Coups de coeur

Published on juillet 23rd, 2014 | by MagMozaik

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Moi, monsieur, si j’avais un tel nez….

…il faudrait sur le champ que je me l’amputasse… Cyrano de Bergerac revient sur ses terres , dans l’ombre d’Edmond Rostand, grâce au 25ème Festival d’Arnaga. Un événement majeur qui investit les lieux du 14 au 16 août pour 3 représentations inventives, à 21h30, dans les jardins du domaine: Cyrano, déjà évoqué, le 14 août, porté par la Cie Grenier de Babouchka, Les Fourberies de Scapin, revisitées par le Théâtre du Kronope, sous l’oeil bienveillant de Molière, le 15 août et le 16, un Songe d’une nuit d’été, bien décalé et déjanté,  sous la férule du Théâtre Job, compagnie bordelaise habituée des lieux.



 

Un Festival, que – dis je! Un roc, un pic, une… institution, depuis 1990!

En 1988, la ville de Cambo mettait à la disposition de l’association “Accords” le domaine d’Arnaga pour des expériences de diffusion culturelle. La célèbre demeure d’Edmond ROSTAND, deuxième musée du département par sa fréquentation, a ainsi offert un cadre prestigieux, parfaitement adapté au Festival de théâtre , organisé en plein air depuis vingt cinq ans, selon deux axes majeurs: La comédie et l’accueil de troupes d’Aquitaine. L’ambition d’“Accords”? Revitaliser les activités culturelles en Pays Basque intérieur, en complémentarité avec celles de la côte, mais surtout, ramener au spectacle vivant un public populaire et curieux, par une programmation et une politique tarifaire attractives et incitatives.  Mené de main de maitre par Jean Philippe DAGUERRE, l’événement est soutenu depuis 2002 par le Conseil Régional D’Aquitaine (“Aquitaine en Scène”), la Ville de Cambo et  le Conseil Général. Qualité des spectacles,  magie du lieu, accueil et modicité des prix pratiqués. Autant d’ atouts majeurs qui expliquent le succès de l’opération.

Le Festival affiche une programmation de haut vol d’année en année mais propose aussi  un stage d’initiation aux techniques théâtrales pour une vingtaine d’enfants,  totalement intégrés au fonctionnement du Festival. Tradition oblige: Dès 20h30, à l’Orangerie, chacun découvre la douceur des jardins, un verre à la main et bien séduit  par les animations musicales, avant, à l’issue des spectacles, de rencontrer les comédiens. 34 compagnies différentes déjà accueillies pour une soixantaine de spectacles sur 3 jours: Tel est le bilan du Festival depuis 1990!

“Accords”: Des outils, des moyens, des actions toute l’année.

Depuis 1989, 2 espaces rythment les activités de l’association. Ils cristallisent un public d’adultes et d’enfants dans une zone rurale jusque là peu atteinte par le spectacle vivant:  Une salle de spectacles d’une capacité de 270 places pour un espace scénique de 52m2 et le théâtre de plein air d’Arnaga, réservé au festival, entièrement équipé par Accords. Pour atteindre ses objectifs de tarifs abordables, l’association se fonde sur l’implication active d’une quarantaine de bénévoles qui assurent l’accueil des compagnies et du public. Total? Chaque année se sont quelque 10 à 20 spectacles qui se produisent à Cambo ou aux alentours selon une programmation très ouverte. Parallèlement, le jeune public bénéficie d’actions dans le cadre scolaire, orientées vers le théâtre, les contes, les expositions et le cirque. En outre, une convention avec l’Institut Culturel Basque permet de co-produire des spectacles en langue basque.

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Alors quid des tarifs? Le prix habituel des places varie de 8 à 11 euros selon l’importance des spectacles proposés. Les réductions concernent les quelque 200 adhérents (7 euros), les étudiants, lycéens et chômeurs (6 ou 9 euros). Les moins de 15 ans bénéficient de la gratuité, seule à même d’inciter nos jeunes têtes blondes à découvrir le théâtre.

Rostand, Molière, Shakespeare: Un fameux trio de compères pour l’édition 2014.

Le feu d’artifice démarre le 14 août à 21h30 sous le regard bienveillant d’Edmond Rostand. A tout seigneur tout honneur, “Cyrano de Bergerac” vient apostropher le public sur une mise en scène de Jean-Philippe DAGUERRE qui dirige le Grenier de Babouchka. La récente découverte, dans les réserves d’Arnaga, de partitions inédites de musiques et de chants, dont certaines écrites pour Cyrano par Rostand et son épouse, mises en musique par des compositeurs de l’époque, a conduit le metteur en scène à rendre justice au concept d’une création musicale imaginée par l’auteur. La virtuosité du violoniste Petr Ruzicka fera écho à celle des vers et des chants de comédiens. Et comment imaginer plus bel hommage que celui de Jean-Philippe DAGUERRE? :”Il est vrai que Cyrano est, pour un comédien et un metteur en scène, ce que l’Everest est pour un alpiniste : un cap, un pic, un passage obligé, un rêve nécessaire à rêver dans sa carrière… J’ai souhaité les premières représentations dans les jardins d’Arnaga. Il me semblait naturel et primordial de laisser baigner et inspirer ma mise en scène par ces lieux somptueux et simples à la fois, en forme d’hommage à cette réalisation et à la passion qui habitait Rostand quand il conçut la villa de ses rêves”.

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Deuxième salve enjouée et ubuesque le lendemain, même heure, où Scapin et ses fourberies s’invitent sur les tréteaux! Le Théâtre du Kronope, sous la direction de Guy SIMON, nous révèle un Molière terriblement moderne, corrosif et jubilatoire. Les comédiens, dissimulés par des masques, inventent un monde baroque, malicieux et biscornu où musiques, acrobaties et chassé- croisé des personnages disent assez la fonction pernicieuse du pouvoir, avec, comme ressort comique, le décalage et la confusion. Un petit bijou bluffant, digne du Père Ubu, par son absurdité, magistralement créé par Guy SIMON:”J’ai (..) choisi l’ossature double d’un Scapin acrobate, clown superbe et grotesque, à la fois loufoque et insaisissable pour irradier et innerver la pièce de sa présence virevoltante et de ses répliques acerbes“.

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En guise de bouquet final, Shakespeare nous offre un “Songe d’une nuit d’été”, incarné par le Théâtre Job, compagnie bordelaise habituée du festival,sous la direction de Georges BERDOT, assisté d’Agnès SAUBION. Humour, fantaisie, imagination débridée inspirent ce songe, à rêver de toute urgence!Merci les elfes..

Cadre enchanteur, théâtre gorgé d’humour et de facétie… de beaux soirs d’été où faire le plein d’énergie et de vie! Ne vous privez pas de ce bonheur là!

Catherine CLERC, c.clerc@magmozaik.com

http://aquitaineenscene.fr

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