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Published on février 4th, 2017 | by MagMozaik

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Sainte Agathe à l’heure navarraise

Fête traditionnelle de Biarritz la Santa Agate est à l’origine ancrée dans les traditions basques, bannies pour leur vent de liberté identitaire par le franquisme, puis exilée de l’autre côté de la frontière sur Biarritz qui en fera son symbole de solidarité intergénérationnel et de culture basque. A l’heure où Juan Carlos Pikabea expose ses oeuvres impressionnistes, le Musée basque et d’histoire de Bayonne a voulu, autour de ce moment fort, offrir quelques variations musicales et culinaires en mode navarrais, en un jumelage des plus savoureux.

Noble de Catane, née au IIIème siècle, et fervente chrétienne, Agathe, pour son refus d’un mariage forcé, fut envoyée en représailles dans un Bordel puis torturée à mort. Pour nier sa féminité et sa beauté on lui arracha les seins à la tenaille. Sa mort provoqua un tremblement de terre et le réveil de l’Etna qui épargna Catane grâce à son voile de sépulture. Depuis, elle est invoquée contre les incendies, les tremblements de terre, les éruptions volcaniques, les catastrophe naturelles et la stérilité. De la Sicile à l’Espagne elle est devenu, par extension, la protectrice des fondeurs de cloche, très curieusement, des nourrices, des bijoutiers (les tenailles sans doute?), des martyrs et des victimes de viol ou de torture, ce qui semble plus logique! Mais comment en est-elle arrivée à s’inscrire dans les coutumes identitaires basques?

Au Pays basque, Agathe, patronne des nourrices reste liée à Sainte Lucie en célébrations proches des rythes païens autour du solstice d’hiver. Cette période voit le retour de la lumière avec les jours qui allongent, et le retour de l’abondance de la nature après la torpeur de l’hiver. La tradition veut que l’on amène alors la lumière chez les gens qui sont honorés et que l’on fasse bombance de mets et de boissons dans la nuit du 4 au 5 février et le 5 février en les gratifiant, selon la qualité de leur accueil, de bertsus bien sonnés, selon l’accueil réservé ! Un rituel de convivialité, né dans les années 30 à Bilbao, greffé sur de fortes traditions carnavalesques basques comme un symbole d’une culture menacée alors en Espagne par le franquisme qui l’éradiqua. Refugié à Biarritz, il a repris tout son sens et sa vigueur en 1992 avec l’implication déterminée de la ville, puis celle d’Arroka et des enfants qui, depuis 2012, lanterne en tête, parcourent la ville de foyer en foyer, makila en mains, de 19h00 à l’aube.

L’occasion d’un chaleureux événement à Bayonne en présence du peintre Pikabea, du choeur d’hommes Errobi tout de noir (blouses et bérets) et foulards bleus vêtus, lampe et makila en mains, d’un jeune prodige violoniste japonais de 15 ans à peine, élève du conservatoire d’Irun depuis 7 ans, Ekhi Martinez Imaï, qui nous a régalés, entre autres, de la sarabande n°1 de Bach et du Caprizzio n°4 de Wieniawsky , autour d’un somptueux buffet dégustation de produits navarrais, arrosés comme il se doit de rosés et rouges de caractère. Un délicieux moment de partage et d’échanges.

Musée basque et d’Histoire de Bayonne, 37 quai des Corsaires à Bayonne

Catherine CLERC, magmozaik64200@gmail.com

Photos Mathieu CLERC

www.errobi-kanta.com et www.museebasque.com

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