littérature

Published on juillet 21st, 2016 | by MagMozaik

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Quand mots et peintures se conjuguent au féminin

“Paula Modersohn-Becker voulait peindre et c’est tout. Elle était amie avec Rilke. Elle n’aimait pas tellement être mariée. Elle aimait le riz au lait, la compote de pommes, marcher dans la lande, Gauguin, Cézanne, les bains de mer, être nue au soleil, lire plutôt que gagner sa vie, et Paris. Elle voulait peut-être un enfant – sur ce point ses journaux et ses lettres sont ambigus. Elle a existé en vrai, de 1876 à 1907.” Telle est la vision sensible d’une femme écrivain d’aujourd’hui, Marie Darrieusecq, sur une femme peintre allemande, étonnante pionnière moderne à la croisée de l’expressionnisme et du cubisme, au carrefour des XIXème et XXème siècles, entre destinée bourgeoise et liberté audacieuse revendiquée… Le titre de cette fine biographie? “Etre ici est une splendeur”, vers tiré d’une oeuvre de Rilke dont elle fut la grande amie (Editions Pol).

Marie Darrieussecq a découvert par hasard cette artiste allemande si atypique, ouverte sur toutes les nouveaux courants à venir de la peinture contemporaine, à l’aube du XXème siècle, mais que sa mort prématurée à 31 ans empêchera, avec toutes ses audaces de styles et de sujets, d’explorer et d’inventer dans un monde d’hommes qui intégrait alors difficilement les femmes. Très connue en Allemagne, elle a suscité l’engouement de l’écrivain, portée par la découverte d’un matériau extraordinaire, tissé en quelque 1000 oeuvres, des lettres à son ami Rilke et son journal. Elle s’est d’emblée passionnée pour cette jeune femme volontaire, irrésistiblement attirée par le devenir d’un siècle bouillonnant . Elle décède en couches en 1907, année où le cubisme émerge à peine, où Picasso tient son premier masque africain… “Quel dommage” dira-t-elle, et quel gachis en effet que ce talent novateur tué dans l’oeuf, déchiré dans ses contradictions les plus intimes, entre maternité, oisiveté d’un mariage infantilisant et liberté de vivre son statut de femme à part entière, à l’égal des hommes!

L’auteur nous livre ici sa démarche littéraire, entrechoquant ses mots délicieux avec les couleurs crues de l’artiste si prolixe. Son enthousiasme et sa volonté farouche de faire connaître cette femme en France a permis une exposition à Paris jusqu’au 21 août 2016. Elle poursuivra ce dialogue le 26 juillet, 18h00, à la Médiathèque de Biarritz, pour une belle esquisse d’une flamboyance si cruellement interrompue!

Pour toutes informations: www.mediatheque-biarritz.fr

Catherine CLERC, magmozaik64200@gmail.com

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