Coups de coeur

Published on décembre 9th, 2017 | by MagMozaik

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Patrice Bueno: la fusion des extrêmes.

Qui rencontre Patrice Bueno, sculpteur sur inox, pour la première fois est loin d’imaginer l’incroyable talent d’un homme tout en rondeur mais dont le pétillement des yeux dit toute la créativité et la sensibilité exacerbée. Une notoriété en irrésistible ascension que nous avons voulu comprendre.

Dentelles d’inox

Très vite attiré par le travail du métal il apprend vite à se spécialiser dans cette soudure dont les incendies fulgurants le fascinent et dont il mesure tous les possibles en malléabilité de métal et donc créativité. Voilà déjà 18 ans qu’il se consacre à cette passion, mais 10 ans officiellement en tant qu’artiste déclaré. En quelque 7 ans, il a enchaîné les expositions et les prix pour une oeuvre éclatante d’émotions multiples, glanant, au passage, une clientèle fidélisée ici mais aussi en France et en Europe, mais aussi affinant d’année en année son style vers davantage de pureté et de stylisation. Ses thèmes? Tout en émotions humaines avec la subtilité que peut offrir l’inox en infinies modulations. Des thématiques également nées de sa vie personnelle et de ses parcours jalonnés d’instants de tendresse ou de douleur, inscrits dans la mémoire de sa vie, de ses origines, de sa famille. Virtuosité, sublimation, transcendance, délicatesse et finesse absolues, une technique de haute précision, des mains d’or pour des diamants bruts ciselés au gré des messages qui disent toujours l’humanité sous toutes ses facettes de liberté. L’inox se fait arabesques flamboyantes, ludiques, féériques, elliptiques à l’extrême en symboliques qui ne sont pas de l’abstrait abscon. Vibrations fortes tantôt âpres, insolentes voire brutales comme des hurlements, tantôt douces et sensuelles d’extrêmes fusionnés en élégances impertinentes.

A travers des pièces lourdes associées à des partitions en fines dentelles d’inox, tout en contraste de rugosité et de fins polissages, il traduit ses imaginaires emprunts d’une humanité forte, digne et culturelle, en somptueuses et élégantes sculptures aériennes dont on se demande souvent, en cette fausse fragilité, comment elles tiennent en équilibre! Un passion qui en appelle à tous les sens et exacerbe inévitablement les envies de visiteurs de toucher ces formes et textures sensuelles, en rondeurs et flèches, en voluptés et aiguilles acérées suivant des inspirations de grande complexité que le métal parvient par on ne sait quel miracle stupéfiant à exprimer en une infinité de registres et facettes. Rarement, lorsque le message doit se faire plus doux ou sacré et transcendant, il intègre des matières différentes très complémentaires de l’inox, tels le marbre, l’acier ou le bois, en contrastes symbiotiques de touchers et de tonalités.

Voilà longtemps que nous suivons son travail et son évolution avec une admiration inconditionnelle mais sait-on seulement, derrière la vitrine, tout le travail que représente la conception et la réalisation d’une simple oeuvre? Des heures et des heures, entre imagination et haute technicité, passées à élaborer patiemment, selon les procédés adaptés à chaque morceau de l’oeuvre, chaque pièce en une infinités de phases alternant fusions et refroidissements, pontuées d’instants magiques de soudures précises, essentielles. Une technique que l’on appelle 3D, avec du métal Inox fondu et retravaillé en surface, pour donner l’aspect final qui va du noir au poli-miroir. A la base, des couches superposées délicatement de métal en forme de lanières successives auxquelles s’ajoutent peu à peu des éléments plus affinés qui donneront à l’oeuvre toute son sens, sa force et l’éventail de ses interprétations possibles. La matière? Issue de ferrailleurs prolixes en tôles et matériaux bruts.

Pour autant, l’artiste ne se limite pas à la composition de ses magnifiques sculptures puisqu’il s’adonne aussi à l’art de la peinture et, tout récemment, à de drôles de tableaux originaux qui ne s’inscrivent pas sur des toiles. A partir d’une armature en fer, il réussit à fixer ce qu’il appelle des « croûtes » de peinture en une forme très aérienne et étonnante de tissages aux virtuosités colorées pour le moins libres. Les formes dansent dans l’espace, bien que conçues en 2 D avec reliefs, s’adaptant aux formes de cadres choisies et créées par l’artiste, si l’on peut alors parler de cadres conventionnels tant ils font partie intégrante des oeuvres. C’est subtil, vaporeux et tout en dynamisme dopé à l’énergie pure. Un résultat « émouriffant » (émouvant et/ou ébouriffant!) que le regard caresse comme une dentelle qui défierait les lois de la gravité ! Une exploration inédite dont les mouvements tumultueux s’accordent à merveille avec l’apparente rigidité de ses oeuvres métalliques.

Un parcours remarquable

Né à Pau mais originaire d’Espagne, rien ne prédestinait Patrice Bueno à la sculpture et au travail du métal qu’une reconversion professionnelle lui permet d’aborder, quittant ainsi le métier de pâtissier. Basé à Salies de Béarn, il n’en est pas moins, dès 2010, un habitué de manifestations côtières, telles qu’Artha, Brouillarta ou les Remp’Arts où il remporte de nombreux prix, signes d’un bel engouement du public et d’une reconnaissance de ses pairs. Il n’en néglige pas pour autant d’autres expositions sur Pau, les Landes et Paris, en collectifs ou seul. En 2010, il fréquente pas moins de 8 expositions. En 2011, 9 manifestations où il décroche le prix de la ville de Biarritz au Brouillarta. 11 présences en 2012 avant d’aborder à Paris et en Suisse des marchés d’envergure en 2013 où il remporte à nouveau le prix de la ville de Biarritz. En 2014, 4 expositions avant d’enchainer en 2015 sur 7 manifestions qui lui valent le prix de la Ville de Biarritz et celui de la ville de Bayonne aux Remp’Arts. 11 expositions en 2016, à nouveau assorties de prix avant de virevolter en 2017 vers Hendaye ou St Jean de Luz, sur des sites prestigieux. Il expose aujourd’hui au musée Georgette Dupouy à Dax jusqu’à le fin décembre. Pour l’heure, n’hésitez pas à le rencontrer à l’Atelier 53 de ma rue Pannecau à Bayonne où il vous propose un florilège de ses créations sculpturales. Son rêve? Pouvoir enfin vivre de sa passion et s’y adonner à temps complet!

Patrice Bueno, www.patricebueno.com

Catherine CLERC, magmozaik64200@gmail.com

Photos Patrice BUENO et Mathieu CLERC

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