Actualités

Published on avril 4th, 2016 | by MagMozaik

0

Le Tout-Monde à Bayonne

Depuis quelques années l’association Eskandrai met Bayonne à l’heure de la “mondialité” et non de la “mondialisation”. La différence, de taille, suppose un parti pris de métissage culturel dans le respect réciproque de toutes les disciplines artistiques et de toutes les identités. Le 8ème opus 2016 des Ethiopiques s’installe donc en cette terre bayonnaise d’accueil et de rencontres du 7 au 9 avril prochain. 3 jours de partages créatifs hors normes et hors limites qu’investissent musiciens, conteurs, poètes, chanteurs, danseurs, artistes plasticiens, universitaires à travers de multiples associations de la ville et la passion intacte d’une multitude de bénévoles et partenaires associés. Dans les bars, les rues, les magasins, les espaces de spectacles ou d’expositions, c’est un furieux raz de marée de tolérance qui nous déverse sa richesse de sons et d’images de tous pays et de toutes identités, en traversées imaginaires dans les quartiers de la ville et vers d’improbables destinations maritimes . Un événement qui a l’audace d’exister malgré un budget pour le moins ridicule dans un esprit de grande fraternité avec un invité d’honneur emblématique de son esprit libre, Patrick Chamoiseau, grand auteur martiniquais, et une forte présence des femmes. Un tumulte urbain où s’entrechoquent les rires, les mots, les notes, les palettes sonores et visuelles comme des ponctuations poétiques  nécessaires et des parenthèses rares en un contexte de violence.

Une belle histoire d'accents

Plantons d’abord le décor! Benat Achiary compare souvent sa perception de la culture et de l’art au vol d’un oiseau dont la calligraphie ailée symbolise la rencontre entre danses, langages, chants, musiques, arts. Un oiseau qui se rit des frontières et des interdits pour inventer le langage d’un extraordinaire métissage où la parole se prend, se donne, se partage partout où s’épanouissent et se vivent les identités culturelles dans le monde entier, en résonance avec son cher Pays Basque, terre où se mêlent et s’accueillent tant de multiples influences. C’est là tout le sens des Ethiopiques et de la démarche de tous les artistes et bénévoles qui en font, chaque année, cette brève, lumineuse et jubilatoire incursion créative dans le Tout-Monde!

Le dire poétique passe souvent par le rythme et les accents. En l’occurence une belle dualité créole et basque s’installe en cette 8ème édition des Ethiopiques avec un invité d’honneur, l’écrivain martiniquais Patrick Chamoiseau et un hommage rendu par la manifestation, Mathieu Glissant et Bernardo Atxaga au chantre de la “mondialité” et de la créolisation, Edouard Glissant. Une seconde place majeure également réservée aux femmes  qui ont aussi leurs propres rythmes et  accents spécifiques.

Une journée entière le 9 avril, au diapason des accents, du créole au basque, en moments conviviaux, concentrés sur l’Atalante. A 19h00, projection du film “Edouard Glissant, la créolisation du monde”, présenté par son fils Mathieu avec une rencontre sur le thème de la Mondialité. Et puis le voyage commence à 21h15 en apéritif, repas, poésies et musiques autour d’un invité de marque, Patrick Chamoiseau. Bien des artistes, écrivains, musiciens  et universitaires à l’unisson en cette soirée qui réunira, entre autres Germaine Blezio (Amnesty International), Claude Labat, Itxaro Borda, Pierre Vilar, Jesus Aured, Alain Larribet, Benat et Julen Achiary ou Michel Queuille. De belles rencontres en perspective!

Les traversées du "Tout-Monde"

L’espace de 3 jours, tous les lieux de la ville partent en multiples traversées de mondialité et plus particulièrement le 9 avril, dès 10h30. Les traversées artistiques investissent, en danses, marionnettes et musiques, le coeur de la ville jusqu’à 13h30, en 4 variations lumineuses où mots et pas de danse se font écho en multiples résonances. Le Labo de Malandain Ballet Biarritz ouvre le bal en poèmes dansés sous la houlette de Gaël Domenger, Benat Achiary, Pierre Vilar, Marc Lafaurie, Meryl Marchetti, Samir Ellock et Jean-Philippe Leremboure. Second tempo avec une “Soka Dantza” urbaine, ponctuée de rencontres surprises au fil des rues suscitées par Hamid Ben Mahi, Thomas Blin, la Compagnie “Né sous X” et le chanteur-percussionniste Alain Larribet, tandis que les bars et magasins accueillent les marionnettes de la Cie Banakike. De petites pépites de rencontres serties dans un écrin de musiques partout dans la ville. Un Betiko Kantuak eta Berriak orchestré par le choeur A.Social Club de Ciboure et l’Estudiantina d’Anglet. Point fort de la matinée: “Fluxus”, poème habillé par la voix de Donathien Garnier et l’accordéon de Jesus Aured, à 11h00 à la Médiathèque des Hauts de Sainte Croix (car aucun quartier n’est oublié en ces balades!).

Et puis une après midi et une soirée emplie de notes et de touches de couleurs! A 15h30 à l’Entrepôt, 5 rue Sauveur Narbaitz, Manuel Haramboure accompagne, en oeuvres où se mêlent photographies et peintures, le concert baroque de l’ensemble Hesperis. Etonnante résonance temporelle avec la soprano Julie Calbete, la mezzo-soprano Pauline Claes, Heroan Loiret au clavecin et Miron Andres à la viole de gambe.

A 18h30 au Didam, quelques improvisations rendent hommage à Carlos Saura dont les photographies disent avec âpreté l’Espagne difficile des années 50. Au programme? Gaël Domenger, Jesus Aured et Benat Achiary.

La soirée des Ethiopiques, dès 19h30,  vient clore le bal en sonorités du monde entier, du moyen orient aux tziganes en passant par les chants Yoruba de Cuba et un tourbillon de danses jusqu’au bout de la nuit au Gaztetxe Zizpa. L’Artichaut Klezmer Duo lance les festivités avec Camille Artichaut (chant et clarinette) et Emmanuel Roubet (chant et accordéon), pour un délicieux voyage du côté de l’orient, des tziganes et du curieux blues des populations juives d’Europe de l’Est…A leurs côtés, Martha Galarraga et Julien Garin nous nous entrainent vers les rives cubaines en envolées volcaniques. Un bal des musiques du monde vous enivrera enfin de danses du monde entier.

Expositions explosives

Couleurs vives, mouvements impétueux des formes et des touches picturales illustrent cet opus virevoltant tout en partages et voix du monde entier.

Le 9 avril, Manuel Haramboure nous livre ses photographies revisitées en mode peinture pour réinventer une autre réalité en oeuvres fortes et incisives,troublantes aussi! Monique Brot , à la Péniche Djebelle, nous propose un travail sur l’horizontalité en multiples matériaux. Des tableaux fulgurants élaborés en des rythmes de musique et de danse, en mouvements que le corps du peintre fait siens. D’incroyables créations à découvrir les 7 et 8 avril dès 15h30.

Pour toutes infos: www.ethiopiques.fr

Catherine CLERC, magmozaik64200@gmail.com

This Post Has Been Viewed 212 Times

Tags: , , , , ,


Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Back to Top ↑
  • Rejoignez-nous sur Facebook

  • Catalogue art/culture

  • L’annuaire Mozaik 2017

    L’annuaire Mozaik 2017
  • Panier