Mozaik de musiques

Published on août 1st, 2016 | by MagMozaik

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Nouvelle génération musicale

Lorsqu’on évoque le Festival International de Piano Classique de Biarritz, dont la 7ème édition investit bien des espaces du 1er au 10 août prochain, Thomas Valverde, son créateur et grand interprète-compositeur lui-même, préfère, au terme de jeunes artistes, celui de pianistes matures nouvelle génération qui proposent des approches transgenres inédites et insolentes de la musique classique, plus accessibles à tous publics. On cautionne d’emblée ce positionnement qui permet, avec légèreté et virtuosité, non seulement d’aborder bien des répertoires sous l’angle neuf de personnalités fortes en interprétations très différentes, mais également de proposer quelques rares alchimies talentueuses entre styles de musiques variés, au delà même du classique, ou d’inventer des variations autour des mots, du théâtre, de l’art plastique ou de la danse. Un festival resserré cette année pour davantage de vitalité créative. Un feu d’artifice magique en perspective tout en notes virevoltantes et volutes, tour à tour intimistes ou flamboyantes de puissance.

Schubert en infinies variations

Conférence de presse matinale, intimiste et pétillante en cette veille de Fêtes de Bayonne! Un art du grand écart en compagnie de Thomas Valverde, l’homme orchestre du Festival, Marie-Hélène Dulac, responsable des partenariats avec les associations et des bénévoles, Alain Fourgeaux, directeur des Affaires Culturelles de la ville et Jon Urdapilleta, jeune pianiste de Donostia, frais émoulu de d’une formation londonienne. En arrière plan,  la sensuelle affiche d’où surgit la beauté vibrante de Khatia Buniatishvili, nouvelle égérie des scènes mondiales contemporaines.

Fort de quelque 5000 spectateurs sur 13 concerts en 13 jours l’an passé et d’un succès retentissant, l’édition 2016 reconduit, avec des nouveautés néanmoins importantes, le dispositif mis en place en 2015: Concerts de pianistes en lieux multiples, large ouverture aux élèves du Conservatoire Maurice Ravel, présence, souvent récurrentes pour certains, de nombreux artistes qui ont fait le festival et sa renommée, et surtout une démarche socio-économique en faveur de publics en difficulté grâce à diverses actions fortes initiées avec le concours d’associations  bien ciblées.

Le Festival intensifie aujourd’hui son rythme avec une vingtaine de concerts sur 11 jours pour plus de 30 artistes selon des formules plus souples, mieux adaptées aux publics pluriels de cet événement. A l’honneur? Frantz Schubert, compositeur intimiste et puissant à la fois, à la croisée du classicisme et du romantisme qui, en peu d’années, nous laissera plus de 1000 oeuvres en riches variations de sonates, impromptus et moments musicaux plus aériens. Un homme de génie qui vivait dans le partage de sa musique avec ses cercles d’amis en pièces pour solos, quatre mains, trios, quatuors, voire quintet rarissime avec “la truite”, tout en se passionnant pour les lieds! Amis qui, à travers les “Schubertiades” diffusaient sa musique à travers moult salons pour des oeuvres tout en clair-obscur, tantôt douces, tantôt violentes et emportées.

En périphérie, bien d’autres compositeurs émailleront la programmation en des registres très colorés: Liszt, Chopin, ravel Prokofiev, Stravinsky, Ginastera, sans oublier les petites notes jazzy ou une belle incursion vers le Théâtre à travers les lettres de Rilke. Petite balade dans les nouveautés…

Tous en rythme!

Davantage de concerts sur moins de jours et des formules nouvelles! 3 doubles soirées fleurissent ainsi avec deux concerts et entractes avec bar pour mieux se délecter des gammes proposées, non sans quelques incursions vers le verbe ou les volutes jazzy!

Théâtre à l’honneur le 3 août au Casino Municipal. Le Trio Karénine nous invite, en préambule, à lire quelques “lettres à une musicienne” de Rainer Maria Rilke. Un exercice en prélude au futur Festival Littérature et Théâtre – “L’Invitation aux voyages”- d’Anne Rotenberg qui se déroulera à Biarritz du 13 au 16 octobre prochain et dont nous aurons l’occasion de vous entretenir. Un exercice inauguré par Claire Borotra, Gérard Desarthe avec Thomas Valverde aux partitions. Nuit du piano solo le 5 août à l’espace Bellevue où deux virtuoses nous régalent de Schubert, de Chopin et de compositions novatrices. Vestard Shimkus, artiste hors norme, et Alessandro Delvajan aux touches (de piano bien sûr) somptueuses!! Enfin, le 8 août au même endroit, jazz et classique fusionnent en belles envolées. Lucas et Arthur Jussen conjuguent blanches et noires à quatre mains tandis que nous revient le très jazzy Thomas Enhco qui fit sensation l’an dernier!

Week-end marathon Schubert les 6 et 7 août, autre nouveauté!! Samedi se lance en beauté dès 11h00 à l’espace Bellevue. Vincent Planes et le quatuor Arranoa nous offrent le seul et célèbre quintette composé par le compositeur en la majeur, connu sous le nom de “La Truite”. Un concert co-produit avec l’Académie de Musique de Chambre de Baigorry. A 21h00 place à l’électron libre Jean-François Zygel, très bavard avec son public! Le lendemain, grand concert gratuit place Bellevue à 12h00. Schubert, Brahms, Ravel et Piazzola s’invitent sous le ciel de la ville en multiples talents des artistes présents au festival. Le village piano du Casino Municipal accueille ensuite à 17h00 Julie Alcaraz et à 18h00 le jeune prodige de Donostia Jon Urdapilleta.

Les festivaliers ont aussi droit cette année à leurs “p’tits déjs” au Salon Diane du casino Municipal où les attendent quelques collations et des notes bien agréables dès 11h00. Le 4 août Simon Ghraichy, l’homme aux sabliers fétiches, s’assied au clavier pour Liszt et Schubert, précédant Dmitry Shishkin le 10 août en aériennes interprétations de Schubert, Chopin et Prokofiev.

Sublimes têtes d'affiches

Venu fort tard au piano, après quelques embardées littéraires et artistiques, Lucas Debargue a gravi les marches de la renommée en à peine un an, séduisant de larges publics aguerris, notamment en Russie par sa fougue et ses interprétations incandescentes. Il inaugure le 1er août le Festival à l’espace Bellevue en partitions magistrales  de Mozart, Schubert, Prokofiev et Ravel dont le “Gaspard de la nuit”lui valut le succès d’aujourd’hui.

En cloture, autre coqueluche mondiale, véritable icône de la nouvelle génération du piano classique, la géogienne Khatia Buniatishvili dans un répertoire de Chopin, Liszt, Ravel, Horowitz et Stravinsky. Un programme flamboyant (photo en une).

Entre temps, trois petites pépites étonnantes. Le 2 août, Hôtel du Palais, Haoche Zhang sur Schubert, Scriabin et Ginastera, auquel succède Louis Schwizgebel tout en nuances délicates, qui avait fait l’ouverture l’an passé. Le 4 août, changement de registre et de lieu avec Jean Rondeau à l’espace Larreko de Saint Pée sur Nivelle. Etonnantes et flamboyantes variations sur clavecin et piano entre baroque et jazz.

Les festivaliers retrouveront avec plaisir le village piano, lieu de rencontres privilégié entre artistes, public et jeunes élèves du Conservatoire Maurice Ravel, autour de pianos et d’un open bar entre 16 et 17h00 tous les jours. Les médiations culturelles se développent également pour mieux encore intégrer les publics en difficulté au programme du Festival. Une action menée en partenariat avec de multiples associations dédiées dont le CCAS, et des instituts médicaux spécialisés qui accueilleront cette année 4 concerts gratuits.

Pour toutes infos sur la programmation, les horaires, lieux, dates et tarifs: www.festivalpianoclassique.fr

Catherine CLERC, magmozaik64200@gmail.com

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One Response to Nouvelle génération musicale

  1. bosser says:

    Merci pour ce très bel article si bien agrémenté de musique

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