Festivals

Published on août 8th, 2015 | by MagMozaik

0

Petite histoire de Bastions et Remparts, Opus 1

Quand l’art contemporain investit les forteresses de Bayonne, tout un imaginaire créatif revisite et repense une riche histoire patrimoniale en oeuvres dont les partitions se jouent en notes subtiles où temps et mémoire se télescopent en une dimension actuelle qui fait sens sur un mode ludique, sensuel et kaleidoscopique! François Lousteau, commissaire d’exposition et directeur de La Maison nous a habitué à cette manière conceptuelle, quasi philosophique, d’inscrire l’art dans un contexte temporel vivace. Un ancrage entre passé et présent qu’incarne aujourd’hui l’exposition “Bastions” accueillie au DIDAM, du 7 août au 20 septembre (du mardi au dimanche de 13 à 19h00).

Un challenge étonnant

De part et d’autre des Pyrénées, notre territoire,  plus particulièrement Pampelune et Bayonne, porte en son architecture, du néolithique aux bunkers contemporains, les traces patrimoniales d’une riche histoire mouvementée et ô combien belliqueuses. Camps romains, forteresses médiévales, remparts du XVIIème siècles, fortifications et bastions napoléoniens… Tout vibre d’édifices guerriers ou défensifs dont les casemates, anciens postes de surveillance, enferment encore les odeurs de poudre. Aujourd’hui, ces vestiges qui nous rappellent encore la violence des guerres de nos jours, François Lousteau a décidé de les détourner de leur sens premier pour les transposer, grâce au talent de multiples artistes sollicités, dans un univers pacifique. Bien des registres sont ici mobilisés: ludiques, poétiques, romantiques utopiques…

Une impertinence qui prend à rebours ces symboles guerriers désormais bien intégrés dans les paysages patrimoniaux et urbains, où la nature et la culture, sous toutes ses formes, se les approprie. Un panorama artistique insolite ponctué de visites commentées les 13, 29 et 30 août, et, à l’Autre Cinéma, d’une projection du “Désert des Tartares” le 1er septembre à 20h00 et, le 15 septembre à 21h00, d’un concert de Noveller avec videos d’artistes.

Petit florilège d'imaginaires

Irwin Marchal, artiste bordelais? Notre coup de coeur assurément! Voilà un artiste qui revisite, en mode sensuel les froids bunkers, dotés d’excroissances soyeuses aux fines couleurs pastel. Son approche érotique n’est pas sans nous séduire. Juan José Martin Andrés nous propose sa version du Peacemaker”, super héros faiseur de paix né d’une série de Comics américain des années 60-80, période où il fallait combattre pour imposer la paix! Son Mandala Bélico détourne avec ironie cette sublimation des armes vers une méditation salutaire. Avec Izaskun Alvarez Gainza (Bilbao), la féminité s’insinue dans la froideur des structures belliqueuses en des volutes roses de fumée, couleur qui, on l’oublie souvent, était avant les années 40, symbole masculin et guerrier. Etonnant! Miguel Angel Echauri nous offre un autre univers très minéral et austère où les traces architecturales fossilisées se fondent en toiles arides (La Tapia). David Brognon, dit The Plug, vit à Paris et au Luxembourg. Son truc? Inscrire des onomatopées dans une gangue de plâtre comme pour les assourdir…Sauf que le néon en garantit l’impact! Booum! Miguel Angel Tornero présente une intrigante photographie:” La Chica nos complica el verano”, comme un parallèle entre approche vers la femme et fortifications. Enfin, Claire Trotignon nous entraine vers de nouveaux paysages imaginaires composés, en sérigraphie, d’anciennes gravure, découpées et collées en de nouvelles structures comme des fortifications suspendues.

Inutile de vous convaincre d’aller en urgence voir cette exposition indispensable!

Pour toutes infos: www.bayonne.fr

Catherine CLERC,magmozaik64200@gmail.com

This Post Has Been Viewed 83 Times


Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Back to Top ↑