Vu dans la presse

Published on mai 6th, 2017 | by MagMozaik

0

Mes nuits sont plus belles que mes jours

Peyo Torrès est un homme secret, pudique, dont le regard imprime en négatif ses émotions aux registres d’infinies nuances, en noir et blanc ou en couleurs contrastées… Un homme tout en clair obscur dont le 3ème oeil caresse l’objectif pour des instants saisis au vol d’une humanité aux solitudes introspectives que les décors,  furtivement happés, enlacent. Un imaginaire où se sculptent ses perceptions silencieuses et grandioses à la fois.Un homme que groovent les notes de blues ou de rock, où la brutalité des digues soulignent la fragilité des êtres, des songes, des rêves quasi palpables en ces tonalités où le blanc, le noir ou le gris adoptent des gammes réinventées sur les partitions de ses imaginaires, de son regard si respectueux de ces moments furtifs, dérobés.

Tel est Peyo Torrès, photographe de somptueux paysages que traversent quelques silhouettes fragiles, presque diaphanes voir fantomatiques, plongées dans leurs univers propres…Un dérivatif devenu passion comme l’est aussi pour lui la musique dont les tonalités crues, exacerbées, se lisent sur les visages à fleur d’émotion des interprètes. Ses photos? Il les pense, les travaille pour aboutir à l’exact négatif de ses rêves, de ses émotions, saisies en flashes fugitifs, si brefs qu’ils en deviennent des fantasmagories étranges en des décors insolites gorgés de solitudes apparentes, de brumes évanescentes, tel ce berger cheminant sur un sentier ou cet enfant recueilli, fatigué, fragile, sur cette digue… L’oeil est en constant état d’observation pudique! des détails volés en surprenantes émotions !Seul compte l’instant, « Juste l’instant » où, en une fraction de seconde, tout se passe de ces moments rares et précieux qui s’envolent très vite… Gageons qu’aujourd’hui son esprit apaisé verra sous un angle différent, plus posé et serein, des douceurs fugaces en ces infinies trames de blancs, de gris ou de noirs qu’émaillent en partitions musicales les flamboyances colorées de concerts captés en vibrations vives. Un bel artiste, autodidacte, qui vit sa passion en clairs obscurs ou en chromatique subtil depuis 15 ans.

Très discret et sobre au départ, en 2001, il imprimait, en cet argentique creuset de biens des talents, toute un sensibilité d’écorché vif tourmenté par les violences du monde, comme un dérivatif salutaire, quasi thérapeutique, à ses blessures. Une brutalité subie, revisitée en contrastes forts entre couleurs et palettes de noirs et blancs, entre paysages déserts et personnages, uniques de rareté humaine, charnelle, dans ces infiniment grands décors naturels, comme une symbiose entre fragilités humaines et nature protectrice, respectueuse de bien des songes. De son propre aveu, confronté dans son ancienne vie à des meurtrissures de l’âme souvent insoutenables de cruauté et destructrices de toute capacité à écouter ou simplement voir l’autre, seules deux passions aux adrénalines opposées mais complémentaires lui ont donné les armes de la rédemption: la musique et la photographie. Deux ancres entrecroisées, l’une vampirisant parfois l’autre en volutes sonores flamboyantes. habité par les cordes de guitares que ses doigts agiles cisèlent en mélodies somptueuses- car il compose aussi d’incroyables morceaux d’une tendresse inouïe- il magnifie, en instants de vie dopés à l’énergie, quelques musiciens cultes qui sollicitent aujourd’hui son talent authentique, tel Ron Thal, guitariste de Bumblefoot et Guns N’Roses, projeté en couleurs musicales furieuses.

Une musicalité qui aujourd’hui envahit son oeuvre onirique. Plus serein et libre désormais, il évolue vers un registre plus somptueux et dense en travaillant les palettes de ses photographies à la manière d’un peintre ou d’un cinéaste dont les effets spéciaux poétiques, étrangement musicaux, portent l’imagination vers des voyages aériens et subtils. Des compositions dont la magie juxtaposent deux univers , l’un réel et l’autre de réalité sublimée par ses regards en visions fragiles et subtiles, tel cet homme dont le corps s’évapore en une nuée de papillons comme une respiration assourdissante de silence et de notes virtuoses de musique. Secret de son art ? La nuit où son esprit vagabonde, entrainant le réel vers des univers remodelés, recomposés, au gré de ses humeurs et de ses interprétations . Des nuits où l’universalité des messages carambolent les visions territoriales. Un temps où surgissent ces petits bijoux retravaillés, recomposés, réinventés en un langage photoshopé inédit. Naissent  alors « quelques hommes », ces marginaux emplis de dignité qui vous hurlent en silence: Demain c’est peut-être vous qui vivrez cette fracture ! Naissent ces musiciens incandescents dont le grain de la photo restitue les vibrations intenses en clichés si vivants qu’ils en séduisent les plus grands musiciens ainsi saisis au vol et qui exposent ses oeuvres à New York. Naissent ces paysages où l’horizon mêle en un troublant tourbillon ciels incendiés et océans mystérieux qu’enveloppe une brume énigmatique surgie d’on ne sait où.

« Juste un instant »tourne une nouvelle page du livre de Peyo Torrès, cet ouvrage en constante écriture intense depuis 3 ans, que régit la plume du perfectionnisme. Une volonté d’exigence à la mesure de sa façon de travailler, tout en concentration extrême lors de ses prises de vues, sachant déjà ce qu’il fera en écoutant sa musique, comme coupé du monde extérieur, du réel: Capter les moments d’humains en train de se penser, de s’évader dans leur bulle, des gens aux multiples cicatrices qui racontent une histoire. Toute l’alchimie alors se passe entre son objectif et lui, ce troisième oeil qui sublime le réel de paysages stériles pour en extraire l’humanité, rentrer dans l’univers d’introspection de ces hommes, de ces femmes, de ces enfants finement caressés d’un regard, avec infiniment d’amour délicat et respectueux, pour mieux accompagner l’humanité solitaire des autres. Alors aujourd’hui, plus serein, plus imaginatif que jamais, il se laisse porter par la vague d’un succès qui l’étonne chaque jour en événements parfois insolites, tel cet homme, auteur des effets spéciaux d’Avatar, qui du bout du monde le contacte pour cheminer un temps avec lui…Une page nouvelle que structure son exposition du Colisée, du 9 au 16 mai prochain, radicalement différente sur le même fil de l’émotion. Un événement qu’il nous promet plein de petits bijoux sur les murs, Jean-Marie Ecaye en tête, et dans la salle, où seront présents de nombreux musiciens dont il nous réserve la surprise, toujours à la croisée de ses deux lumineuses passions: la musique et la l’art photographique.

Peyo Torrès, photographe professionnel /auteur au Colisée de Biarritz du 9 au 16 mai de 14 à 18h.Facebook: Peyo Torrès Photography

Catherine CLERC, magmozaik64200@gmail.com

This Post Has Been Viewed 44 Times


Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Back to Top ↑
  • Rejoignez-nous sur Facebook

  • Catalogue art/culture

  • L’annuaire Mozaik 2017

    L’annuaire Mozaik 2017
  • Panier