Coups de coeur

Published on septembre 11th, 2015 | by MagMozaik

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Soka Danza…Une étonnante surprise

A l’heure où s’ouvre, pour un mois, à la Crypte Sainte Eugénie, l’exposition initiée par l’Institut Culturel Basque en collaboration étroite avec les services culturels de Biarritz et la diputacion de Gipuzkoa dans le cadre du Temps d’Aimer la Danse 2015, nous dégustons avec nostalgie et délice cette belle immersion dans le monde de la danse basque qui fleure bon Oldarra ou les danses souletines .Près de 400 documents dont de nombreux inédits, tous supports confondus (photos, vidéos, musiques peintures…) jalonnent ce parcours en des traditions qui évoluent au rythme d’arts et de chorégraphies contemporaines sans rien perdre de leur identité profonde. Un substrat essentiel, riche et tourné vers l’avenir au moment où la ville de Biarritz renforce son action en faveur d’une pratique du basque au quotidien notamment à travers une convention signée avec l’OPLB et le prochain Mintzalasai. Une exposition itinérante qui devrait sur 3 ans semer les graines de la mémoire.

Itinéraire gracieux d’une identité forte

– Une impressionnante foule se presse à l’entrée de la Crypte comme jamais nous n’en avions observée, preuve s’il en est du vif intérêt porté aux rituels de la danse basque! Jubilatoire! Certes, les 25 ans du “Temps d’Aimer la Danse” expliquent cet engouement mais pas que! Depuis la création de Bilketa, une belle volonté de défendre la culture basque s’exprime de plus en plus fort et s’impose tout naturellement, sur des supports techniques de pointe adaptés aux exigences de préservation de la mémoire. Au delà des armes, des explosifs ou des violences inutiles, protéger notre identité passe avant tout par la culture, l’art, la danse, la musique, la langue et autres manières plus complexes d’inscrire notre territoire dans une perspective d’avenir qui tienne compte de nécessaires métissages contemporains sans rien abjurer du fondamental. Cette exposition, superbement scénographiée et rythmée, le prouve à l’envi.

– Certes, le simple curieux prendre une demi heure pour parcourir les peintures, les photos et jeter un oeil distrait aux videos projetées au choix du visiteur en 4 langues (français, basque, espagnol et anglais). Mais prenez le temps- mais oui! deux ou trois heures- de vous assoir et, casques à l’appui, de visionner tous les documents actuels ou d’archives qui vous jettent en plein visage la pétulance et la virtuosité de danseurs anonymes ou célèbres. Prenez le temps de découvrir toutes ces photos où plane l’ombre généreuse et l’esprit de Koldo Zabale récemment disparu, où surgit Oldarra qui s’ingénie à former de jeunes danseurs pour que vivent ces danses si complexes et techniques… Au fil des documents surgit une âme, une identité unique qui nous replongent avec émotion dans une enfance où virevoltaient les toros de fuego à Saint Jean Pied de Port, où l’homme cheval et la cantinière venaient hanter nos rêves autour d’un verre de vin jamais renversé au sol, où les paris résonnaient sur les frontons de pelote à main nue, où nous suivions un grand-père taciturne, béret vissé sur la tête et makila au poing, sur les chemins de contrebande, à la recherche des coins secrets où dénicher les cèpes, où les veillées au coin du feu s’alimentaient de contes et légendes immémoriaux ou de parties de belote qui nous faisaient aisément oublier le petit écran. Tout cela surgit de plein fouet!

– Et puis surtout, ces vieux films en noir et blanc des années 50 qui nous rappellent la légèreté et la grâce aérienne de nos parents et grands parents prompts à esquisser quelques pas au son du txistu…Voilà qui nous rappelle étrangement, avec émotion, la récente diffusion sur une belle chaine cinéma de la série Around the world with Orson Welles (diffusée en France sous le titre: Le Carnet de voyage d’Orson Welles1), une série de 6 épisodes d’une durée de 26 minutes produite par Louis Dolivet en 1955 dont 2 consacrés au Pays Basque. Un bel hommage référence d’un maître incontestable, tourné, avec infiniment de tendresse et de respect, à la manière de “Comment peut-on être persan?”.

 

Jon Maya, le danseur peintre

Mais sans conteste, notre coup de coeur revient aux toiles de Jon Maya, grand danseur navarrais qui, sur de grande toiles posées au sol, les pieds imprégnés de peinture, noires ou colorées, a tenté – et réussi- l’expérience novatrice d’imprimer les rythmes et les traces visuelles de multiples danses basques. Une façon impressionnante d’utiliser son corps tel un pinceau subtil en 7 séquence en noir et blanc (comme les 7 provinces basques ) et une en multiples tonalités où pieds et mains composent des volutes gestuelles émouvantes.

N’hésitez pas à parcourir cette magnifique exposition en prenant le temps de vous immerger dans la mémoire culturelle d’un territoire.

Catherine CLERC, magmozaik64200@gmail.com

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