Coups de coeur

Published on décembre 11th, 2016 | by MagMozaik

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L’habit ne fait pas le moine !

En belle ponctuation originale et sensible de la semaine de la Diversité à Bayonne, deux expositions subtiles mais puissantes clament le droit à la différence et à la complexité de l’être humain, rebelle aux cases et catégories où nos sociétés les enferment par préjugés hâtifs et stupides. Deux visions riches et complémentaires d’un même postulat de tolérance et de rencontres entre des hommes et des femmes aux parcours uniques et choix de vie volontaires, à deux pas du Marché de Noël de la place du Réduit. Une bonne raison de faire un petit détour plein de sens!

A Txalaparta, nous avons déjà eu l’occasion de nous attacher aux fins, troublants et fragiles dessins aquarellés du jeune illustrateur et affichiste espagnol Alberto MC (voir Semaine du Pays basque du 9 décembre) en une parution dont l’impertinence nous a fait un brin sourire, en forme de clin d’oeil, sur un numéro dont le dossier était consacré à Monseigneur Aillet. Un joli pied de nez qui prouve combien la nouvelle rédaction se veut guidée par un esprit de grande tolérance, de belle diversité d’opinions, de cultures, et d’humanisme. Cet article là sera diffusé sur magmozaik à partir du 16 décembre pour des raisons déontologiques déjà exprimées dans nos colonnes. Nous vous offrons néanmoins les photos de cette série japonisante « Thinking » que vous pourrez découvrir au 10 rue Laffitte jusqu’au 2 février 2017.

A quelques mètres de là, nos amis des Corsaires, 16 rue Pontrique, prouvent encore, s’il en était besoin, la pertinence et la qualité de leurs choix artistiques en accueillant l’insolente et magnifique proposition multimédia de Laetitia Tomassi, « Divers Cités » jusqu’au 17 décembre. En photographies, vidéos et témoignages oraux, cette excellente artiste photographe portraitiste donne la parole à une vingtaine de personnes perçues comme différentes mais qui font la belle diversité humaine et culturelle de la ville de Bayonne où ils sont nés, vivent et travaillent. Beaucoup se taisent, masquent leur singularité. D’autres l’affichent mais sont jugés sur leur apparence trompeuse, telle cette jeune femme d’allure punk (mais qui ne l’est plus !), homosexuelle.  Les passants voient en elle une SDF, une vagabonde alors qu’elle travaille et paie ses impôts. Mais loin de se cacher, elle revendique cette volonté de faire bouger les limites, les repères, en provoquant les réactions des autres car c’est ainsi, à son avis, que les idées évoluent en cassant les a priori, fut-ce de manière parfois agressive mais souvent par le dialogue. Elle choque? Elle n’en a cure car elle impose de fait ainsi sa belle différence. Tous les hommes et femmes, de toutes races, de tous âges, de toutes conditions, valides ou handicapés, présentés ici dérangent forcément en brisant nos codes de pensée, nos codes urbains, nos manières conventionnelles de vivre et nos repères sociaux. Mais c’est justement à ce point de rupture que l’humanité ressurgit, que les questionnements sur nos propres critères de jugements faussés affluent en une saine et nécessaire déstabilisation de nos manières de percevoir l’autre qui ne nous ressemble pas et dont les choix de vie sont à l’opposé des nôtres. C’est à ce point de fragilisation de nos certitudes engoncées que se posent  l’absurdité, la cruauté, la violence et l’imbécillité des attitudes discriminatoires. Et c’est aussi là que se rejoignent les démarches des Bascos et de l’artiste dont l’exposition servira de support pédagogique pour des interventions et conférences en milieu scolaire.

La structure même du dispositif imaginé par Laetitia Tomassi invite à modifier nos regards, à nous interroger sur leur pertinence ou leurs déformations induites par nos vies en cadre urbain. Sur les murs, les photos des protagonistes, acteurs de ce magnifique travail de rencontres et d’échanges mené par l’artiste à travers la ville dans ses diversités. Nous nous interdisons, par simple respect, de les publier ici. Des images qu’accompagnent des enregistrements où chacun(e) présente brièvement ce qu’il(elle) est profondément. Au fond de la galerie, on en apprend davantage sur ces personnes qui, en vidéos, se disent, se racontent, esquissent leurs parcours, dessinent leurs envies, leurs rêves, leurs espoirs, leurs souffrance parfois face au regard des autres.

Une magistrale démonstration d’humanité à découvrir de toute urgence!! A voir également son exposition de photographies “Le blues à l’âme” jusqu’au 9 janvier à Biarritz, “Le Coulisse”, 19 av Foch.

Catherine CLERC, magmozaik64200@gmail.com

Photos Mathieu CLERC

www.lesbascos.frwww.laetitia-tomassi.comwww.facebook.com/AlbertoMc.Illustration et galeriedescorsaires.blog4ever.com

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