Coups de coeur

Published on septembre 7th, 2016 | by MagMozaik

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Les nouveaux horizons du Versant

Plus que jamais au coeur de l’actualité théâtrale, le Navire du Versant s’élance au large à la découverte de nouveaux territoires et de nouvelles créations inédites aux thèmes puissants, à l’horizon 2016 et novembre 2017, date à laquelle il jettera les amarres en son port d’attache pour un 8ème Colloque International, Chantiers Nord Sud, temps fort de dialogues et belles rencontres, ciselées en mots et musiques divers sur le fil d’un savoureux et précieux métissage culturel, mais également vitrine foisonnante de ses multiples ancrages au 4 coins du globe, poussé par de magnifiques tourbillons de vents. Rencontre avec Gaël Rabas, le trublion corsaire d’un Versant exposé en pleine lumière, côté monde et partage!  

Première escale: le Mexique

Depuis longtemps, le Versant s’investit en des créations d’envergure dont l’éclosion s’étale sur un ou deux ans. La dernière en date, “Le Bambou Noir” a remporté un tel succès qu’il poursuit encore sa route partout en France et à travers le monde entier. Nous en avions alors longuement parlé notamment lors du dernier Colloque International Nord Sud, pour sa belle rencontre avec la culture maori et ses précieux partages avec des cultures aux enjeux et combats proches. Chaque création s’appuie sur des co-productions multiples avec des troupes amies, au Mali, au Togo, au Québec, en Haïti et autres iles, notamment polynésiennes. Toutes abordent des thèmes puissants que mettent en mots de théâtre des virtuoses de la plume telles Françoise Dorgambide ou Nicole Piron. Toutes partent de pièces écrites par des auteurs étrangers pour des co-mises en scène avec les fers de lance des troupes engagées.

Tous les espagnols vous le dirent haut et fort: il y a une grande différence entre “Poder” et “Podemos”, sauf qu’au Mexique les rapports au, ou aux, pouvoirs de toutes sortes, légaux ou illégaux se pensent en partitions violentes, acerbes, crues et en termes de résistance à tout ce qui atteint à la liberté d’être et de s’exprimer. Point de départ? le texte d’Alejandro Roman , auteur flamboyant confronté chaque jour aux chaos de son propre pays et aux absurdités mondiales que génèrent toutes les formes de pouvoir brutales et assassines. Pour porter son propos et faire écho à ses paroles, un seul homme: Guillermo Navarro qui, malgré un confort assuré en bien des pays, eu égard à son talent de diamant, préfère rester lutter pour que vive une culture incandescente et prolixe en son pays et sur ses terres brûlées de Mexico.

Le tout? C’est” Poder”, construit autour de textes de Shakespeare, si actuels qu’ils en deviennent troublants d’émotions vives. 3 oeuvres de référence: Titus Andronicus, Lady Macbeth et Richard III. Une configuration étonnante , abrupte, écorchée, ancrée dans les cruautés contemporaines, qui transforme Titus en potentat de Boko Haram, Lady Macbeth en égérie de la grande finance new yorkaise et Richard III en narco-trafiquant! Des personnages sombres, calculateurs dans leurs extrêmismes sanglants,  pervers et pour le moins infréquentables! Et tout ce joli monde purulent se relaxe dans un bar de Wall Street où naviguent les sorcières, creusets révélateurs de leurs ignominies quotidiennes ou destructrices …

Le tout ? Il se décline en mode comique, comme pour exorciser ce monde de miasmes étouffants. La simple idée des transpositions porte à sourire en mode acidulé, caustique et réaliste, histoire de distiller des textes d’une rare dureté actuelle!

Le casting? 3 acteurs du Versant, Françoise Dorgambide, Samuel Jego et Safia Hamidèche, des québécois, Roger Atikpo, Guillermo Navarro en Richard III et quelques acteurs mexicains dont le nombre et les noms restent à définir. Tout encore est à peaufiner pour une grande première lors du 8ème Colloque International, Chantiers Nord Sud en novembre 2017, centré sur la magnificence et la portée des mots, et une résidence de 2 mois.

A nouveau cadre, nouvel essor!

Si la Nouvelle Aquitaine, par sa dimension démesurée, ne laisse d’engendrer bien des lourdeurs administratives, des interrogations quant aux vrais centres décisionnaires et des récriminations souvent justifiées en termes de cohérences identitaires et culturelles, elle représente, paradoxalement, une véritable opportunité pour le Versant et l’occasion unique de tisser de nouveaux partenariats ou échanges sur le fil d’horizons élargis. Outre une notoriété renforcée par ce cadre géographique plus ample, les rencontres avec des centres théâtraux nationaux ou conservatoires de même envergure qu’ici se nouent plus aisément. Une fluidité plus évidente sur laquelle la troupe fonde une stratégie de développement qui fait sens, selon 4 axes porteurs.

En novembre, Bordeaux accueillera “Le Bambou Noir”, dont on sait l’immense succès et la superbe pertinence en terme de métissage culturel sur fond de colonialisme nauséeux. Avec Limoges, s’amorce un partenariat d’une logique évidente entre les Francophonies de la ville et le Colloque de 2017 orienté sur les écritures contemporaines, entre autres interactions, notamment entre cette cité et la médiathèque de Biarritz. Un colloque qui proposera au Festival Biarritz Amérique latine une nouvelle collaboration sous la forme d’une spectacle mexicain au lac Marion. Avec Poitiers, dont le Conservatoire dispose d’un département théâtre plus ancien que celui de nos contrées, une mise en réseau des deux structures et des actions communes sont envisagées. Enfin des journées décentralisées se mettront en place avec la Creuse.

Enfin, si les démarches d’habilitation nationale suivent doucement leur cours avec le Ministère de tutelle, le soutien accordé par la ville de Biarritz se renforce nettement, sous la houlette de Michel Veunac et de Jocelyne Castaignède. Le label national devrait intervenir, quant à lui, lors du prochain Colloque Nord Sud dans le contexte décisif de la Nouvelle Aquitaine justement!

Une vie créative en poupe!

Malgré bien des efforts, les classes de théâtre en langue basque semblent marquer un temps d’arrêt ou du moins s’installer plus difficilement que prévu. On se prend à espérer un dénouement heureux dans le cadre de l’EPCI, à défaut d’intervenir dans celui de Donostia 2016?? Comme chaque année, les ateliers, les classes à horaires aménagés et les cours de Conservatoire reprennent avec une énergie redoublée, partout dans le département et ailleurs. Un implication forte qui suppose très vite la création d’une classe d’enseignement supérieur. De la même manière le Versant s’investit dans les NAP (activités périscolaires).

Deux nouvelles créations ponctuent les mois de septembre, novembre et décembre. “Aminata”, nouvelle pièce de Françoise Dorgambide, entraîne les enfants en un temps mythique où la lune et le soleil ne s’entendaient décidément pas!!! Un joli voyage dans un imaginaire impertinent et frais, arrimé, en APAC CM2, aux écoles du Reptou de Biarritz et Herriot d’Anglet . En novembre, au Colisée, Fabien Lupinelli complète sa trilogie sur les folies de l’esclavage et de la colonisation. Après “Victor Hugo ou la liberté des peuples” et “Le jardin des Lumières”, “Masque noir, masque blanc” mobilise les magnifiques textes d’Aimé Césaire, Frantz Fanon et Jean-Jacques Rousseau en une virulente dénonciation de la folie de l’histoire et des hommes. Une création qu’accueillera ensuite, à Bamako, le Festival d’Adama Traoré (Acte 7) et qui bénéficiera d’une soirée spéciale au Royal le 25 octobre suivie de la diffusion de l’excellent film  “Twelve years a slave”

Enfin, en liaison avec l’ORBCB, le Noël du Versant se drapera en somptueux habits de lumière vénitiens…11 musiciens et des comédiens pour une première à Bidart, suivi de représentations au Colisée et à Hendaye.

Quelques nouveautés néanmoins très originales et trois aventures poursuivies! Le “Théâtre dans la ville” reprend son cours à destination du public biarrot qui lui est décidément très attaché le 5 juin avec “Fourbes pleurs et fourberies” dans le registre Commedia dell’arte (avec Sarah Dehez et l’irremplaçable Samuel Jego), “Les visiteurs du temps” de Solène Rabas et Pascal Turbet et le fameux “Aminata” de Françoise Dorgambide. Autre escale habituelle, “Mai Jeunes années” se partagera en 2017 entre le Théâtre et le Colisée. Enfin les soirées humanitaires se tournent à nouveau vers Kona  avec l’asssociation AAH et Bamako.

Côté nouveautés, une intéressante expérience de bottega lancée cette année. Cet exercice s’inscrit dans la tradition italienne. Au XVème siècle à Florence des maîtres accueillaient des élèves artistes qu’ils aidaient à monter un spectacle. En cette ruche bouillonnante? Un creuset d’artistes bénéficiant d’une transmission de savoir et d’art. Un appel d’offre a été mis en place pour les jeunes qui auront jusqu’en février 2017 pour proposer leurs talents et se soumettre à la sélection d’un jury. Autre nouveauté – une plutôt une évolution séduisante- l’implication du théâtre à la Cité de l’Océan que le nouveau directeur, Mr Mercoli, souhaite plus ludique, spectaculaire et affranchie de cadres trop strictement scientifiques. De beaux délires et loufoqueries en perspective sur fond de calamars géants!! Enfin, une fois n’est pas coutume, le spectacle principal du Conservatoire s’articulera autour du théâtre avec un “Malade imaginaire” réintégrant tous les intermèdes dansés et musicaux au Quintaou.

Une saison 2016-2017 pour le moins forte en émotions et imaginaires que la nouvelle affiche flamboyante illustre à merveille! L’étonnante, impétueuse et téméraire aventure du Versant poursuit sa route, jalonnée de riches rencontres et d’exceptionnelles créations. Bientôt la 40ème saison…E la nave va!

www.theatre-du-versant.com

Catherine CLERC, magmozaik64200@gmail.com

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