Coups de coeur

Published on mars 14th, 2016 | by MagMozaik

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La culture basque dans les gènes

Biarritz n’en démord pas! Bi Harriz Lau Xori vit dans ses gènes! Organisé chaque année par Biarritz Culture avec le concours actif de l’Institut Culturel Basque, cette manifestation met à l’honneur, sur une semaine, de multiples formes d’expressions basques et d’ailleurs. Du 15 au 20 mars, théâtre, cinéma, musique, danse et conférence se succèderont en divers endroits associés ( Le Colisée, le Cinéma Le Royal, l’Atabal et la Médiathèque) avec, pour thème central, la notion de frontière entre lieux, époques et cultures différentes, modes de pensée ou de vivre son identité, disciplines et autres barrières législatives. Tout un imaginaire qui nous montre, de manière magistrale, comment dépasser toutes ces freins, imposés ou que l’on s’impose, en envolées de mots, de notes, de dessins ou de sculptures et de chorégraphies, qui survolent bien des territoires du monde, de l’Afrique à nos rivages, portées par les vents de nos rêves! Petit florilège de frontières…

Les frontières du temps

Le réalisateur Josu Martinez ouvre la marche au Royal le 15 mars à 21h00. Son film,” Gure Sor Lekuaren Bila”, témoigne de se recherche du premier documentaire réalisé en langue basque et diffusé pour la première fois à Hasparren en 1956. Avant de tomber dans l’oubli, ce petit bijou pionnier installera ses couleurs identitaires à Paris, San Francisco ou Dakar. Peu auparavant, on se souvient d’un autre incunable d’Orson Welles, “Around The World”, consacré en 1955 au Pays Basque, mais en anglais toutefois !

En 2013 , Josu Martinez, étudiant en communication audiovisuelle et en anthropologie sociale et culturelle découvre une copie du documentaire basque à Paris. Plutôt que de réaliser sa thèse sur ce thème en volumes imprimés, il choisit l’écriture de sa caméra. C’est ce travail là que nous découvrirons sur grand écran.

Les frontières entre mots, murmures et musiques

Les vents de toutes provenances nous rendraient-ils fous? Ils portent les sons, souvenirs de l’enfance, les notes d’un alto qui apprivoise les murmures, les mots d’une langue, comme des galets semés sur une vie, qui traversent les montagnes. Les vents font partie d’une histoire, d’une culture, de chants et de danses, formidables spirales qui disent et racontent, en quelques souffles, la vie! Un tourbillon où se télescopent les rythmes des danses, le vent intérieur de l’âme, l’air tumultueux qui malmène les marins, hurle sous les portes ou qui, du haut des montagnes, s’engouffre dans les flûtes ou les cordes des instruments… Les vents créateurs de musiques, de rêves, d’imaginaires, en sonorités mêlant les notes et les paroles, les trilles et les bruits. Des cascades qui font, entre euskara et tonalités, rire les enfants et vibrer la mémoire d’autres, devenus adultes, entre océan et montagne, roc et fluidité des feuillages embrumés…

“Ai! Ze Haizea”… “Si le sirocco s’en mêle”… Deux titres chantants pour un même spectacle de la Compagnie musicale Eclats, sur une musique de Chris Martineau, virtuose de l’Alto, et textes de Juan-Kruz Igerrabide, maître de l’Haïku basque. Une création transfrontalière, d’abord écrite en français, puis transposée en basque, pour une transmission aux enfants…Mercredi 16 mars, 17h00 au Colisée.

Frontières entre musiques et danses

Jeudi 17 mars à 18h00, la Médiathèque s’interroge, dans le cadre de l’exposition Ikimilikiliklik, sur les liens et passerelles entre Ez Doc Amairu et la danse basque, établis dans les années 60. Une conférence co-produite avec l’Institut Culturel Basque et donné par Oier Araozala, accompagné de Marian Arregi à l’accordéon, de Mikel Urbeltz au violon et de Maider Urbeltz à la harpe.

Une belle occasion de s’immerger dans l’univers de Joxean (dit Ja) Artze qui signe l’exposition présentée en ces lieux comme un devoir de mémoire créatif de ce que furent les mouvements artistiques avant-gardistes de l’ère franquiste. http://www.magmozaik.com/ikimilikiliklik-un-precieux-patrimoine-identitaire-basque/

Les frontières musicales d'Afrique et d'ici!

L’Atabal et EHZ savent provoquer de belles rencontres métissées. Le 18 mars à 20h30, plus de frontière entre Afrique et Pays Basque, entre époques, ou entre salle et bar! Les musiciens du groupe Casamance, septet parisien aux tonalités 70’s mené par Gabriel Matringe, se jouent de la géographie pour mieux intégrer les sonorités quasi tribales mâtinées de nuances afrobeat de l’Afrique. Des morceaux groove chantés en peulh pour un dépaysement intégral!

A leurs côtés, 3 artistes ou groupes d’artistes basques pur jus bien que leur musique vienne d’inspirations très diverses. Côté JP Lohian & Klonen Klana (Joseba Ponce en alias!), une belle envolée américaine dans le sillage d’un Joseph Conrad ou d’un Ridley Scott. Magnifique! Jurgi Ekiza nous vient du grunge version Willis Drummond. Sombre, cru et intime à la fois. Enfin Pétra, groupe de Donostia, se la joue rock psychédélique aux  allures africaines et asiatiques.

Frontières des lois...et de l'esprit

Comment peut-on accueillir chez soi, dans sa maison, synonyme de famille, un étranger, sans remettre en cause son identité et les frontières culturelles que l’Etxea suppose ou impose? Comment… lorsque que se rajoute une dimension plus intense qui met en jeu des lois et règles d’immigration? Le 19 mars au Colisée, 20h30, le Huts Teatro, sous la direction de Ander Lipus, pose la question à travers une pièce au thème sensible. On ne peut faire rentrer n’importe qui à la maison!

Tout est dit ou presque … Car qui des deux, de la famille rétive à l’étranger, au nom de schémas ancestraux qui font de la maison la famille, et des lois qui entravent d’une jungle de lois restrictives, l’amour entre deux êtres de continents différents, sont les plus absurdes, obsolètes et gardiens de frontières castratrices? Une introspection qui ne laisse pas indifférent et bouscule bien des traditions !

Les frontières de l'intérieur

Menpe… La rencontre insolite d’un danseur chorégraphe congolais, d’un marionnettiste basque et d’un musicien…Tous racontent un exil du Congo au Pays Basque. Un chemin douloureux, difficile, hanté par les souvenirs de l’enfance et la trace des ancêtres africains. Un parcours intérieur aussi qui, à travers la danse et les marionnettes, font de ce déraciné un exilé de lui même.

Une errance initiatique quasiment qui mène Brice Mingouolo en nos contrées où la rencontre se fait avec Battitt Halsouet, plasticien, le musicien Xano et le metteur en scène Manech Fuchs. Une belle affiche à découvrir le 20 mars au Colisée, 18h00.

Pour toute infos horaires et tarifs: www.biarritz-culture.com

Catherine CLERC, magmozaik64200@gmail.com

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