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Published on avril 12th, 2016 | by MagMozaik

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Rivage…vous avez dit Rivages?

Tous les 2 ans, sur le littoral angloye, se tient une Biennale d’Art Contemporain qui a le mérite de sensibiliser le grand public à diverses formes d’expressions culturelles, à travers des sculptures et des compositions inédites. Cette année, la manifestation, qui s’annonce gourmande en créations multiples, change de nom sous l’impulsion de son nouveau commissaire, expert en histoire de l’art, Paul Ardenne, recruté sur appel d’offres. La littorale – tel est son nom aujourd’hui en référence à l’inspiration terre /océan – s’intitule “Rivage, rivages”. Du 26 août au 2 septembre prochains, 12 artistes d’envergure internationale et de toutes nationalités , investissent un vaste littoral en des problématiques très contemporaines et écologiques, auxquels se joignent un auteur de catalogue, un photographe et diverses animations en ateliers pour le public et parcours pour les scolaires. On regrette simplement de ne pas en savoir davantage sur ces oeuvres à venir quand il aurait été plus simple de mobiliser le public sur pièces et non sur parcours passés d’artistes!!

Tensions et contradictions?

L’écrivain et historien Paul Ardenne se propose, pour cette 6ème édition sujette à bien des attentes, de s’interroger sur “les tensions et contradictions dont les rivages font aujourd’hui l’objet” auxquelles s’ajoutent l’idée d’un “Eden écologique et une nature grandiose”. Voilà de bien grand mots pour signifier que cette vaste exposition se déroule en plein air et en de multiples lieux symboliques de la côte angloye, pour un public néophyte qui plus est!

N’est-ce pas un peu trop intellectualiser à outrance une manifestation dont le propos, au demeurant très simple, est de justement laisser les artistes imaginer un rapport de leur imagination à l’océan, la mer et le ciel en 3 horizons mouvants que les enjeux écologiques, forcément évolutifs, inspirent nécessairement? La Barre, le parc écologique Izadia, le front de mer, les espaces verts  et la Chambre d’Amour se prêtent à merveille aux univers artistiques et autres événements qui ne manquent pas, chaque année, de les investir, notamment l’été.

Les artistes retenus se prévalent, certes, d’une notoriété internationale et de parcours que l’on ne saurait remettre en cause. Sauf que nous n’avons aucune idée de ce que seront leurs oeuvres! Alléchantes sur le papier, iront-elles au bout de leurs promesses? Et puis bien des artistes locaux d’envergure également internationale et à l’incontestable talent, tels Camille Masson-Tassandier ou Sam Dougados, sont curieusement oubliés dans l’affaire! Nous aurions apprécié un plus juste partage des lieux de création!! Alors examinons sur le papier ce qui nous est proposé…

Inventaire à la Prévert...

12 artistes ou collectifs d’artistes se mettent d’ores et déjà à l’ouvrage! Pour l’heure, nous ne signalerons que les projets attractifs, encore une fois sur le papier!

Art nOmad est en résidence pour rendre un hommage à la légende de la grotte de la Chambre d’Amour. Le public est appelé, dans une démarche participative, à déposer et accrocher des “Ex-Voto” profanes ayant la forme symbolique d’un coeur humain rayonnant dans le kiosque des Sables d’Or! Les cadenas du Pont-Neuf en modèles réduits somme toute! Du “Bis repetita placent” finalement! Quelques autres projets ne nous parlent pas davantage, même si le parcours des artistes concernés brillent, à l’instar de tous les autres, d’une créativité qui force le respect par ses audaces! Une cabane de l’américain Conrad Bakker au parc Izadia, un terrain de rugby où les visiteurs deviennent figurines de babyfoot avec Benedetto Bufalino, des objets artistique non identifiés (???) avec Fabrice Langlade, en une succession de totems et signaux géodésiques, une video de l’australien Shaun Gladwell très banale, un incongru et géant cosmonaute en plastique à l’intérieur duquel se déroule une exposition…. “Babylone” de Laurent Perbos ou de faux palmiers en tuyaux, roches et plantes en plastique… Jusque là, nous demandons à voir! mais nous avouons quelques frémissements prometteurs!

Keman Tufan, turc, nous propose le U-Boat, sorte d’allégorie métallique du pouvoir échouée sur la plage où chacun peut déposer des vêtements à donner comme une contre pratique démocratique métaphorique. Et puis il y a le bus des sans-papiers de Lucy et Jorge Orta qui offre d’adhérer à la nation utopique Antartica en échange d’un passeport et d’un engagement à respecter l’environnement au quotidien! On adore et on adhère! Passons sur les poèmes incandescents de Robert Montgomery qui devraient enflammer nos plages, pour découvrir notre coup de coeur, Andrea Mastrovito! Des hommes et des femmes, naufragés ou migrants, se posent en sculptures de sable sur la plage avant que les flots ne les rongent… A moins qu’ils n’atteignent l’embarcation de terre ensevelie sous la vase de Rachel Labastie en une lutte constante de l’homme avec la nature…

Et au delà?

On l’aura compris, cette 6ème édition qui s’annonce insolente nous frustre quelque peu pour l’heure, ou du moins, se présente bien trop tôt avant que se concrétisent les projets proposés! En revanche, en attendant de reparler en temps voulu de cette manifestation dont on sait juste le nom des artistes retenus et leurs itinéraires créatifs, signalons un vaste programme d’accompagnement culturel de la Littorale, avant, pendant et après l’événement, que nous aurons l’occasion de détailler. Dans les grandes lignes:

Des rencontres, en mai, juin, septembre et octobre, s’interrogeront sur les difficultés d’être un artiste d’art contemporain aujourd’hui et permettront de découvrir les auteurs du catalogue, Franck Smith et Bruno Wajskop, tandis que le commissaire d’exposition accueillera les élèves de l’Ecole Supérieure d’Art des Rocailles.

96 visites seront proposées sur les 2 mois d’exposition entre la Barre et la Chambre d’Amour et, pour les scolaires, groupes et publics spécifiques, quelque 204 visites sont programmées.

Des ateliers complètent le dispositif avec, en amont, 4 journées pour les élèves du Nid Basque et 4 autres réservées aux lecteurs de la Bibliothèque  en présence d’Art nOmad. Séances de travail avec des artistes et sensibilisation au documentaire et à l’image sont également mises en place.

10 classes de primaires et 3 classes du Lycée Cantau vivront un parcours artistique et culturel sur fond de visites de la Biennale et d’Izadia, de rencontres avec les artistes et de production d’oeuvres exposées en mai sur le parc écologique.

Enfin, le traditionnel mois du film documentaire de novembre développera sa thématique autour de l’art contemporain tandis que les élèves du Nid Basque présenteront une exposition sténopé des photos des oeuvres de la Biennale qu’ils auront prises.

Contacts: www.lalittorale.anglet.fr, site dédié créé pour la ville d’Anglet par l’agence locale Rezo 21, et www.sylviabeder.com

Catherine CLERC, magmozaik64200@gmail.com

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