Expos

Published on avril 24th, 2015 | by MagMozaik

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La mémoire de temps qui passent… ou imaginaires

Réfléchir au temps qui s’écoule en subtils souvenirs intimes et délicats, tel est le propos de Time After Time, superbe, insolite et pertinente exposition qui passe au crible la relativité du temps et la nostalgie qu’il génère de génération en génération, à travers la perception subtile et fine de 4 artistes qui éparpillent les souvenirs anciens ou en devenir, en une multitude de témoignages revisités en épures singulières. Maitre d’oeuvre de ces grains de sablier? François Lousteau dont on connait les choix artistiques entre l’histoire et l’art contemporain et qui, toute l’année, s’investit en multiples domaines, notamment musicaux, à travers La Maison.

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4 artistes aux imaginaires intemporels mais qui travaillent, par un curieux paradoxe, sur le temps qui passe ou en devenir dans leurs univers créatifs, à travers des vestiges anciens réels ou recréés pour d’hypothétiques civilisations qui n’existent pas encore. Une belle réflexion entre l’art contemporain et l’archéologie, réelle ou inventée, et 4 démarches étonnantes, ainsi proposées, dans la recherche de traces dispersées d’une mémoire de l’histoire humaine et des paysages recomposés. Une même approche de la temporalité humaine mais 4 interprétations et traductions différentes, liées à la sensibilité et au parcours de chaque artiste convié en ce lieu sobre, lui aussi chargé d’histoire.

Cécile Mestelan invente des civilisations utopiques hors du temps

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série Amulet

 

Très contemplative, l’oeuvre de l’artiste, tout en jeux d’ombres et de lumières, nous invite à la suivre en voyages imaginaires, empreints de spiritualité et de sérénité. Elle invente un cours du temps fictif jalonné de fausses traces archéologiques de civilisations improbables et utopiques, mais -qui sait?- possibles, qu’elle imprègne de nouvelles mythologies, avec force totems, amulettes et rituels, dont les références cosmiques et primitives nous renvoient à nos propres interrogations sur nos parcours humains. La finesse de ses compositions exige de s’approcher au plus près des oeuvres, avec une patience, un regard pointu et un rapport intime à l’art qui incitent à la réflexion élégante et à l’introspection, dans les méandres de nos propres consciences du temps et de ce que nous sommes. A coup sûr, notre vrai coup de coeur! Magistral!

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Régis Perray ou les brumes du temps révélées

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Dans la même salle et le même décor minimaliste inondé de soleil et de silences, Régis Perray met l’accent sur la mémoire du temps qui passe et transforme les délicats témoignages artistiques de notre histoire. Sa série les “Ponsées”nous propose de vieux tableaux, chinés dans les brocantes, dont il ponce la surface, nous entrainant, avec ce processus de dégradation accéléré, dans une réflexion sur les ravages du temps à travers des objets ainsi filigranés et embrumés dont la fragilité et l’existence éphémère mais régénérée, par un curieux paradoxe, éclatent soudain. Un surprenant nouveau regard sur nos souvenirs nostalgiques. Contrepoint subtil et ironique, l’artiste provoque un peu plus loin un télescopage entre présent et passé avec une pelleteuse miniature qui s’attaque à l’architecture de la villa Beatrix Enea…

Pauline Bastard ou le retour à la Terre Mère

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Quelques pierres et poutres conservées néanmoins

 

En 2013, l’artiste achète, pour un euro symbolique, une vieille maison délabrée à Saint Yaguen, au coeur de la forêt des Landes. Objectif? Détruire minutieusement l’édifice pour en restituer toutes les matières brutes à la nature environnante en une multitude d’endroits qui deviennent ainsi les écrins de tableaux invisibles mais partout présents. Au terme de ce processus infiniment précis et inspiré, le souvenir de cette maison n’existe plus que dans les videos et les documents exposés, comme autant de vestiges d’un cycle de retour à la nature. Une subtilité épurée et, parfois, ludique ou fantasmagorique, qui l’entraine à revisiter en mode contemporain, des vestiges réels de la préhistoire angloye, à travers des outils fictifs aux usages improbables,  à la croisée de la préhistoire et de la science fiction.

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Raphaël Dallaporta: Une nouvelle lecture de l’archéologie ancienne ou urbaine

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En 2010, l’artiste rejoint une Mission archéologique en Afghanistan. Un drone survole alors les sites, proposant une multitudes d’images insolites en paysages désertiques, presque lunaires dont la juxtaposition géométrique et artistique par ordinateur s’inscrit en toiles photographiques, témoignages d’un temps révolu. Par des outils de haute technologie, une installation video reconstitue de déplacement virtuel d’un drone avec, en simultané, la prise de vue aérienne et le dessin modélisé de la trajectoire de la caméra, tracé qui compose ainsi une étonnante figure artistique aléatoire. Un nouveau regard affiné sur les recherches archéologiques …vues d’en haut! Ce projet “Ruines” a été présenté au Centre Pompidou-Metz, au Musée Nicéphore Niepe de Paris et au Centre des arts actuels Skol à Montréal. L’artiste est en résidence à la Villa Médicis.

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Une belle scénographie qui donnera lieu à une soirée le 6 juin prochain à l’occasion de la journée de l’archéologie.

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Jean Luc Labat au patio de la mairie, du 20 avril au 15 mai

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Autre univers avec ce peintre issu, avec brio, du célèbre Institut Supérieur de Peinture Van der Kelen de Bruxelles  à l’âge de 17 ans en 1978. Il nous propose des oeuvres expressionniste forte, hautes en couleurs et mouvements largement marquée par des artistes comme Rothko, Soulages, Munch, Pollock, Dubuffet ou Chagall mais aussi par le mouvement Cobra de Chaissac, Combas et Basquiat.

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“Après avoir travaillé pendant plusieurs années sur châssis traditionnels, j’ai voulu explorer de nouveaux supports comme le papier avec des collages mais aussi retrouver l’espace des grands formats comme ceux que j’avais présentés il y a dix ans au Patio. Je me suis donc lancé dans une série de collages de tissus peints. Sur un vieux drap de lin, il s’agit de réaliser un montage qui ensuite devient, au fur et à mesure de l’exécution, un terrain de liberté pour la peinture. Cette peinture expressionniste que j’affectionne prend vie différemment dans les épaisseurs de tissus, les plis et les recoins. Une peinture que je veux épidermique, à la fois forte et sensuelle.”

Jean-Luc LABAT

Infos sur www.anglet.fr et sur l’application mobile Anglet Expos

Catherine CLERC,magmozaik64200@gmail.com

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