Culturissimo

Published on novembre 3rd, 2016 | by MagMozaik

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La Scène Nationale du Sud Aquitain: Continuité dialoguée

En dépit d’une actualité largement occupée par l’EPCI et Donostia 2016, la Scène Nationale du Sud Aquitain ne se situe pas à la croisée de chemins basques, aquitains ou transfrontaliers qu’elle parcourt déjà avec bonheur depuis bien longtemps, glanant ça et là quelques pépites somptueuses en découvertes, résidences ou co-productions multiples.

Des programmes ébouriffants et diversifiés d’année en année que complètent ses actions pour un accès de tous les publics à la culture et sa politique de mutualisation de moyens amorcée depuis longtemps sur notre littoral. Petite halte sur cette balade à long terme avec Dominique Burucoa, toujours à l’affût de nouveaux talents et de petits bijoux qu’il sertit en tréteaux ou sous chapiteau avec gourmandise et jubilation, avec un accent fort mis sur les 12 co-productions, nationales et régionales, qui enrichissent la programmation, dont 7 en création mondiale avec résidences.

Un label d’exigence

La nouvelle saison 2016-2017 de la Scène Nationale du Sud Aquitain ne déroge pas à sa volonté de proposer une programmation inventive, novatrice, diversifiée et de très haute teneur en ses quatre lieux de prédilection: Bayonne, Le Boucau, Anglet et Saint Jean de Luz. Un label national qui inscrit la structure au coeur de la création contemporaine, notamment régionale, à travers de nombreuses co-productions et résidences, comme un formidable creuset, pour un public le plus large possible, dans une démarche citoyenne et humaniste.

Le label Scène Nationale est un fait acquis et mérité depuis 1991. Il n’est jamais attribué à l’établissement mais au projet culturel et artistique proposé par son directeur, en l’occurrence Dominique Burucoa, qui oriente, depuis l’origine, avec passion, ouverture et curiosité, les programmations annuelles afin de mener à bien des missions de service public soutenues par l’Etat, la Région, le Département et les villes impliquées dans son dispositif.  Son ambition? élaborer, en de multiples lieux adaptés à chaque spectacle, intimistes ou grand public, une scénographie virevoltante où toutes les disciplines, tous les talents, reconnus ou en herbe, tous les publics, se rencontrent, se télescopent et se nourrissent les uns des autres en représentations de très haut niveau et belles découvertes de créations inédites, parfois dérangeantes, mais toujours jubilatoires tels Jon Maya et Kukai Dantza l’an passé!

A cette vitrine correspond un travail en profondeur toute l’année, comme une face cachée de l’iceberg! De multiples actions se développent pour que rayonnent la culture et l’art auprès de publics les plus larges possibles, des enfants aux esthètes fidèles, en passant par les familles et les plus démunis. Car outre les espaces qui accueillent, en fonction de leur configuration sculptée pour chaque spectacle, intimiste ou grandiose, des productions plurielles, la Scène Nationale a su intégrer le tissu associatif dense de la région à ses actions au quotidien en des milieux aussi différents et éclectiques que les hôpitaux, les réseaux scolaires ou les prisons. Un maillage construit patiemment en liaison avec tous les partenaires socio-éducatifs, socio-culturels, les villes d’accueil de spectacles, les partenaires institutionnels et de l’Education Nationale. Un foisonnement culturel et artistique axé autour du théâtre, de la musique- en chansons ou concerts-, de la danse, du cirque, de la magie nouvelle et des spectacles proposés à l’imaginaire des enfants.

La ligne directrice consiste à valoriser la culture régionale et ses espaces d’accueil en co-productions durables,  souvent  assorties de résidences et de partenariats avec d’autres acteurs culturels, souvent en dispositifs de transfrontalité, capables de faire rayonner partout en France et en Europe éventuellement les spectacles ainsi propulsés. On assiste d’ailleurs à une fidélisation des compagnies aidées qui reviennent plusieurs fois, de saison en saison, avec des créations différentes ou, dans le cadre de créations à long terme, pour continuer l’aventure avec la Scène Nationale.

Ces actions se conjuguent avec d’autres dispositifs de fond toute l’année: une attention particulière portée au public de demain, les enfants, en temps et hors temps scolaires, ou aux familles, des collaborations techniques tissées avec d’autres lieux de spectacles plus démunis, des passerelles transfrontalières fortement édifiées et la co-organisation de festivals locaux que l’apport en compétences et moyens hisse au plus haut niveau de qualité et de notoriété ( Le Rendez-vous des Musiques Sacrées de Saint Jean de Luz du 20 au 23 octobre, Les Jours Heureux d’Anglet en mai 2017 et le Festival Andalou de Saint Jean de Luz du 2 au 5 juin 2017). Un état d’esprit qui a déjà largement intégré depuis des années celui souhaité par l’EPCI, y ajoutant de surcroit, la dimension transfrontalière.

S’investir dans la création locale ? Un credo !

La saison 2016-2017 enregistre, d’ores et déjà, des chiffres en hausse très nette, qu’il s’agisse de spectacles proposés et co-produits ou de la fréquentation attendue. Sur 4 villes et 9 lieux, 63 spectacles en 150 levers de rideaux d’octobre 2016 à juin 2017 investissent le littoral, de Saint Jean de Luz au Boucau, selon la spécificité des créations (et la jauge des lieux), glanées toute l’année, de festivals en festivals, de théâtres en chapiteaux, de salles de concerts en tréteaux, par l’équipe artistique de la Scène Nationale. 12 co-productions, nationales et régionales (la Nouvelle Aquitaine élargit désormais le champ d’action!), enrichissent la programmation, dont 7 en création mondiale avec résidences. Avec 3000 abonnés et 45 000 spectateurs, auxquels s’ajoutent ceux des festivals co-organisés et des lieux directement gérés par la Scène Nationale au Théâtre de Bayonne et à la Salle Apollo du Boucau, la fréquentation de la dernière saison battait déjà les records! Dès septembre, les abonnements enregistraient une augmentation de 200 unités par rapport à la même période de l’an passé et certains spectacles affichent d’ores et déjà complet! Le vif engouement se confirme donc!

On soulignera tout particulièrement le soutien apporté à la Cie circassienne « Bivouac » qui bénéficie en outre de « Mugalariak », concept d’aide à la création mis en place par Donostia 2016 pour favoriser la rencontre de publics et de créateurs de part et d’autre de la frontière à travers des résidences, comme en a profité avec grand succès Dantzaz Konpainia pour sa récente évocation d’Eresoinka en version XXIème siècle. Programmé le 8 mars prochain au théâtre municipal de Bayonne ce spectacle « A corps perdus » sera accueilli en résidence à Bayonne et au teatro Vitoria Eugenia de Saint Sébastien. Une fresque contemporaine surréaliste et poétique en diable, tout en acrobaties vertigineuses, sur la quête infinie des espoirs et des possibles, comme une métaphore de nos navires de vie en perdition que la rage de réaliser nos rêves et de se dépasser mène à bon port, contre vents et marées. 

Bon vent de vie à la Scène Nationale !

Pour toute information sur les spectacles, les lieux, dates, horaires, tarifs et abonnements: www.scenenationale.fr. Billeterie en ligne sur Bayonne et le théâtre Quintaou d’Anglet.

Catherine CLERC, magmozaik64200@gmail.com

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