Coups de coeur

Published on juillet 24th, 2017 | by MagMozaik

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Pianissimo, fortissimo… L’élégance à l’état pur

Quoi de plus jubilatoire qu’un Festival en notes, de piano classique de surcroît, qui réussit à jeter l’ancre d’un navire tumultueux sur nos rivages biarrots avec à son bord un équipage de virtuoses jeunes, inventifs et fidèles et à sa barre un compositeur-interprète de talent, Thomas Valverde, créateur imaginatif de bien des événements musicaux d’excellence? Du 31 juillet au 9 août, la 8ème édition de ce rendez-vous désormais incontournable investit la ville entière en une programmation toujours plus ambitieuse et genres de plus en plus diversifiés.

Outre le fait d’être un maître d’oeuvre de festivals étincelants de diversités et de transversalités, d’être un pianiste virtuose surdoué, Thomas Valverde est également un compositeur dont les créations époustouflantes n’hésitent pas à emprunter des chemins de traverse en instrumentations où piano et électronique subtile fusionnent sur des thèmes poétiques et parfois même épiques, tel son fameux « Beyong the run ». Comme tous les musiciens de sa génération, attentifs à toutes les ouvertures contemporaines, et souvent d’avant-garde, à l’art, à la vidéo, à l’image, aux multiples manières d’interpréter les fondamentaux et à la diversité des styles de musique, du baroque au jazz en passant par le romantisme, il a réussi en 8 ans, à travers un seul instrument majeur, le piano, à fédérer des talents d’une richesse inouïe en phrasés de diversités infinies. Il a réussi, au fil des opus, à nous faire découvrir des imaginaires tissés en partitions, puissantes, élégantes ou subtiles et délicates, presque fragiles, mais aussi à propulser sur le devant de la scène biarrote jusqu’à l’international de très jeunes virtuoses en herbe. Beaucoup d’entre eux reviennent désormais rendre hommage au festival par fidélité et respect, tel Evan Shinners, un habitué dont la présence artistique sur la ville ne se limite plus à cette manifestation. Pour l’heure, il participe encore une fois à cet événement qui illumine la saison estivale biarrote. 

8 ans, l’âge de la maturité? Avec un budget de 145 000 euros et autofinancement fort, 5000 spectateurs mélomanes attendus sur 3 lieux recentrés sur la ville, en attendant d’autres magnifiques espaces en prévision pour l’an prochain tel le Cloître de Bayonne, des médiations avec les organismes sociaux pour un accès plus large à la culture musicale, des tarifs abordables eu égard aux pointures accueillies, ses accueils conviviaux du public en « petits déjs » et « cocktails » festivaliers pré-concerts, ses ouvertures au conservatoire de musique et aux expositions artistiques et ses partenaires d’excellence, tel Oteiza, le festival s’assure aujourd’hui une implantation puissante au coeur de l’été. Un festival centré autour de la Rotonde du Casino Bellevue, lieu historique et emblématique de créations et révélations de jeunes talents d’envergure internationale. Bien des étoiles montantes ou confirmées en têtes d’affiche seront au rendez vous, de Khatia et Gvantsa Buniatishvili à Fazil Say, de Simon Ghraichy à Evan Shinners ou de Lukas Geniusas à David Virelles. Des concerts ponctués de belles rencontres avec en prime un piano revisité par Xavier Bontemps et François Desmarchelier dans leur atelier bayonnais, prénommé “Walk in time”, qui se donne la voilure d’un navire emporté par les vagues de musique.

Arrêtons nous un peu sur cette expérience de passions partagées entre un mélomane, artiste de meubles design aux épures magnifiques, et un facteur-restaurateur de piano près de Bordeaux. Piano à queue 3/4 Seiler, à l’abandon à Rouen, acheté il y a 3 ans. Le challenge? En faire une oeuvre d’art opérationnelle à lancer dans les flots de notes, de concert en concert, de virtuose en virtuose. François Desmarchelier et le designer Renaud Schaeffer imaginent les courbures du navire, élancées, élégantes, nerveuses où doit s’engouffrer le souffle somptueux des cordes restaurées par Xavier Bontemps. Fin 2015, l’ancre est levée pour des horizons musicaux dont se nourrit la seconde vie du piano. L’espace de quelques jours, ce joyau se posera sur le Casino Municipal , prêtant ses touches à qui voudra les faire vibrer avec délicatesse. Une création majestueuse qu’il sera néanmoins difficile d’approcher à moins de l’apprivoiser en notes.

3 lieux orchestrent les concerts avec, en point d’orgue le lieu historique qui fit naître et grandir le festival, le Casino Bellevue où désormais le piano siègera au centre de la Rotonde, pour accueillir 5 têtes d’affiches grandioses à 21h00. En ouverture, le 31 juillet, Gvantsa et Khatia Buniatishvili, entre grâce délicate et flamboyance ample convieront à 4 mains Rachmaninov. Le 3 août, nuit Mozart sous les doigts impétueux de Fazil Say, immense artiste turc engagé qui vit et respire la musique de Wolfgang Amadéus dans toutes ses fibres émotionnelles. Sonates 10, 11, 12 et 13 vous enchanteront autant que la fantaisie en Do Mineur de ce génie. Le 5 août, moment de respiration métissée avec Simon Ghraichy, pianiste libano-mexicain aux accents profonds d’Albéniz (on attend Asturias avec impatience juste pour la chair de poule!), notamment. Une fausse légèreté toute en fougue et passion, look aux dreadlocks en prime! Autre prodige le 7 août, histoire de revisiter un genre méconnu et pourtant bien subtil que sont les variations autour de thèmes donnés. Kit Armstrong nous propose une balade en inflexions délicates en compagnie de Byrd, Haydn, Mozart, Beethoven, Schumann et Liszt. Enfin, en clôture, le 9 août, les tourments de Chopin nous transportent sous le toucher expressif et puissant de Lukas Geniusas pour une nuit en 12 études ciselées sur le fil d’un talent incandescent.

Que serait le piano sans son écrin de l’hôtel du palais? 2 concerts s’y tiendront les 1er et 8 août, en des styles bien différents mais néanmoins d’excellence. Kotaro Futuma, de Chopin à Satie, en un grand écart chic et choc, tout en puissance et légèreté à la fois, puis la coqueluche jazzy David Virelles, jeune pianiste cubain qui sculptera les demain du jazz à n’en point douter, dans les tessitures chaleureuses et aventurières de ses interprétations.

Mais l’originalité et la fraicheur prendront résidence au Casino Municipal, salon Diane, qui accueille des formules  très conviviales de rencontres entre artistes et publics, à travers des petits déjeuners et cocktails de festivaliers où échanger moult impressions de concerts avant de s’enivrer de musiques impromptues. Top départ en violoncelle et piano le 2 août à 11h00 avec Sebastian Van Kuijk et Thomas Valverde pour 2 pièces de Debussy et Zyman, en prélude à quelques compositions originales jazz pop du duo, tout en luminosité et expérimentations. Le 5 août, Lutxi Nesprias nous entraîne avec nervosité dans cette Amérique latine qui fit s’épanouir Ginastera et Lugeti. Le 6, Alexandre Kantorow s’enflamme entre Bartok, Brahms et liszt, tout en impétuosités. Enfin le 8, Naïra Badal et Adélaïde Panaget, alias le duo Batetok, libèrent le vent d’un Est hongrois ludique et jubilatoire. Le soir, tenue de cocktail ! Tristan Pfaff la joue impertinent le 2 août, entre Scarlatti, Wagner et Liszt. Le 6 août enfin, comment résister à notre chouchou Evan Shinners, si souvent croisé, électron libre de créativité absolue et fantasque, réincarnation d’un Bach insolent qu’il nous livrera en 15 inventions sans se départir de ses improvisations inventives? Un petit bijou de talent pur à ne pas manquer! Une bourrasque de créativité et d’originalité à découvrir et vivre de toute évidence que ce festival atypique dont chaque édition nous enchante.

Pour toutes informations et réservations: www.festivalpianoclassique.com

Catherine CLERC, magmozaik64200@gmail.com

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