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Published on avril 1st, 2017 | by MagMozaik

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Oh…Les beaux Jours ! Opus 2

Après un premier opus de rodage en avril 2015, sculpté sur les sonorités de Richard Galliano et Ibrahim Maalouf, Le Festival « Les Beaux Jours » de la musique revient, du 12 au 16 avril, offrir à Biarritz 5 jours de concerts d’excellence où s’entrecroisent, en un magnifique ballet musical, immenses talents, styles de musiques et voyages, dans le temps et l’espace mondial, aux mille fragrances vocales et instrumentales.

Imagination et excellence au pouvoir

Etrange pièce que celle écrite par Samuel Beckett qui jouait allègrement sur les sonorités vocales et musicales en un cadre pour le moins original! Ce petit clin d’oeil illustre à merveille cette nouvelle manifestation d’exception qui accroit largement l’offre culturelle de Biarritz en mi-saison. De fait, Michel Veunac avait inscrit dans son programme municipal la volonté de faire revivre l’esprit d’un événement aujourd’hui disparu: « Les Fêtes Musicales de Mai ». Confiant en la personnalité créative, “extra-ordinaire” et talentueuse en diable de Thomas Valverde, déjà à l’origine du  « Festival International de Piano Classique » en août sur la ville, il lui confia derechef la mission périlleuse d’imaginer un programme musical, éclectique dans les styles proposés, tous publics, mais avec des musiciens et artistes de haut niveau. Après un premier opus « magifique » l’an dernier, surgit aujourd’hui, en 4 lieux distincts de la cité (Gare du Midi, Théâtre du Casino, Eglise Sainte Eugénie et Fronton Plazza Berri), le second opus de rencontres élaborées avec intelligence et émotion qui réussit le challenge d’édifier de subtiles passerelles entre musiques classiques et contemporaines, esthétiques différentes et arts numériques ou danse, étonnantes de constructions scénographiques très pertinentes.

5 partitions croisées revisitent, en 5 jours, 5 styles de musiques se jouant des époques et des influences du monde. 5 voyages dans le temps et l’espace, ciselés sur le fil de virtuosités métissées où se rencontrent, se télescopent des musiciens aux talents et sonorités d’exception. Un festival aux mille couleurs, aux mille nuances, aux mille notes subtiles, tour à tour cristallines, vibrantes, élégantes, passionnées, impétueuses ou tourmentées, surfant sur un registre d’émotions aux mille facettes. Secret de ce cocktail nouveau admirablement concocté par Thomas Valverde? La présence alchimique d’artistes aux parcours insolites, riches et impertinents, dont les magnifiques talents se nourrissent de curiosités foisonnantes, de découvertes et de champs d’expressions métissés inédits. Des musiciens d’excellence et d’exception qui n’hésitent jamais à se mettre en danger en des expériences qui entraînent les publics, mélomanes avertis ou non, sur des chemins de traverse qu’ils ignorent encore. Depuis son origine, cet événement tire sa force rayonnante de ne pas offrir forcément aux spectateurs ce qu’ils veulent ou ont coutume d’écouter, mais bel et bien d’ouvrir leurs sens à la perception de nouvelles sonorités mêlées, délicates, rares et somptueuses, qui en appellent davantage à leur sensibilité immédiate qu’à leur connaissance de partitions aux interprétations trop souvent convenues. Inciter le plus large public à glisser, en une aventure musicale unique, d’un style à l’autre d’apparence très opposés en un large panorama qui aurait pour centre de gravitation la musique dite “classique” mais dont les frontières s’estompent à travers de jeunes virtuoses, plus éclectiques, et des esthétiques souvent liées aux personnalités et cultures musicales denses de ces talents là ? Telle est l’ambition revendiquée haut et fort du festival. Second atout, en cette période printanière qui sertit ce petit bijou musical ? La concentration de virtuoses exceptionnels, d’envergure internationale et qui s’enrichissent là de leurs singularités flamboyantes. Des pépites entrechoquées qui allument un bel incendie de trilles complexes, envoutantes, sensuelles et aériennes dans nos esprits aux quatre coins de la ville en d’incroyables résonances classiques, baroques, africaines ou jazzy et palettes d’émotions multiples.

Regards musicaux croisés et métissés

En ouverture, les soeurs Katia et Marielle Labèque proposent Gare du Midi une admirable variation musicale autour du mythe de Roméo et Juliette, décliné en deux parties très contrastées et créatives, imaginée au printemps 2015 pour la Philharmonie de Paris et reprise le 12 avril. Une première respiration à 4 mains accorde la vedette à Léonard Bernstein, inoubliable compositeur de « West Side Story ». La seconde phase surprend davantage par sa fraicheur musicale et scénographique contemporaine. Sur une partition originale du compositeur David Chalmin, « Star-Cross’d Lovers », 6 breakdancers et une danseuse contemporaine revivent l’histoire des amants de Vérone en mode Hip-Hop sur une chorégraphie d’Yaman Okur, sur fond de minimalisme, de rock et d’électro! Un étonnant petit bijou à déguster sans modération, qui rappelle avec brio le magnifique éclectisme des deux pianistes dont on se souvient qu’elles lancèrent le groupe Kalakan et interprètent, entre autres, les éblouissantes oeuvres de Michael Nyman ou Philip Glass.

Le lendemain, autre univers que dessine le James Carter Organ Trio au Théâtre du Casino. L’un des plus grands jazzman de sa génération, époustouflant de virtuosité technique, James Carter, fan absolu de jazz manouche, se définit “ comme un guitariste frustré qui joue du saxophone “ . Il propose le 13 avril un vibrant et jubilatoire hommage à Django Reinhardt, transposé en trip-hop, reggae, soul ou funk: “Django Unchained”, aux très rares représentations mondiales. 2 complices somptueux à ses côtés: Gerard Gibbs à l’orgue et Alex White à la batterie. De quoi ébouriffer le public d’un soir unique!

Grandiose et magistral moment le 14 avril à l’Eglise Saint Eugénie dont les voutes répercuteront l’invraisemblable et sublime voix de contre-ténor de Max Emanuel Cencic, artiste rare dont la richesse inouïe de répertoires et la polyvalence ressuscitent l’âge glorieux des « castrats » napolitains du XVIIIème siècle, magnifiquement servi au piano par Ronan Khalil. Un écrin de pierre  aux résonances majestueuses fera planer l’ombre de deux génies de l’opéra aux antipodes, du baroque au Bel Canto: Mozart et Rossini.

Le 15 avril, au théâtre du Casino, voyage haut en couleurs vers le Mali, contrée meurtrie, fracassée par la barbarie, experte en l’art de métisser les musiques de multiples pays en un jaillissement de sonorités universelles et de résistances humanistes. Sélif Keita en fut et est toujours l’étonnant symbole à la tête de ses « Ambassadeurs » accueillis en novembre 2015 au Quintaou qu’ils embrasèrent. Sur les cordes de sa Kora, fabuleux instrument dont la pratique nécessite une virtuosité technique et émotionnelle sans égale et véritable porte parole culturel, Ballaké Sissoko, grand maître d’un art qui se transmet de génération en génération de mêmes familles, cisèle une partition tout en notes complexes mandingues, baroques, brésiliennes jazz ou gitanes. A ses côtés, en un joli duo complémentaire et sur la même longueur d’ondes de belles sonorités, le violoncelliste Vincent Segal. Un moment de grâce cristallin, entre airs et lumières d’Afrique, d’Europe et du continent américain. Un vagabondage pudique sur les sentiers où le temps et l’espace n’existent plus, au coeur des mémoires culturelles de peuples métissés, comme une « Musique de nuit », un murmure de douleur enregistré, en un dialogue d’émotions palpables, aux fines et ancestrales luxuriances, sur un toit de Bamako, les premiers mois de 2015…Dense, solaire et charnel.

Clôture en apothéose le 16 avril au Fronton Plazza Berri dont les murs retentiront du souffle classique et baroque de l’ORBCB sous la direction de Jonathan Raspiengas en contrepoint de Thibault Cauvin, figure de proue bordelaise de la jeune génération de guitaristes classiques. Au programme ? Albeniz, Piazzola mais surtout Vivaldi dont il dit: « La musique de Vivaldi est une musique qui parle, entraînante, je veux un esprit festif, convivial ». Un choix que ne reniera pas ce haut lieu de la pelote basque !

Tarifs: Tous concerts à 20h30 sauf le 16 avril à 18h00

A partir de 2 concerts, réduction de 5 euros sur chaque concert.

  • Concert 12 avril: 30 et 40 euros (ou 25 et 35 euros), places numérotées
  • Concert 13 avril: 25 et 35 euros (ou 20 et 30 euros), places numérotées
  • Concert 14 avril: 25 et 35 euros (ou 20 et 30 euros), emplacements libres
  • Concert 15 avril: 20 et 30 euros (ou 15 et 25 euros), emplacements libres
  • Concert 16 avril: 20 et 30 euros (ou 15 et 25 euros), emplacements libres

Tarifs réduits: Comités d’entreprises, moins de 26 ans, groupes scolaires, élèves et professeurs du Conservatoire, amis de l’ORBCB, demandeurs d’emploi et bénéficiaires de l’AAH.

Billetterie: www.biarritz-lesbeauxjours.com ou 05 59 22 44 66

Catherine CLERC, magmozaik64200@gmail.com

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