Vu dans la presse

Published on janvier 16th, 2017 | by MagMozaik

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La peinture? Des ponctuations de vie et de mémoire

A vagabonder sur les peintures d’Agnès Lacombe on imagine une femme pop art, virevoltante sur sa planche de surf et que rien n’arrête dans sa chevauchée des vagues d’un avenir tout tracé ! Mais c’est tout le contraire. Une magnifique aventure sur le fil de la vie que, pudique, elle ne laisse apparaître qu’en filigrane de son art.

La peinture d’Agnès Lacombe est d’une incroyable richesse à l’image de sa vie. un moyen d’en exorciser les moments  douloureux, de ruptures mais surtout de reprendre le contrôle de ses envies, de ses désirs, d’avancer en se construisant après bien des fêlures, se reconstruisant sans cesse avec gourmandise et passion pour ce parcours dont elle veut garder, sans apitoiement sur elle-même, la mémoire qui permet aux lendemains, mieux évalués et projetés, d’atteindre non pas la sérénité mais au moins l’apaisement, recentré sur l’essentiel autour duquel elle se forge, se cisèle, s’affine aujourd’hui avec infiniment d’émotions, de sensibilités qui l’expriment pleinement. Sa peinture, ses styles, ses techniques évoluent en fonction d’elle-même en lui collant à la peau avec jubilation et une fragilité toujours présente, en bonne autodidacte qu’elle se veut, justement pour s’affranchir de tout diktat technique restrictif. Peindre? C’est une urgence, un besoin frénétique pour avancer toujours plus loin, avec toujours en tête 2 tableaux d’avance.

Les bouches pour hurler et dialoguer, les yeux pour se souvenir avec des larmes qui ne sont plus celles de la tristesse mais de la joie ou de la colère ou du souvenir qui s’apaise, des nez pour humer la vie, peu d’oreilles car tout n’est pas bon à entendre et qu’il au contraire, judicieux et salutaire de questionner, parler, se dire, se hurler et surtout pas avec les mains, résolument absentes de ses tableaux,  dont le souvenir obscène obsède, ou qui sont des exutoires trop personnels d’où surgissent les formes, les couleurs, les mots, tant les pinceaux sont aussi crayons et prolongements d’états d’esprits, d’humeurs changeantes.

Au départ, de l’art brut, enfoui, frustré, dans une gangue de conventions où il faut être ce que l’on n’est pas vraiment. Peu de couleurs, pétrir la matière, la toucher, du béton à la pâte à bois. Et puis les déchirures de la vie surviennent qui provoquent la rupture, l’envie de réparer une vie cassée à reconstruire à travers l’art… Un long chemin pour vomir d’abord une ancienne vie puis apprendre à nouveau à la maîtriser et la reconstruire, en esquisser les nouvelles lignes qui sachent intégrer l’émotion, les fêlures enfin comprises qui font avancer… Peu à peu nait la couleur, en épures, en envies de plus en plus multiples d’effets ou de supports, notamment métalliques, qui traduiront de nouvelles complexités d’esprit, d’aventures inédites où enfin le souffle, la respiration, le respect inconditionnel de la vie, ce don inouï, se réinventent en un foisonnement de couleurs qui brisent les interdits sans jamais ostraciser les souvenirs qui font la densité de ce qu’elle est aujourd’hui, une femme rayonnante, fragile mais si forte de toutes ses envies, ses ambitions, ses renaissances douloureusement sculptées jour après jour. Qui a su, à partir de ruines, bâtir ses cathédrales de vie, traversant les drames, la maladie, les brisures intimes. Tout en sa peinture la respire, la raconte, la transcende vers la belle personne qu’elle est aujourd’hui devenue mais qui continue à se construire encore davantage .

Sa nouvelle série? Les bouches « Rolling Stones »! Importer des bouches autres sur ses visages dont les regards reflètent une âme au dense cheminement, voilà une aventure inédite et nouvelle puisqu’à nouveau le dialogue s’établit avec d’autres paroles qui ne sont plus les siennes, brûlantes, douloureuses ou simplement solitaires. Joli symbole, non point encore de certitudes retrouvées mais d’un chemin qui se trace aujourd’hui avec davantage de fulgurances et de sérénités?? Le style n’appartient qu’à elle et sa technique se calque sur une immédiateté de sensations qu’elle a besoin de jeter là comme une émotion brute, urgente, qui ne saurait attendre pour se libérer. L’huile? Trop lent, trop contraignant, trop contemplatif! L’acrylique lui convient davantage. Les supports? La toile carrée dont les coins disparaissent étrangement, emplis de cette fureur de peindre et si le format n’est pas disponible, elle s’adapte! Le métal? Une autre façon plus acérée, mate, de hurler aussi en plat comme en ondulé qui transforme les perspectives à l’instar des planches de surf qui donnent une respiration dimensionnelle autre à ses souffles créatifs, ou la sculpture, tout en rondeurs sensuelles que nous préférons à l’état brut, avec des petits airs de Nicki de Saint Phalle.

Et demain? C’est tout d’abord une somptueuse exposition au salon d’art contemporain de la Porte de Versailles du 27 au 29 janvier, le Salon ART3F, pour une belle densité d’échanges, en attendant, pour avril prochain, 4 semaines d’exposition au Clos des Roses de Fréjus où la Galerie Art Life de Saint Raphaël la représentera, une présence à la Galerie des Corsaires du 20 mars au 8 avril, puis de 4 semaines à la Roquette sur Siagne près de Cannes. Nous, nous verrions bien une telle énergie, libre et indépendante, s’exprimer pleinement au prochain mondial de Surf à Biarritz cet été dans cette maison dédiée que la ville a récemment inaugurée. A bon entendeur….

Agnès Lacombe, Atelier 20 rue Vieille Boucherie à Bayonne

www.agneslacombe.e-monsite.com

Catherine CLERC, magmozaik64200@gmail.com

Photos Mathieu CLERC, video Philippe SIRET

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