Festivals

Published on octobre 8th, 2014 | by MagMozaik

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Quand les minorités ethniques et linguistiques se font du cinéma

Hendaia Film Festival entame la seconde année de sa jeune existence. Hendaye, le Conseil général, l’Institut Culturel Basque, l’ECLA, soutiennent, entre autres, ce festival de courts métrages centrés sur les minorités ethniques et linguistiques. 3 jours de projections qu’entourent une belle gamme d’événements connexes: expositions, atelier d’écriture le vendredi à 10h00, concerts et une conférence professionnelle consacrée aux moyens de créer des réseaux de diffusion pour les films en euskara. Du 16 au 18 octobre, sur 3 espaces dédiés, Mendizolan, le cinéma Les Variétés et les Halles, un événement à suivre de près!

L’humanité au coeur d’un festival exigeant

“Mark Twain disait: « Ils ne savaient pas que c’était impossible, alors ils l’ont fait ».En ces temps où le possible se doit de dépasser l’impossible, que faire une tête de six pieds de long pour le moindre « rien » est à la mode, que l’intelligence des « grandes écoles » a pris le pas sur celle du vécu, que l’individualisme s’est approprié sournoisement la place de la solidarité, que la « normalité » est devenue « LA » règle absolue, que l’indifférence est devenue monnaie commune, il est peut-être bon de se rappeler que le mot «Humanité » (Humanité = Genre humain, dixit le dictionnaire) ne peut pas faire de mal. Je n’irai donc pas par quatre chemins, vous l’aurez compris (je garde les chemins de traverse pour mes poules…)
Hendaia Film Festival a pour but d’inspirer et donc d’expirer, regarder, écouter, dire,recevoir, donner, échanger… En un mot : Partager…Partager : base de toute Humanité, non ?”

– Ainsi s’exprime Angela MEJIAS, fondatrice de la manifestation et Présidente de l’association qui la porte, Bendiradak (les regards en basque). Cette structure, née il y a 10 ans, d’un collectif de photographes, affiche la belle ambition de soutenir le cinéma et tous les arts qui en déclinent le propos: Photographie, peinture, sculpture, musique.

– Né en 2013, Hendaia Festibala s’est inscrit, dès la première édition, comme un événement majeur  et incontournable par sa volonté de mettre un focus sur la langue et la culture basques avec une compétition Aquitaine-Euskadi et  un concours Euskaraz Bizi Nahi Dut. Espace de rencontres et de transmission d’une passion entre professionnels et amateurs, jeunes ou futurs pros du cinéma, le festival s’illustrait déjà en quelques chiffres qui suffisent à en démontrer l’importance: 15 films en compétition internationale, 12 en compétition Aquitaine Euskadi, 1800 spectateurs sur 3 jours, 760 scolaires concernés, des jurés de référence, tels Eduardo Manet, président de la manifestation, Clélia Ventura, Kristina Zorita, Sylvia Vargas, Jules-Edouard Moustic… Excusez du peu. Pour un coup d’essai, ce fut un coup de maître, transformé, on l’espère, cette année, en derby gagnant!

– Cette année, l’événement prend une belle ampleur. 590 courts ont été reçus (soit 2 fois plus qu’en 2013) et visionnés pendant 2 mois par 5 sélectionneurs. Un choix difficile, eu égard à la qualité des films, pour 11 sélectionnés en compétition internationale et 11 en catégorie Aquitaine-Euskadi pour une durée de 3 à 30 minutes.  Le nombre d’élèves intéressés (maternelles et primaires) est passé de 760 à 860 et dès l’an prochain, collégiens et lycéens participeront au programme.

– Les partenaires de l’an dernier reconduisent leur soutien actif: L’Institut Culturel Basque, qui, à travers l’outil cinéma, développe une action constructive en faveur de la distribution de films en euskara, la Ville d’Hendaye dont la position frontalière définit un réel engagement en faveur du métissage culturel et le Conseil général, auxquels se joint l’ECLA. Des sponsors privés apportent également leur contribution, à l’instar du Centre de Thalassothérapie serge Blanco qui héberge tous les jurés de la compétition. Budget de cette année? 26 500 euros sans compter les bénévoles. Alors suivez nous à la découverte d’un événement unique!

Nino Kirtadzé( Nino Kirtadzé, présidente du jury international)

Une programmation de haut niveau

2 jurys se partagent l’honneur, et la lourde tâche, de primer 2 films.

– Nino Kirtadzé , georgienne de Tbilissi, préside le jury international. De formation littéraire, elle s’essaye, avec succès, à l’éciture scénaristique avant de devenir correspondante de guerre pour l’AFP et Associated Press. Arrivée en France en 1997, elle signe de nombreux documentaires long métrage sur des sujets difficiles sans se départir d’une sensibilité étonnante et fine. Largement reconnue dans sa démarche de cinéaste elle est membre de l’Académie Européenne de Cinéma. Elle intervient comme tuteur, jurée ou consultante dans plusieurs formations cinéma à l’international. A ses côtés, Bernard Debord, historien, écrivain et cinéaste, largement engagé dans la défense des droits de l’homme, Marie-José Castaing, spécialiste des sociétés et cultures d’Espagne et d’Amérique Latine, enseignante et journaliste très impliquée dans différents festivals cinéma ibériques ou latino américains. Un trio de chic et de choc pour 11 courts métrages. Voir liste et horaires de diffusion sur www.hendaia-film-festival.com ethttp://euskara.hendaia-film-festival.com/

– Marc Armspach, dit Marko, relève le défi pour la compétition Aquitaine Euskadi. Maître d’oeuvre de films d’animation pour la télé et le cinéma, il excelle également dans la BD (Agence barabare, les Godillots, notamment). Il est entouré de Christel Noir, productrice de spéctacles, scénariste, peintre et sculptrice sous le nom de Soÿ, d’Enrique Santiago Rodriguez, directeur d’art dramatique et cinéaste, de Laurent Ferrière, photographe et photo-journaliste et Nuria Sayago, argentine designer de mode, actuellement coloriste pour des éditions de BD.

L’Institut Culturel Basque, fer de lance du cinéma en euskara

– Engagé depuis l’an dernier aux côtés du festival,  l’ICB développe des expériences pour promouvoir la distribution de films en langue basque. En liaison avec l’Atalante, un premier projet visait la diffusion de productions sur le réseau des cinémas art et essai en Iparralda. Résultat? l’exploitation commerciale d’un cinéma basque est possible. Une mission d’étude a donc été mise en place pour dégager les modalités de création d’une structure de diffusion de ce cinéma très spécifique avec consultation d’organismes décisionnaires tels que le CNC, l’ECLA, les institutionnels ou des distributeurs parisiens. A terme, il s’agit bel et bien de constituer un catalogue de films prêts à la diffusion.

– L’ICB est également intervenu dans le concours de courts métrages en euskara pour définir un thème porteur, la volonté de vivre en euskara (faire en sorte que ceux qui pratiquent la langue puissent la vivre librement au quotidien et que ceux qui ne la parlent pas puissent l’apprendre) . En cela l’Institut rejoint bien des manifestations actuelles telles que Mintzalasai (voir article sur le site).

Marc Armspach(Marc Armspach, président du jury Aquitaine Euskadi)

Les événements associées

– En marge du festival, à Mendizolan, des artistes présentent leurs oeuvres. Clélia Ventura, fille du grand Lino, très proche, par son histoire familiale et son parcours, du cinéma, expose des toiles dont chacune a son histoire à l’instar d’un bon scénario. Regina Engel, peintre et sculpteur d’origine allemande, a planté ses racines depuis des années dans le sable et les pins de Labenne Océan. Très sensible au courant Bauhaus, elle propose des sculptures aux lignes abstraites, épurées mais non dénuées de fantaisie. Bernie Artcore nous vient de Biriatou et d’Hendaye. Graphiste de génie il nous dévoile une oeuvre éclectique très ouverte sur le monde. Enfin, Veronika Jorquera Donoso, péruvienne, nous plonge dans un univers photographique empli de portraits du quotidien, chargés d’émotions.

– Le concours Euskaraz Bizi Nahi Dut, on vient de l’indiquer, a pour thème vivre en euskara. Il sera supervisé par Paul Bilbao-Sarria, secrétaire général de Kontseilua.

Eduardo Manet(Eduardo Manet, président du festival)

– Enfin, comment vivrait un festival sans musique? Le groupe H- Eden s’est formé autour de Maddi Zubeldia, auteur-compositeur et interprète, de Xano Urtxegi à ‘accordéon, et Txomin Arizaga à la guitare, auxquels sont venus s’ajouter Unai Zubeldia (buzuki et flûtes), Iñaki Officialdeguy (percussions), et Antton Arrizabalaga (piano).Le groupe présente son premier album « hamaika aztarna » (empreintes) de pop-folk, composé de onze titres originaux, en euskara, espagnol, français et anglais, à l’enregistrement duquel ont collaboré, en plus de H-Eden, des musiciens amis comme Arkaitz Miner au violon, Urko Arozena aux percussions, Christophe Sangla à la guitare, Nahia Zubeldia pour les voix. Ils feront l’ouverture du festival. En clôture, l’Orchestre Intercommunal d’Harmonie interprètera un riche répertoire allant du classique à la musique basque en passant par le jazz ou la variété. 50 musiciens, de Saint Jean de Luz à Hendaye, dirigés par René Zugarramurdi.

NB: L’affiche est signée Marine Vallée à partir des photos d’Angela Méjias et la communication est assurée par l’agence XM de Biarritz.

Bon festival à tous!

Catherine CLERC, magmozaik64200@gmail.com

 

 

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