Coups de coeur

Published on mars 8th, 2016 | by MagMozaik

0

Mouvements aléatoires

Charles Bilas nous vient de Paris! Ses oeuvres, en modes aléatoires, patchworks ou fresques, style tapisseries, s’exposent, en une corpus évolutif sur 30 ans, à la Crypte Sainte Eugénie, du 4 au 27 mars. Un vrai coup de coeur pour ces partitions picturales magistrales qui cisèlent les mouvements en multiples rectangles, en jointures juxtaposées ou à peine superposées, selon les époques de création et de maturation! Artiste étonnant à la peinture aléatoire, quasi tribale, rupestre et nerveuse, avec une once de structuration nécessaire et une fine influence de Matisse, dont les personnages stylisés, surgis de ses “Gouaches découpées” se retrouvent là, comme autant d’éléments sensibles, humains au coeur de continuités et enchainements géométriques mouvants, mais aussi complexes, tourmentés et oniriques. Un parcours apprivoisé peu à peu, mieux réfléchi, encadré et coloré, de ses premiers collages sauvages et vifs aux compositions actuelles tout en dentelles dynamiques d’où émane un certain lyrisme primitif. Rencontre avec l’artiste et petite ballade au sein d’un univers à la logique ébouriffée!

La force de l'expression à l'état brut!

L’exposition regroupe 3 phases créatives de l’artistes auxquelles s’ajoute une dernière série de tapisseries spécialement créées pour la Crypte. Jusqu’en 1991, l’artiste explorait les techniques libres et fortes du collage en une série d'”oiseaux” aux vives teintes et aux formes quasi rageuses, rebelles.

Vint ensuite la volonté de développer divers mouvements nés de figures géométriques juxtaposées aléatoirement. “Sodome et Gomorrhe ” propose alors, en noir blanc, une stupéfiante technique de création, presque à l’aveugle! L’artiste dessine à partir de bougies blanches, corps gras par excellence qui ne retiendra pas ensuite la couche d’encre de chine diluée apposée au moyen d’une bosse. Les rectangles réalisés sont finement séparés encore comme les carreaux d’une vitre subtile.

Le besoin de se structurer davantage et d’introduire des couleurs l’amènent à imaginer une nouvelle série picturale qui gagne en densité, en maîtrise et en techniques ou matériaux multiples, de l’encre à l’aquarelle. C’est la période “Joie de vivre” où s’épanouissent de multiples patchworks et l’adjonction de textes improbables, puis de portraits, aux mouvements des corps et des formes. Les jointures se font plus fines jusqu’à se superposer.

Aujourd’hui, Charles Bilas nous offre une démarche encore plus pensée et aboutie avec ses tapisseries tissées en un multitudes de rythmes pour l’exposition actuelle, sans encadrement aucun, tels des papyrus d’une complexité infinie. Nous préférons le laisser se dire et expliquer son imaginaire…

Un parcours audacieux de figuration libre

Architecte de formation, Charles Bilas s’oriente très vite vers la peinture avec succès. Dans les années 80, il rejoint la mouvance de la figuration critique et enchaine les expositions, délaissant l’huile pour le papier et l’encre de Chine. Après des incursions vers la littérature et les décors scénographiques, il aborde en 1989 la période des formes libres avec la série des oiseaux en collages colorés et abrupts. En 1991, les séries aléatoires débutent suivies d’autres expositions notables. En 2004, il expose ses créations “Joie de vivre”, notamment à Nice, puis “Rythmes” à Paris.

Il est aujourd’hui l’auteur de deux ouvrages sur le Pays Basque dont l’un sur l’art déco des années 20.

www.charlesbilas.wix.com/artistpainter

Catherine CLERC, magmozaik64200@gmail.com

This Post Has Been Viewed 271 Times


Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Back to Top ↑
  • Rejoignez-nous sur Facebook

  • Catalogue art/culture

  • L’annuaire Mozaik 2017

    L’annuaire Mozaik 2017
  • Panier