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Published on décembre 27th, 2017 | by MagMozaik

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Olentzero..oh oh oh!

Vous avez remarqué? En cette période de fin d’année, deux personnages mythiques se livrent quelques joutes sans merci qui symbolisent bien les inextricables influences historiques, culturelles et religieuses qui ont façonné notre territoire, au delà même d’être les parangons d’un certain consumérisme à outrance. Rassurez-vous rien de comparable dans ces affrontements avec notre Rocky légendaire!

Le Père Noël et Olentzero, puisqu’il s’agit bien d’eux, savent se tenir à la perfection en cette lutte néanmoins fratricide entre tradition judéo-chrétienne et us et coutumes basques! Côté business man de Laponie, entouré de ses lutins et de ses vaillants rennes, rien de bien nouveau sous les flocons, tant est universelle cette figure débonnaire que l’on retrouve, par on se sait quels curieux don d’ubiquité, de prodige technologique ou de dopage magique, partout dans le monde entier lors de la même nuit, sauf territoires interdits pour cause de religions contraires! C’est qu’il en a du boulot le pauvre, sollicité de toutes parts pour offrir prouesses sportives, réaliser des millions de photos avec les garnements, parader en tous lieux pour prouver qu’il existe et surtout préparer presque 24h sur 24 un nombre incalculable de cadeaux, sans parler des milliards de lettres que son service courrier a parfois bien du mal à traiter à temps! Une drôle de vie avec pic d’activité réduit digne des plus grandes multinationales (rhooo non pas Coca-Cola encore!). Pas facile je vous le dis, surtout avec des paroissiennes telles que moi qui lui demandent juste l’impossible parfois, style « Tu pourrais m’offrir la paix dans le monde, des gouvernements intelligents, compétents et humains, capables de s’entendre et de mener des politiques pour le bien des tous, éradiquer la faim dans le monde, les violences faites aux enfants et aux femmes, faire que le monde soit régi par un métissage de cultures et d’arts, faire de la liberté d’être et de se dire une loi internationale intransigeante, assurer une distribution équitable des richesses planétaires?…. » Bref je sais que ma liste est longue mais on peut y croire aussi à ce Père Noël là, vraiment universel dans le respect et la tolérance de tout ce qui vit sur Terre et qui ose le dialogue? A sa décharge, il vieillit notre bonhomme et ses lutins tombent parfois malades comme le rappelle très justement le film amusant d’Alain Chabat, sorti en ce mois de décembre. Et puis il a l’autre, cet énergumène descendu de ses montagnes, ce charbonnier muni de sa lanterne et de sa gourde bien remplie qui a décidé de suivre le rythme séculaire des cycles de saisons où la nature évolue pour nourrir les hommes et tirer son énergie des torrents, des arbres, des rochers ou des montagnes. Il vient se réchauffer dans les derniers frimas de l ‘hiver et profiter de l’hospitalité des uns et des autres, même si sa bouille noircie est sensée intimider les enfants. Il annonce le renouveau imminent, quand l’ours sortira enfin de son hibernation en janvier ou février prochains en moult carnavals, cavalcades, charivaris au son des sonnailles. Moi je l’aime ce bonhomme rugueux, ombrageux et pourtant si chaleureux quoique peu diseux. Il est notre solstice, notre rythme de vie qu’un récent CD de chants vient honorer, « Olentzero Kantuz », enregistrement d’un concert donné Salle Lauga en 2016 par 12 écoles de Bayonne, 3 chorales associatives, un groupe de danse et une chorale d’enfants (www.olentzerorenlagunak.eu)

Et puis- allez hop je donne de ma petite larme nostalgique- je ne peux m’empêcher de penser toujours à ces immenses artistes ou personnalités locales qui nous quittent tous les ans mais dont il est rare que leur esprit vive encore sous d’autres formes intelligentes, en transmissions de virtuosités magnifiques à de nouvelles générations créatives, ce qui n’enlève rien au talent des autres mais interroge sur le sens de vies consacrées à la musique, au cinéma, aux arts, au théâtre, à la littérature, au sport ou à la gastronomie . Merci à vous, Jeanne Moreau, monstre sacré mondial que vous fûtes avec générosité et flamboyance, pour avoir légué en cette fin d’année, tous vos biens et vos droits à un fonds d’accès des jeunes à la culture. Que votre voix rauque, autrefois pétillante et mutine, nous berce encore longtemps de vos impertinences, de vos insolences iconoclastes, de votre immense culture et de votre humanité vibrante. sur des airs de Miles Davis ou de Jules et Jim…Je vous verrais bien nous souhaiter longue vie, avec élégance, en compagnie de tous ceux que vous retrouverez là-haut, de Johnny à David Bowie, des mecs de Charlie à Desproges, de la Duras à d’Ormesson, de Jerry Lewis à Rochefort… La liste, somptueuse, reste infinie de tous vos amis ou rencontres improbables…Avec son entregent délicieux et son oeuvre culturelle pour sa ville nul doute que vous accueillerez dans votre cercle Peyuco Duhart, ce corsaire envolé parmi vous. Amusez-vous et veillez bien sur lui et sur nous. Nous guetterons la Caravelle dans les nuages!

Catherine CLERC, magmozaik64200@gmail.com

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