Coups de coeur

Published on mai 5th, 2015 | by MagMozaik

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Le Roman-photo est mort, vive le Photo-roman!

“Nous Deux”, “Intimité” ou “Détective”, 3 publications qui suscitent en vous rires et sarcasmes tant ces journaux donnaient dans le ringard et le cheap populiste. Mais le médium méritait bien un meilleur traitement en mode décalé, déjanté et surtout ouvert sur la poésie, le théâtre, le documentaire ou le reportage informatif ! A l’aube d’un procédé d’éditions numériques Nicolas Sarrade se positionne sur ce créneau, à mi chemin entre la photographie, la narration séquentielle, la BD et le cinéma avec sa toute nouvelle maison d’édition Bla Bla.

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Nicolas Sarrade

Une aventure pionnière

– Voilà une expérience inédite et insolite qui défriche des niches nouvelles, entre maison d’édition traditionnelle et le net, aux infinis possibles en termes de multimédia et de diffusion démultipliée par les réseaux sociaux. Une nouvelle rencontre entre les textes de qualité et l’image, en instantanés, noir et blanc ou couleur, adaptés aux histoires proposées. Une aventure néanmoins pionnière qui explore à pas comptés un marché en devenir quant à sa rentabilité et son accessibilité avec tous les risques potentiels de piratages et de partages à contrôler en ligne.

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– Repousser les limites d’un genre et le triturer, le remodeler en mode numérique et intelligent, telle est l’ambition de Nicolas Sarrade. Voilà 6 ans, las de Paris et de ses tumultes (à l’instar d’Alesko tiens!, adepte assidu comme Claude Billès du Microcosme où nous rencontrons Nicolas), il s’installe à Bayonne avec en tête son projet de réinventer un mode d’expression numérique, très galvaudé par le passé et ringardisé pour cause de mauvaise utilisation, au service de mauvaises histoires ou bluettes pour ménagères, en mal de princes et de princesses. Sa formation d’infographiste l’aide à formuler un nouveau concept, celui de Photo-roman, pour lequel il joint à ses compétences photographiques- et infographiques !- le talent de nombreux auteurs, en des duos créatifs où chaque aventure diffère. Soit les photos existent, et c’est à l’écrivain d’imaginer et de ciseler les mots qui viendront leur donner sens. Ou bien, à l’inverse, une nouvelle, véritable pépite, se présente, et c’est au tour du photographe de coller à l’univers poétique et narratif de l’auteur. Et puis, dernier cas, tout est à créer sur une idée commune en une construction progressive qui emboite deux univers différents pour une même oeuvre numérique. Expériences exaltantes et riches qui autorisent tous les décalages, tous les triturages et explorations d’un support nouveau, réhabilité dans toutes ses dimensions littéraires, visuelles et créatives, quitte à mettre en danger le photographe ou l’écrivain sur des thèmes ou inspirations souvent extrêmes… Ce qui motive Nicolas ? L’humain avant tout et ses rapports aux mondes multiples qui l’entourent en diverses situations: la ville, les arènes, de nuit, de jour, en fêtes etc.

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Un catalogue en ligne

Déjà 5 titres sont disponibles, dont certains avoisinent les 350 pages. Produits par les éditions BlaBla, ils sont diffusés, via Numilog, auprès de nombreuses librairies en ligne, de la FNAC à Amazon et surtout l’Apple Store, en passant par de petits sites plus confidentiels. Le prix ? l’équivalent d’une place de cinéma, soit moins de 10 euros. Le risque de partages massifs et sauvages l’effraie-t-il ? De fait, un verrouillage existe qui ne permet que 5 partages et un dispositif de marquage permet, en cas de piratages, de remonter à l’identité de l’acheteur peu respectueux des droits d’auteurs.  En cette phase de démarrage du concept innovant, toutefois, une certaine souplesse reste de mise, pour des raisons promotionnelles, mais le succès rattrapera vite ce pionnier et gare aux piratages sauvages en ce cas ! Les titres proposent une belle variété de genres et d’histoires et un 6ème projet sur les Fêtes de Bayonne fait l’objet d’un appel à témoins, relativement urgent, auquel on peut répondre sur une page Facebook dédiée : blabla de Festayres.

– Le premier opus, “Urbains”, est une co-réalisation: Bruno Turcan à la plume et Nicolas Sarrade à l’objectif. Un essai sociologique qui analyse les comportements d’un couple de tout un chacun qui, sur une plage, se dénude et lache prise en termes de paroles libérées. En prime, de nouveaux regards sur soi même et sur les autres! Jubilatoire.

– Le second ouvrage, “Night Running Movie” est le fruit d’une collaboration entre Nicolas Kaiser, pour les mots, et Nicolas Sarrade pour l’image. Les photographies émanent d’un cours métrage réalisé pour le Festival des Rencontres Improbables, disparu depuis, et créé par la Compagnie des Lézards qui bougent, sur le BAB. Une nuit un jogger parcourt l’agglo. Pourquoi court-il et pourquoi là, ce soir là ? Tel est le sujet de ce Road Movie en photos où les mots narrent quelques rencontres nocturnes.

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– Troisième réalisation 4 mains, “le mal de moi”, élaboré au fil d’une belle osmose entre Nicolas Sarrade et Anne-Marie Lafeu. Une pure fiction axée sur le journal intime d’un tueur en série avec un questionnement insolite : Comment représenter en mots et images les fantasmes d’un psychopathe qui n’est pas vous ? Un exercice qui transcende le genre polar pour une vision inédite où les co-auteurs vont au delà de leurs limites.

– Le quatrième livret nous touche particulièrement puisqu’il met en scène une immersion au coeur du travail théâtral. “Matière Invisible” nous plonge dans l’univers d’un atelier amateur des Chimères, dirigé par Jean-Marie Broucaret, pendant 4 mois. De multiples interrogations surgissent: Pourquoi les amateurs font-ils du théâtre et comment le conçoivent-ils ? Comment évoluent-ils au fil des mois ? Et quelle pédagogie Jean-Marie Broucaret sculpte-il sur cette matière invisible qu’est l’être humain ? Une belle réflexion à découvrir.

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– La cinquième création est un vrai challenge sur le mode de travail ou d’approche et le thème, polémique, abordé. “Diego” est, à l’origine, une nouvelle de Georges Bonnet-Crozant sur laquelle Nicolas Sarrade pose son regard photographique tout en délicatesse. Le thème tourne autour de la corrida, aux arènes de Bayonne. Un jeune garçon rencontre un vieil homme sur un banc et l’inattendu survient… Extraits!: “Il m’a fallu sa mort tragique (Diego Ndlr) pour comprendre son attachement viscéral à ce lieu – une éclaircie sur mon voile d’ombre. –  Dans celle-ci quelle est votre part ? demande un Marius dépassé par sa question. –  D’avoir voulu être le soleil, tout son soleil. Je suis ganadéro depuis trois générations. Du bon sens et du courage m’ont donné une connaissance profonde de ma ganadéria, annonçant à l’avance les performances de mes toros, capable au sorteo de faire valoir mon point de vue pour essayer de répartir la chance… à bon escient. Intuitif et pragmatique, je note tout ce qui se passe dans mes cahiers rouges, perpétuant notre mémoire afin de la transmettre à mon fils ; même si je ne partageais pas avec lui certains secrets gardés dans le disque dur de ma connaissance ; faisant bien la différence entre l’essentiel, l’oubli et le sens de la vie.” On vous le disais ! Plus rien à voir avec “Nous Deux” !!

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– Le petit dernier est en cours ! Il requiert la participation active de tous les festayres qui animent les Fêtes de Bayonne depuis plus ou moins longtemps,  mais aussi loin que leurs souvenirs remontent ! Une anecdote de quelques minutes, une journée mémorable, une saison plus particulièrement inscrite dans la mémoire, des instants de partages… C’est tout cet ensemble précieux, souvent en pointillé, dans les rues ou les penas, seuls ou entre amis, que Nicolas souhaite recueillir.

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Vous devriez essayer, juste pour vous rappeler que la fête est aussi une poésie de la vie !

www.editionsblabla.fr et page Facebook “blabladefestayres “

Catherine CLERC,magmozaik64200@gmail.com

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One Response to Le Roman-photo est mort, vive le Photo-roman!

  1. Sarrade says:

    Comme la formidable équipe de Mag Mozaïk, n’hésitez pas à venir faire les curieux sur la page facebook dédiée au projet (facebook/blabladefestayres) et à m’y contacter pour proposer un souvenirs ou une anecdote autour des fêtes de Bayonne. Nicolas.

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