Vu dans la presse

Published on avril 29th, 2017 | by MagMozaik

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L’art ? Une grille de lecture du monde !

A l’heure où se déroule au Didam la confrontation artistique entre deux artistes majeurs de belle complémentarité et de parcours divergents,Jeannette Leroy et Gérard Fromanger, magistralement ciselée par Jean François Larralde, nous avons rencontré un magicien de l’art, virtuose des belles rencontres, mais trop souvent dans l’ombre par discrétion et humilité.

Jean-François Larralde orchestre ses visions de l’art et ses passions pour les artistes en partitions multiples où il développe toute l’étendue de ses talents et domaines d’interventions. Elle procèdent d’une véritable conviction philosophique et éthique que cet esthète décline en expositions, outils pédagogiques, écrits de référence et métissages avec d’autres formes de culture à travers des événements associatifs, qui ne formulent d’autre ambition que de mettre l’art et la culture à la portée de tous. Il ne conçoit pas l’art (et ses esthétiques) comme une résultante économique d’un contexte socio-politique, qui l’enrichissent néanmoins, mais au contraire comme la source primale dont découlent toutes les formes de sociétés, de la préhistoire à aujourd’hui en multiples évolutions. Autrement dit avant d’être un « Homo politicus » , l’humain est viscéralement un « Homo artisticus ». Sa capacité  première à se vivre en modes art et culture à travers des quêtes permanentes et des métamorphoses aboutit à se vivre en citoyen et non l’inverse!  Toutes les actions d’un de ces derniers gentilhommes, profondément ancrées dans la vie sociale, économique et politique de ses concitoyens, trouvent là leur pertinence, leur efficacité et leur légitimité évidente. Résultante de ce positionnement ? Une vision de l’art à travers son histoire et l’attachement affirmé à suivre sur la durée l’évolution de bien des créateurs. Car en fin connaisseur et découvreur de talents d’ici ou d’ailleurs depuis des décennies, notamment à travers les groupes avant-gardistes basques Gaur et Orain, il maîtrise à merveille l’art de ciseler la renommée et la portée majeure d’ artistes dont il organise bien des expositions et des rétrospectives, et dont il offre à des publics intergénérationnels la quintescence de démarches créatives sans cesse en mouvement.

C’est dire combien le qualificatif de touche à tout lui sied peu ! En véritable chef d’orchestre, il dirige plutôt une symphonie complexe aux belles envolées qui se nommerait art, tissant sur une trame nuancée et subtile tous les jeux infinis d’instruments dont les notes composent une harmonie chargée d’émotions et de sens.

Florilège d’expositions

Premier mouvement de partition ? Les expositions, organisées de son propre chef lorsqu’il était conservateur et directeur du Musée de Guéthary (classé Musée National grâce à lui), ou chorégraphiées en qualité de commissaire, avec toujours ce « compagnonnage » d’artistes ou de collectifs phares dont il sublime au fil des années les évolutions, tels Jeannette Leroy, de Guéthary au Didam aujourd’hui, ou Sistiaga, deux artistes de la gestuelle instinctive mais aussi le groupe Gaur, d’Oteiza à Chillida, et le groupe Orain avec Jésus Etchevarria, histoire d’illustrer toute la créativité et la vitalité de ces figures incontournables, de la période franquiste à aujourd’hui. Un virtuose des expositions d’envergure que d’aucuns s’arrachent mais si, de son propre aveu, il recherche la discrétion en contemplatif qu’il se ressent, par un curieux paradoxe, il ne cesse d’être omniprésent, par ses actions diversifiées et nécessaires , sur la scène artistique de notre territoire, parfois même bien au delà, de Caracas à Ixelles. Sistiaga pour l’inauguration du Didam c’était lui. « Une pasion privada  » de Pilar Citoler en juillet 2015 au Casino Bellevue de Biarritz ? Encore lui ! Le carambolage Leroy/Fromanger actuellement au Didam ? Toujours lui ! Sans compter bien d’autres à venir qu’il maîtrise parfaitement dans le cadre de ses nombreuses autres activités où il s’implique avec passion et souvent bénévolement, sans ménager ses compétences de référence et ses efforts. Des expositions qui illustrent bien son engagement dans le suivi des artistes mais aussi dans la pédagogie et les passerelles érigées avec d’autres formes d’art à travers un arsenal de médiations structurées autour de chaque exposition. Conférences, débats, visites guidées, respirations musicales ponctuent ces événements et leur donnent tout leur sens d’accès du plus large public possible à la culture.

Les clefs de l’art pour tous

Attitude qu’il reproduit dans son second mouvement très pédagogique. L’écriture y prend toute sa place en catalogues, livres et écrits sur ses artistes de prédilection. Véritable magicien des mots il sculpte des textes subtils, incisifs, analytiques  et justes qui disent souvent bien mieux qu’eux les démarches et styles des artistes qu’il ressent profondément, charnellement parfois, tissant avec eux des fils porteurs élégants et flamboyants d’humanité et d’amitié. L’enseignement ensuite où il s’attache à faire connaître l’histoire de l’art, toujours en liaison avec l’actualité, ou à donner les clefs pour comprendre de grands maîtres tels Renoir, Rodin, Bacon, Botero et autres Brancusi. L’Université du Temps Libre de Biarritz lui offre la structure adéquate pour ce faire, multipliant ainsi les ciné-débats, en un joli partenariat avec le Royal, les cours et les visites guidées d’expositions majeures à Bilbao, Pampelune ou Vitoria Gasteiz, entre autres. Mais au-delà, il s’investit également dans son association « Ilargi Taldea » (la Cie de la Lune) implantée sur Saint Jean de Luz et Ciboure. Là, dans une démarche tarifaire très sociale et soucieuse des malmenés de la vie actuelle, il propose des ateliers de peinture, sculpture, dessin, mosaïque, modèles nus et photographie, émaillés de nombreuses interventions en milieu scolaire du fait de son label Education Nationale, à travers les activités péri-scolaires, dites NAP. Son association participe également aux manifestations culturelles de ces deux villes avec, bientôt, un ciné-débat autour de la sortie du film “Rodin” sélectionné à Cannes, au Royal et au Sélect, où il développa longtemps des cycles de conférences avec visites d’exposition. Toujours la théorie suivie de la pratique en somme!

Des passerelles transdisciplinaires

Et puis il y a Ezkandrai, qu’il fonda avec le couple Achiary et Jesus Aured, dont les deux festivals incontournables, « Errobiko Festibala » à Itxassou et « Les Ethiopiques » à Bayonne, sont aussi des grilles de lecture des métissages du monde et de l’identité culturelle basque à la croisée de l’art, de la danse, de la poésie, de la musique et du chant. Des événements populaires, urbains ou ruraux, qui permettent avec très peu de moyens et beaucoup d’enthousiasme des participants, de côtoyer les plus grands artistes d’excellence dans un tourbillon de partage et d’échanges. Des journées bien remplies auxquelles s’ajoutent celles consacrée à Biarritz Festival dont Jean-François Larralde est membre depuis 25 ans avec, cette année, une nouvelle impulsion créative donnée au Festival Biarritz Amérique Latine à travers des interventions toute l’année, une exposition photo à la Crypte Saint Eugénie et une autre consacrée de la fin juin à début juillet au peintre cubain Julio Matilia en partenariat avec la Médiathèque et l’association française latino américaine de la côte basque (AFLACOBA). Nous y reviendrons.

Une riche actualité au Didam

Pour l’heure, l’actualité s’inscrit au Didam en cette belle confrontation amicale qui oppose 2 styles, 2 époques car  « plus le décalage est grand, plus le dialogue peut s’engager ». Le 29 avril à 18h00, regards croisés entre la peinture de Fromanger et les philosophes qui ont interprété son oeuvre à la lumière des bouleversements nés de 1968: Deleuze, Foucault et Guattari, sous la houlette de Christophe Lamoure et Jean-François Larralde. Et puis, apothéose de l’exposition lors de la Nuit Européenne des Musées le 20 mai à 18h00. L’association Ezkandrai propose une petite pépite en la personne de Christine Matineau, entre voix et violon alto qui vagabondera sur Luciano Berio, Béla Bartok et ses propres compositions. Un homme lumineux que la nouvelle communauté d’agglomération Pays Basque aura tout à gagner de séduire!

Catherine CLERC, magmozaik64200@gmail.com

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