littérature

Published on août 19th, 2017 | by MagMozaik

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La parabole de l’oeuf à la coque

Carlos Dorim, poète et écrivain, né à Cuba, ne se définit pas comme cubain mais comme un voyageur qui, grâce à l’écriture, se sent partout chez lui et pour lequel l’exil est l’évasion d’une prison vers la liberté de se forger. Une belle rencontre!

Carlos Dorim se reconnait entièrement dans ces chemins de vagabondages de pays en pays qui le nourrissent et continuent de construire l’homme qu’il est aujourd’hui, sur ces chemins de traverse où se croisent tant d’influences majeures et de lectures, notamment américaines et italiennes. Il conçoit l’écriture comme une aventure qui vous fait sentir libre, partout chez vous, lui qui a passé son enfance puis sa vie d’adulte à voyager pour se construire une vraie cohérence à travers des ponts érigés entre passé et présent, car  « on se change pas sa vie, on la continue ». Il n’est pas, à bien des égards, sans nous rappeler Zigor dont les sculptures se calquent sur sa poésie en forme de haïkus. De Cuba, il ne voit aujourd’hui que le pays détruit définitivement par un système que la débrouillardise des cubains maintient en place, hélas. Mais attention, il ne se veut pas le voyageur éternel sans attache mais bel et bien le voyageur qui prend le temps, l’espace de quelques années, de s’inscrire dans le pays d’ancrage. Cuba jusqu’à l’âge de 12 ans, puis l’Italie pendant 7 ans, dans le sillage d’un père grand critique et amateur d’art, pour enfin se poser en France en 1975 où il s’installe définitivement, adoptant la nationalité française et optant pour sa ville coup de foudre, Bayonne. Bien des années où vont s’entrecroiser des influences multiples et des lectures pour mieux ciseler encore son rapport à l’écriture. Pour lui, la vie n’induit pas l’écriture, c’est elle qui commande, vous envahit jusqu’à ce que l’écrivain, le poète, disparaissent derrière les mots chorégraphiés. Citant en référence Alain Resnais qui déclarait: « Je fais les films que j’ai envie de voir et lorsque je les vois, j’oublie que c’est moi qui les ai faits », il écrit les livres qu’il aimerait lire et lorsqu’il les lit ensuite il oublie qu’il en l’auteur! Car pour écrire, l’égo doit s’effacer. Il faut lâcher prise pour laisser l’imaginaire vous envahir. Le 18 août à 19h00, librairie Le Festin Nu,  il nous proposait une rencontre avec 6 poètes américains modernistes et imaginistes aux chemins croisés: Ezra Pound, William Carlos Williams, Allen Ginsberg, Jack Kerouac, Gary Snyder et Richard Brautigan.

Au mois de septembre, la médiathèque de Biarritz lui consacre deux belles rencontres avec le public qui coïncident avec le Festival Biarritz Amérique Latine. Le 18 septembre à 16h00, il animera un débat à l’occasion autour de Zoé Valdès et de son ouvrage « La nuit à rebours ». Deux visions sur Cuba entre ce qui y est perdu et ce que l’on y gagne lorsque l’on quitte l’île. Le 28, à 18h00, Carlos Dorim investit l’auditorium pour y présenter son premier roman avec force extraits de films et de musiques. Deux rendez-vous incontournables! Ah oui! La parabole de l’oeuf à la coque: 1 mn à Cuba, 1mn en Italie, 1mn en France et l’oeuf est enfin cuit!

Bibliographie: « Le voyageur de l’invisible », Ed. Les Cahiers de l’Egaré, 2003, « La vie qui gronde », Ed. Henry, 2011, « La nuit aux yeux rougis », Ed. Henry, 2013, « Si c’était une île », premier roman , Ed.Henry, 2017.

Catherine CLERC, magmozaik64200@gmail.com

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