Coups de coeur

Published on décembre 12th, 2014 | by MagMozaik

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Quand le verre se drape en habits d’art…

Les Mozaiks que nous sommes butinent d’art en art dont les formes, les inspirations et les techniques complexes aiguisent notre passion pour la créativité. Peintures, sculptures, collages, art global, dessins mais aussi mosaïques ou travail sur et à partir du verre, ce matériau brut et cristallin qui diffracte tant la lumière mais qu’il faut dompter avec délicatesse pour lui donner ses courbes et ses multiples visages colorés. Une matière qui ne s’en laisse pas si facilement conter , qu’il convient de dorloter, de réchauffer et de façonner pour lui insuffler des volutes colorées ou lui créer, à l’instar des grands couturiers, de somptueux habits d’élégance fine. En faire des stars chatoyantes, tel est le quotidien de Catherine Bosser qui, à travers ses oeuvres, nous a dévoilé toute la complexité et la minutie de ses compositions, réalisées en liaison avec une autre artiste, Dounyo Montbazet qui complète sa partition en pièces sur mesure, virevoltantes et parfois un brin décalées dans la fantaisie du mouvement. Petit voyage dans l’imaginaire du vitrail et d’objets uniques

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création verre Dounyo Montbazet, peinture Catherine Bosser

Le verre top model!

– Un créateur de haute couture choisit ses modèles, des corps qui vont inspirer sa ou ses collections. La muse de Catherine Bosser se prénomme Dounyo Montzabet qui lui sculpte les supports de son art, selon ses envies et son talent. Une belle osmose entre 2 créatrices dont l’une forge l’ossature tandis que l’autre lui dessine ses habits de lumière. La beauté du verre mise au service de la couleur et de l’image inventée. Tel se profile ce duo magique: l’une travaille le verre, à la pince, en courbures et formes atypiques, des coupelles aux vases, des pots aux verres effilés… L’autre leur donne une vie, un sang multicolore, émaillé de feuilles fines d’or, de cuivre, peu ou prou oxydé,  ou d’argent et de vernis, en de tourbillonnantes créations aux riches palettes, mobilisant une multitude de techniques différentes, une infinité de nuances et de matières  colorées, pour aboutir à des vitraux ou des objets du quotidien qu’on n’ose même plus utiliser tant ils deviennent uniques et oeuvres d’art, de peur de les abîmer! Une carafe pour un St Emilion? Etudiée pour valoriser le nectar bien sûr! Une autre pour un breuvage plus léger? Il danse dans les nuances légères du récipient qui l’accueille… Des assiettes dont on ne sait plus s’il faut déguster le contenu ou le contenant tant la délicatesse vous envahit. Des coupelles marbrées qu’on n’ose remplir de crainte d’enlaidir leurs arabesques.

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– Tout dans cet atelier est plaisir des sens: le toucher avec ces petites billes de verre, ces putoisages plus ou moins rugueux, ces verres dépolis à l’acide, ces contours en relief ou non; l’odorat ensuite avec ces senteurs de 6 à 7 variétés de peintures, ces essences, ces vernis, cet attirail d’éponges et de pinceaux fins ou biseautés; la vue bien sûr avec ces volutes de couleurs vives, argentées, dorées, ivoirées, marbrées qui dansent et composent un ballet unique sur chaque pièce au gré d’une artiste chorégraphe; l’ouïe enfin avec le son du verre qui se choque doucement et de la voix musicale de la créatrice, en parfaire harmonie avec ses oeuvres… Que du bonheur dans cet atelier où Catherine Bosser donne aussi des cours pour que chaque élève (pas plus de 4!) se fasse plaisir : 200 euros le trimestre, tous les lundis de 14 à 17h00 (fournitures incluses).

Minutie et complexité des techniques!

On est bien loin, ici, des simples toiles, de l’aquarelle, de l’huile ou de l’acrylique!! le verre ne se laisse pas apprivoiser aussi facilement! A l’instar de la création de bijoux, il nécessite une infinité de techniques subtiles et précises qui se mêlent les unes aux autres selon le résultat souhaité ou imaginé.

– A la base le travail au pinceau de 2 manières: A la goutte,  qui consiste à lier de façon fluide la peinture, ou au pinceau pour des effets nuancés en fondus ou dégradés de couleurs. Se superposent une multitude de techniques pour obtenir différents effets qui, juxtaposés sur une même pièce, donnent des oeuvres étonnantes par la diversité des textures et couleurs.

– Les fondus à l’essence: Le support de verre est enduit de térébenthine selon un mouvement qui déterminera ensuite celui de la peinture. La couleur est ensuite appliquée et le contact des deux matières produit des effets de dilution particuliers . Une belle alchimie qui permet des créations tout en douceurs estompées.

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Le Printemps. Effets de fondus à l’essence

– Le froissé on adore! vous mettez de la peinture sur un support ou plusieurs teintes que vous entremêlez selon vos envies. Vous prenez du film alimentaire que vous froissez et que vous appliquez sur votre composition colorée. Comme un tampon encreur vous appliquez ensuite le film sur le verre, une ou plusieurs fois (report de froissé!). Vous pouvez renouveler le processus avec différentes couleurs surimposées au précédent motif obtenu… C’est magique!

– La peinture coulée ? C’est l’imagination laissée à la couleur qui drape la pièce, guidée par l’artiste. Un fois les teintes séchées, le produit contours permet de mieux définir les dessins obtenus en les soulignant d’un trait noir ou de couleur. Un produit que l’on peut mieux ciseler et préciser avec une plume ou un simple pique olive, juste pour rectifier le tableau obtenu et le mélange aléatoire des nuances.

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le froissé

– Autre technique subtile, le putoisage, au pinceau biseauté ou à l’éponge (différentes textures possibles selon le degré de finesse ou de nervosité souhaité), drapée d’un fin textile semblable aux bas de soie (et oui mesdames!!). Une infinité de bulles apparaissent sur la couleur selon la force avec laquelle vous tapotez. Ensuite vous pouvez, avec un cutter, gratter pour obtenir tous les effets souhaités et recouvrir d’un peinture qui s’incrustera dans vos rayures diverses! Pas très visuel me direz vous, mais il faut savoir que tout se fait à l’envers et que vous retournez ensuite la pièce de verre pour obtenir un résultat splendide! Comme une sorte de tarte tatin mais dans l’autre sens!

– Les feuilles de métal, plus fines encore que du papier à cigarettes, permettent des compositions lumineuses et mordorées: or, argent, cuivre, sans compter les peintures pailletées, tout est possible pour faire jaillir la lumière et la féérie.

– Le marbrage fait appel à une logique physique élémentaire. Vous prenez une peinture épaisse, adaptée à cette technique, dont vous versez quelques gouttes dans de l’eau. Vous remuez et plongez une pièce dans le mélange. Il en ressort marbré car la couleur n’adhère pas partout et de façon différente. Plusieurs bains dans de multiples couleurs et vous obtenez une superbe marbre coloré, irisé… Bref une merveille!

– Enfin parlons craquelage! Le bitume de Judée est un produit utilisé par les ébénistes pour colorer le bois. Sauf que sur le verre il se craquelle! Un autre procédé permet un résultat similaire. Vous enduisez votre support de verre de médium à craqueler selon des mouvements qui définiront votre créations à venir et vous laissez sécher. Vous ajoutez la peinture qui va se craqueler automatiquement!

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Alors imaginez un peu: un petit mélange de dépolissage, de peinture à la goutte ou au pinceau, de froissé, simple ou en report, de petit grattage au cutter avec peinture dorée ou argentée appliquée ensuite derrière, de putoisage plus ou moins fin ou rugueux selon la texture du verre utilisé aussi, avec effets de bulles plus ou moins importantes, un travail à la brosse ou en double face, l’ajout de feuilles ultra fines de métal (or argent ou cuivre plus ou moins oxydé), un soupçon de peinture projetée, une once de bitume de Judée ou de peinture craquelée, du marbrage délicat et quelques ajouts de pâte thermo durcissante….. Oui c’est beaucoup mais choisissez parmi toutes ces techniques les variations correspondant à votre inspiration et vous verrez: le résultat est impressionnant! Attention cependant! Les produits sont rares en France et vous devrez souvent les commander par internet, principalement en Allemagne qui propose un bel éventail, notamment pour les vernis (que l’on peut aussi froisser) et les couleurs, différentes selon les techniques utilisées, sans parler des billes de verre… Mais rien de simple dans toute cette affaire! Le talent ne s’improvise pas et Catherine Bosser en garde le secret!

 www.catherinebosser.com

Catherine CLERC, magmozaik64200@gmail.com

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