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Published on septembre 28th, 2017 | by MagMozaik

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Petites balades architecturales

L’etxea on le sait, sur notre territoire, est le point d’ancrage fort où se sculpte l’identité d’une famille, se cisèle sa lignée. Un port d’attache garant des traditions et d’une culture où la femme impose son pouvoir matriarcal originel, en dépit d’une image chrétienne bien ultérieure et machiste qui voulait que les hommes aient  force de loi. Mais on nait basque par la mère, non par le père! Après Bordeaux, Sare et Bayonne, Dominique Duplantier nous entraine en une architecture luzienne à couper le souffle.

Ces maisons-là, ces immeubles-là, dessinent nos paysages, nos villages, nos villes comme autant de témoignages historiques et patrimoniaux incrustés en pierres, styles, couleurs, au coeur d’une culture qui a su se moduler au gré des évolutions économiques, industrielles, politiques ou sociales au fil de siècles et de siècles, se métissant parfois, sans jamais se perdre, avec quelques modernités nécessaires et subtilement apprivoisées en termes d’architecture dont les influences extérieures subtiles alimentent des fondations solides qu’on penserait immuables. Historien dans l’âme et artiste virtuose du dessin, en traits furtifs, fins et délicats qui suggèrent tant de vies et de secrets enfouis derrière tant de murs, Dominique Duplantier s’est pris au jeu de « photographier » à sa manière, au fil de ses crayons, ces architectures multiples qui font l’essence même de nos territoires, de Sare à Bordeaux, en passant par Saint de Luz aujourd’hui. Epures troublantes et vibrantes que ces maisons, ces graciles alignements d’immeubles le long de quais grouillant d’une vie qu’on devine, à peine suggérée sur le fil de l’émotion et du regard transcendant de l’artiste. Sa vision tout en prismes, liant l’histoire, la culture, les contextes techniques ou économiques propres à chaque époque nous entraine dans un univers de forte douceur, de sobriété exubérante et de silences assourdissants entre façades et intérieurs flamboyants de fierté. Toute cette complexité du Pays basque ou de la bourgeoisie bordelaise se lit, se touche du bout des souvenirs propres à chacun, en ces forteresses somptueuses d’élégance, si puissantes que leur évocation presque diaphane et suggérée suffit à laisser sourdre la vie incandescente, ombrageuse, car rien de ce qui se vit dedans ne transpire dehors en apparentes plénitudes ourlées de blanc, de rouge ou de vert, dans les interstices boisés.

Dominique Duplantier a connu bien des parcours escarpés de la BD à la caricature satirique politique avant de se laisser happer par la rigueur poétique de l’architecture, ce témoignage historique et culturel unique, dès 1989. Sa rencontre avec Francine Callède, scelle alors une collaboration unique avec celle qui donnera à ses traits les couleurs de la vie. Mais il fallait un écrin sur mesure pour sertir, dans l’excellence, de tels talents. Ce sera chose faite avec Cairn tout d’abord puis, décidément Koegui dont l’exigence éditoriale et la qualité des impressions collent à leurs envies d’ériger la beauté en critère majeur qu’impose notre territoire. Mais le dessin, aussi sublime soit-il en fines teintes et plume ne suffit pas! Encore faut-il l’accompagner de textes d’experts, en écho des esquisses, qui feront sens, par leur connaissance historique des endroits revisités à l’aune de leurs imaginaires néanmoins fidèles aux structures originelles. Sur ce 4ème opus, présenté du 16 septembre au 8 octobre à la Villa Duconténia de Saint Jean de Luz, le tandem conjugue les mots de Nicolas Guériaud-Sorçabal et Jean-François Larralde en version bilingue (français et basque).

Un ouvrage en souscription  pour deux éditions en tirage limité. 160 pages textes et dessins en noir et blanc et couleur 30×24,5, dont 60 exemplaires numérotés en reliure cuir. Souscription en mécénat organisée par l’association Giltzarri pour l’acquisition des dessins originaux au profit de la ville de Saint Jean de Luz, ouverte jusqu’au 30 juin 2018. En pré-achat: 200 euros l’ouvrage plein cuir et 40 euros l’ouvrage en reliure cartonnée.

Pour davantage d’informations: Sophie Cazaumayou, www.editions-koegui.fr et pour les souscriptions: giltzarri.asso@gmail.com

Villa Ducontenia Saint Jean de Luz, entrée libre.

Catherine CLERC, magmozaik64200@gmail.com

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