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Published on juin 15th, 2016 | by MagMozaik

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Laisser du temps au temps…

Et si, en ces prémices de l’été, nous prenions le temps de nous poser, de nous ressentir nous-mêmes, de humer les brises océanes ou celles plus ombrageuses de nos vallées brumeuses, d’écouter la nature se dire, se chanter, se développer à son rythme? Tout, en ce mois de juin, nous incite à explorer le temps, pour de temps en temps, tant qu’il est encore temps, vagabonder entre amis, autour d’un bon verre, et surfer sur les déferlantes de nos imaginaires! De bons livres, de Zigor à Gardinier, l’aventure où nous entraine, depuis octobre dernier, Alain Darroze dans les allées d’un extraordinaire jardin en permaculture dans le respect total d’un écosystème où chaque plante ou arbre, chaque insecte, des abeilles aux coccinelles,  chaque oiseau, chaque petit rongeur tient son rôle actif de fertilisateur ou de nettoyeur!  Des événements festifs qui nous ramènent aux années folles ou nous offrent quelques moments privilégiés de convivialité entre Casetas ou chants basques…Et puis ces salles obscures où maints réalisateurs nous questionnent sur ce temps accéléré, à bout de souffle et de sens, qui propose une culture effleurée, éphémère, survolée en pointillés vite effacés,  insipide, virtuelle, prête à consommer et à jeter, en mode sursaturation informative….C’est justement le thème du billet d’humeur de Corine, Présidente du Cinéma Le Royal… A savourer sans modération de sensibilité et d’intelligence!

“De toutes les écoles de patience et de lucidité, la création est la plus efficace.” Albert Camus

Tout de suite maintenant…Oui, nous le voudrions “tout de suite maintenant” le monde juste dont nous rêvons. Et nous pouvons revendiquer cette impatience dont certains cinéastes se font l’écho, comme Ken Loach qui au cœur des paillettes du Festival de Cannes, termine son discours de “Palme d’or”, par ces mots : “Un autre monde est possible et nécessaire.” Mais le “Tout de suite maintenant” dont parle Pascal Bonitzer dans son film est différent : c’est celui d’un monde où tout s’accélère malgré nous, le monde du résultat immédiat : “Le temps long est dévalorisé, Internet est la mesure du temps actuel : en un clic, vous pouvez tout avoir, enfin, c’est ce qu’on vous fait croire.” Que fait-on finalement du temps que nous croyons gagner, en nous perdant nous-mêmes ? Quel intérêt de se mettre au rythme de ce monde qui roule à toute allure vers le vide et l’injustice ?

Il faudrait savoir faire preuve de patience, mais pas au sens de passivité, de celle qui frôle de si près le découragement, de celle qui nous rappelle l’étymologie du mot : “je souffre, je supporte”. Il faudrait choisir la persévérance plutôt, qui demande de vivre le temps autrement, en direction d’un objectif qui serait au contraire de ne plus accepter la souffrance, de ne plus supporter l’insupportable. Les cinéastes le savent qui mettent plusieurs années souvent à construire leur projet. On dit “s’armer de patience”. Le terme est approprié si nous faisons du temps une force. Car “la patience a des limites” : en tous cas celle de ne pas se transformer en lâcheté. “Ce n’est qu’au prix d’une ardente patience que nous pourrons conquérir la cité splendide qui donnera la lumière, la justice et la dignité à tous les hommes. Ainsi la poésie n’aura pas chanté en vain.” Oui, comme le dit Rimbaud, il nous faut une “patience ardente”, celle sans doute qui définirait l’art. Et le cinéma est un art du temps. Il donne forme à la durée et comme la poésie qu’évoque Rimbaud, il peut provoquer l’étincelle.

Les films disent cette patience qu’il faut pour regarder le monde, certains le font avec humour comme les comédies de cette programmation, d’autres avec émotion ou lyrisme. Il disent le temps qu’il faut pour avancer. Ils disent aussi parfois la colère qui dénonce l’inacceptable. Et nous spectateurs, nous décidons de donner du temps pour nous poser devant un film. Une parenthèse essentielle dans notre rythme fou. Le cinéma empêche le regard fuyant. Peut-être nous permet-il de ne pas lâcher. Le cinéma est une chance de rencontre et un espace d’envie. Et peut-être faut-il de l’impatience pour créer la patience. Sans doute faut-il du désir, celui de remplir les instants, celui de palper l’épaisseur d’une réalité qui sinon nous échapperait.

Dans ce programme, un film nous raconte les années qu’il faut pour voir pousser des vignes, un autre nous parle d’un olivier vieux de 2000 ans arraché par la folie des hommes qui ignorent le sens du temps. Il est question de transmission, de grands-pères qui lèguent des  leçons de vie à leurs petits-enfants (Les raisins de l’espoir, L’olivier). Il est question aussi de femmes qui prennent le temps parfois douloureux d’aller au bout d’elles-mêmes, d’un cinéaste qui prend le temps d’écouter des êtres parler, de regards sur la nature et de questions humaines  qu’il faut prendre le temps de poser.

Des pistes pour re-créer ce monde qu’il nous faudrait atteindre, avec patience et lucidité…

Pour le cinéma Le Royal, Biarritz, Corine.

                    

Voici les événements concoctés au Royal dans notre tout nouveau programme. Des occasions de se retrouver autour du cinéma. Des avant-premières, des verres de l’amitié à partager pour fêter dignement le cinéma entre le 26 et le 29 juin. Deux réalisateurs et un comédien à rencontrer. Et des moments sympas pour les enfants. L’équipe du Royal vous attend…

  Samedi 18 juin à 21h00 : Dans les forêts de Sibérie de Safy Nebbou. Rencontre avec le réalisateur et le comédien Raphael Personnaz.

  Lundi 20 juin à 18h30 : présentation des travaux pédagogiques du collège FAL de Biarritz. Le résultat du travail audio-visuel de l’année sur le thème : Et c’est comme ça que…”  Entrée libre.

  Mardi 21 juin à 17h40 : Royal orchestra, de Heddy Honigmann. A l’occasion de la Fête de la musique !

 Du 26 au 29 juin, c’est la Fête du Cinema. 4€ pour tous, à toutes les séances.

des avant-premières à 4€, c’est Royal !

– Dimanche 26 juin à 15h50 : La tortue rouge, de Mickael Dudok de Wit. Prix Spécial – Un certain Regard -Cannes 2016 –  Avant-première à partager en famille. 

– Dimanche 26 juin à 21h20 : L’olivier, d’Iciar Bollain. Séance suivie d’un verre de l’amitié.

– Lundi 27 juin à 21h20 : Viva, de Paddy breathnach. Séance suivie d’un verre au bar Le Classique (26 rue Gambetta)

– Mardi 28 juin à 21h20 : Léa, de Marco Tullio Giordana. Séance suivie d’un verre de l’amitié.

– Mercredi 29 juin à 22h05 : The endless summer, de Bruce Brown. Soirée surf en partenariat avec Surf Session.

Mardi 5 juillet à 21h00Celui qu’on attendait de Serge Avedikian. L’association culturelle France Arménie Pays Basque, vous invite à partager un verre de l’amitié dès 20h30. La séance sera suivie d’une rencontre avec le réalisateur.

– Party crêpes : les 6, 13 et 20 juillet, après la séance de Chouette… un nouvel ami !,  partagez crêpes et jus de fruits entre copains pour 3€ seulement, à la crêperie Au p’tit dolmen (face au cinéma, réservations au cinéma)

 Samedi 16 juillet à 21h50 The Rocky Horror Picture show, de Jim Sharman. En présence de la Troupe des Super Héros de Transylvanie, séance à ne pas rater pour ce film culte.

 

www.royal-biarritz.com

Pour notre part, nous vous recommandons chaudement “Elle” de Paul Verhoeven, “Julieta” de Pedro Almodovar, l’extraordinaire et très corrosif “Merci Patron” de François Ruffin, “Viva” qui sera projeté lors du Festival Biarritz Amérique Latine et, pour les accros aux oiseaux bêtes et méchants à en hurler de rire, “Angry Birds, le film de Clay Kaytis et Fergal Reilly. 

Catherine CLERC, magmozaik64200@gmail.com 

et toute l’équipe du Royal!

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