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Published on octobre 2nd, 2016 | by MagMozaik

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Palmarès 2016: L’émotion au rendez-vous!

Le Festival Biarritz Amérique Latine s’achève en un palmarès à la hauteur des ambitions de ce 25ème anniversaire. Sensibilité, sujets décalés et actes de résistance, volontaires ou fortuits, illustrent les choix des jurys, du public et des critiques cinéma qui se retrouvent sur la même longueur d’ondes en primant des films dont nous pressentions toute la force novatrice et poignante, construite sur des émotions à fleur de peau. Des options qui reflètent bien l’esprit de personnalités phares telles qu’ Alfredo Arias ou Roberto Matta mais aussi l’ambiance d’un village festif et sensuel qui a privilégié les rencontres précieuses entre musiciens, réalisateurs, comédiens ou écrivains, mais aussi artisans ou danseurs avec un public dont l’attachement à ce festival se renforce d’année en année et pour lequel, il faudra bien, à très court terme, trouver des solutions d’externalisation pour résorber une fréquentation à la limite de l’engorgement !

Le film de clôture, hors compétition, reflète bien l’état d’esprit d’un festival très particulier puisqu’il signe le départ de son délégué général Marc Bonduel. Mais il souligne aussi la pertinence des choix de Lucile de Calan qui, des années durant, à présidé, avec finesse, subtilité et connaissance profonde des réalités sud américaines, aux sélections des diverses éditions. Nous la retrouverons l’an prochain bien sûr. “Gloria” donc, reste un chef d’oeuvre emblématique du chilien Sebastian Lelio, sorti en 2007 sur les écrans français, prémonitoire dans ses approches passionnelles et contradictoires des devenirs du Chili plus forts que ses désillusions.

 En catégorie longs métrages, Abrazo du meilleur film décerné à “A cidade onde envelheço” de la brésilienne Marilia Rocha, ou la rencontre de deux jeunes femmes en quête de leurs racines de vie réelles, entre Portugal et Brésil. Le prix du jury revient à “Aquarius” du brésilien Kleber Mendonça Filho, très attendu pour l’inepte censure qui le frappe pour 18 ans depuis cet été. Sonia Braga, très souvent appréciée ici remporte le prix d’interprétation féminine pour Aquarius justement, tandis que Alejandro Sieveking s’illustre pour le superbe film argentin El Invierno. Le public a plebiscité “El Amparo “ du vénézuélien Rober Calzadilla, l’histoire de deux hommes qui, à tort, sont accusés d’être des guérilleros quand ils n’ont fait que juste survivre à un massacre. Un film basé sur un fait réel de 1988. Les critiques de cinéma distinguent, quant à eux, “El Invierno” de l’argentin Emiliano Torres, âpre film de résistance contre la nature ingrate de Patagonie.

Côté documentaires, “Nueva Venecia”, magnifique témoignage de l’urugayen Emiliano Mazza de Luca trouve là sa consécration. Déchiré entre douleur et souvenir d’un massacre, un petit village tente, en acte de résistance, de se reconstruire en reprenant le contrôle de son lieu symbolique de rassemblement, le terrain de foot! Le public couronne la résistance culturelle chilienne avec “Exil-Sur-Scène”, film de Jean-Michel Rodrigo et Marina Paugam qui suit l’aventure d’exil en France de Oscar Castro, fondateur du théâtre Aleph et interné dans les camps de Pinochet. Deux mentions spéciales: “Damiana Kryygi “ d’Alejandro Fernandez Moujan sur la différence culturelle des peuples indigènes du Paraguay et le magnifique “Yo no soy de Aqui” de Maité Alberdi et Giedre Zickyté que nous avions récemment signalé.

Enfin, côté courts, Abrazo décerné à “El Eden” du colombien Andrès Ramirez Pulido sur la découverte, par deux adolescents un brin fantasques, d’une station thermale perdue au coeur de la forêt et lourde de secrets enfouis, l’Eden. “Rosinha”, ravissant petit bijou décalé du brésilien Gui Campos reçoit une mention spéciale, tandis que le prix TV5 Monde revient à “Caminho Dos Gigantes” du brésilien Aloïs Di Leo, petite perle d’animation sur le thème de la préservation des éco-systèmes.  Quant au Projet Lizières, il a décidé d’accueillir en résidence Andrés Ramirez Pulido (El Eden), pour son prochain projet “la Jauria”.

Un anniversaire décidément flamboyant, célébré jusqu’au bout de la nuit au village aux sons métissés et festifs du cubain Orbe Ortiz accompagné de ses dix musiciens colombiens.

http://www.magmozaik.com/entre-melancolie-et-flamboyance/

Catherine CLERC, magmozaik64200@gmail.com

Crédit photos: Photomobile

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