti Dollani et Mariena Sata, cette jeune artiste a captivé l’auditoire par des arpèges enchanteurs aux chromatismes exquis. Instrument peu médiatisé, malgré la figure « historique » de Lily Laskine, la salle a répondu présent pour une interprétation qui fera date.

– L’idylle de Siegfried clôturait cette soirée riche en émotions. La réussite de ce concert doit aussi être attribué à Iker Sanchez, impeccable, ne cédant jamais aux sirènes du chef « omniscient », sa gestuelle, sobre et déliée, au service de la musique, des compositeurs et des musiciens de l’orchestre est un modèle d’exemplarité.

Dernier Rayon….

Le soleil noir a illuminé cette soirée. Les spectateurs ont découvert les univers sonores de l’un des plus grands compositeurs de notre temps. Pierre Cabalette. Après le soleil d’hiver et le soleil noir l’ORCB nous invitera certainement à la table d’autres festins solaires. Nous y reviendrons avec plaisir.

Liens Utiles

Iker Sanchez

www.ost.es/es/la-orquesta/iker-sanchez&hspart=Elex&hsimp=yhs-elex_22find

www.myspace.com/kraterensemble/mixes/classic-logo-416338/photo/140569589

Marina Pacowski

www.marinapacowski.com/

Pierre Cabalette

www.eke.eus/fr/culture-basque/entretiens-dacteurs-culturels/joel-merah-et-peio-cabalette

Salomé Magnier

www.aiharpe.org/variable/Activites/Liste/Magnier.php

Enregistrement de Tabula Rasa avec Gidon Kremer

www.youtube.com/watch?v=v0uYpYHOYB8



Xavier HEUTY,magmozaik64200@gmail.com

This Post Has Been Viewed 537 Times


Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Back to Top ↑
  • Rejoignez-nous sur Facebook

  • Catalogue art/culture

  • L’annuaire Mozaik 2017

    L’annuaire Mozaik 2017
  • Panier