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Published on janvier 14th, 2018 | by MagMozaik

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Quand l’art se vit au quotidien

Le 9 novembre 2017 s’ouvrait à Bayonne un nouvel espace insolite, Ateka Studios, qui réalise une étonnante et intelligente interconnexion entre l’art, diverses animations culturelles et l’entreprise. Une démarche de plus en plus suivie qui incite les artistes à partir à la rencontre de leurs publics et non plus l’inverse en de multiples variantes.

Quand se croisent art, culture et entreprise

Ateka, société née il y a 30 et basée sur Paris dispose désormais d’une antenne rue Port Neuf. A la barre? Deux Bayonnais: Jean-Dominique Daraniès et David Couget qui dirige un espace qui fleure bon l’histoire patrimoniale et symbolise bien l’activité de l’entreprise. Restaurer, réaménager, rénover voire construire des locaux commerciaux ou des habitations en respectant les contraintes architecturales de bâtiments classés monuments historiques tout en les revisitant en mode design opérationnel,  tel est le coeur de cible et le challenge insensé d’Ateka qui propose, clefs en mains à ses clients des prestations de A à Z, de l’accompagnement administratif à la décoration intérieure en passant par la conception architecturale et le suivi des travaux. Des compétences qui les positionnent d’emblée en interfaces entre leurs clients et les artistes dont les oeuvres peuvent aisément trouver leur place au coeur du quotidien de professionnels ou de particuliers sans avoir à faire la démarche, pas toujours évidente, de visiter une galerie d’art ou un musée. Un flux de clientèle pointu, exigeant, lié à un regard artistique aiguisé évident? Il n’en fallait pas davantage pour que s’impose la configuration d’Ateka en une rue des plus habitées, dans son architecture et son patrimoine gastronomique, par l’histoire de Bayonne, comme une véritable vitrine de ses activités et de ses passions pour l’art. Au premier étage s’ancre le noyau créatif de l’entreprise, immergé dans un univers artistique en résonance avec la galerie du rez de chaussée dont elle se veut mécène. L’une et l’autre sont étroitement imbriquées en des ambitions communes: valoriser les artistes mais aussi leur offrir une passerelle pour rencontrer au quotidien, dans leurs lieux de vie, leurs publics acquis ou potentiels. Ateka finance cette galerie atypique qui ne se contente pas d’exposer des oeuvres mais sait aussi attirer vers l’art des publics neufs à travers, certes sa clientèle reçue qui passe par l’espace d’exposition, mais aussi de multiples animations telles que lectures poétiques, concerts, projection de courts métrages…le tout en collaboration étroite avec les commerces goûteux environnants, experts en l’art de la chocolaterie ou de la viennoiserie.

Des rapports à l’art réinventés

Un lieu pour le moins novateur qui s’inscrit dans la récente lignée d’initiatives locales imaginées sur des registres identiques. Un espace qui repense à nouveau le rapport à établir entre les artistes et leurs publics dans des démarches de découverte à réinventer en urgence pour que l’art s’intègre résolument dans le vie de chacun, cessant de fait d’être juste une vitrine que l’on n’ose pas toujours ou que l’on a pas forcément envie de balayer du regard. Nous sommes de plus en plus convaincus que les modes de séduction entre une oeuvre et celui ou celle qui lui correspondra vraiment ne passe plus guère désormais par cette étrange juxtaposition entre des visiteurs de galeries qui effleurent juste quelques expositions en un étrange  mouvement furtif de deux flux qui ne se croisent jamais dans l’éphémère de visions. La séduction, l’accroche, passent par la présence d’une ou de quelques oeuvres dans des endroits du quotidien où on ne les attend pas et qui vous surprennent: Une chambre ou un salon d’ hôtel, une entreprise, un bar, un restaurant…partout où d’improbables et alchimiques rencontres se produisent, où le regard s’attarde sur un tableau, une sculpture, une photographie, une performance artistique, juste le temps de déguster un café, un thé ou un cocktail, l’espace intime d’une détente de fin de journée…Ce peut être aussi chez soi où s’invite l’art en créations louées, le temps d’apprivoiser seul(e) une oeuvre que personne d’autre ne regarde, au petit matin ou le soir. Une invitation que l’on peut lancer à d’autres oeuvres si la séduction n’aboutit pas à l’appropriation définitive… Convier l’art dans la vie de chacun, tel est l’objectif d’Ateka mais aussi d’Art’Is qui l’introduit, tout en subtilités, dans l’univers des entreprises ou de particuliers collectionneurs. A l’inverse, bien des galeries se transforment en lieux conviviaux où déguster de délicats thés ou cafés accompagnés de pâtisseries artisanales. Le Microcosme en est l’exemple parfait et pionnier. une palette de saveurs, fragrances, formes et couleurs dont le tourbillon séduit bien des établissements d’ambiance feutrée dont l’art reste l’un des acteurs essentiels d’attraction. Le Silhouette, le Café Cosi ou le Palacito à Biarritz par exemple le prouvent à l’envie qui savent faire de l’art et de la culture des éléments essentiels à l’équilibre de vie de chacun, ou d’autres qui convient la poésie, la musique ou les installations artistiques à leurs moments privilégiés de découverte et de détente au quotidien toujours. La multiplication de tels endroits démontre combien le public, exigeant, raffole de ces rencontres impromptues qui viennent à lui, au détour d’un instant furtif de rêve. Ni les lieux ni les artistes ne s’y trompent qui s’immiscent en douceur dans les regards de chacun, happés au hasard d’une pause en solitaire, en amoureux ou entre amis. Un salon d’hôtel, un bar d’ambiance, un magasin où s’attarder pour la beauté des objets, une librairie où les partitions de mots vous entrainent, au festin Nu, à Elkar ou à Bookstore, un restaurant où votre silence, votre quiétude se font luxes inouïs, une galerie gourmande où vos petits déjeuners ont une saveur particulière…Autant de bribes de vie où s’insinue l’art sans crier gare, laissant son empreinte en votre mémoire de tranquillité comme si quelque chose d’indispensable ensuite vous manquait. Il est là l’avenir des artistes, dans ces rencontres provoquées à votre insu mais ô combien magiques et qui rendent bizarrement si heureux et détendus après, comme une énergie inattendue qui colore la grisaille de vos journées ou de vos nuits.

Lorsque nous avons déboulé à l’Ateka, une transition d’artiste s’opérait sous l’oeil vigilant de Thibault Tourmente qui gère la galerie. Lui-même créateur, il travaille sur des assemblages d’images qui font autres les regards et les réalités, passant de recherches sur les identités ou les corps meurtris aux territoires sans identité ou aux réflexions sur les processus de création. Nous reviendrons un jour vers son oeuvre incroyable. Et puis débarque David Joly, ami de longue date des deux entrepreneurs, qui inaugura le lieu tout en exposant à la Crypte Sainte Eugénie. Nous nous en fîmes un large écho pour ses représentations picturales étonnantes de l’intolérance, du rejet de la différence et des mythologies mondiales revisitées. Du jeudi 11 janvier au 24 février, lui succède Benoit Pingeot, homme aux mille facettes d’inspiration très mystique qui nous offre, en un « autre fruit », ses dentelles fines de dessins poétisés, d’installations  et de peintures. Une complexité de paradoxes à découvrir.

Ateka studios, 20 rue Port Neuf à Bayonne, www.atekastudios.fr

Catherine CLERC, magmozaik64200

Photos Catherine CLERC

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