Echos de la diaspora

Published on septembre 7th, 2014 | by MagMozaik

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La 8ème province basque? C’est la diaspora!

Véritable nébuleuse internationale, le réseau des Maisons Basques, fort de plus de 200 établissements Eskual Etxeak (ou Euskal Etxea selon les orthographes et au singulier???), développe des programmes pour la promotion de l’euskara et de l’identité basque à travers la danse, la musique, la gastronomie et les jeux. Manquait toutefois, jusque là, la dimension économique, que l’association 8 Probintziak, créée en 2004, et sa déclinaison Zubiak, société coopérative d’intérêt collectif, comblent aujourd’hui à travers un réseau de plus de 150 000 contacts, dont 70% d’entrepreneurs, dans le monde entier. A l’origine de cette dynamique? Benoit Etcheverry- Macazaga, biarrot, depuis longtemps impliqué dans la diffusion et la transmission aux plus jeunes de la langue et de la culture basques.

Petit aperçu de la géo/politique/économie de la diaspora!

Tout le monde- du moins ici!- le sait aujourd’hui, le XIXème siècle vit un véritable raz de marée migratoire des basques vers les amériques. Une dramatique hémorragie qui handicapa lourdement le Pays Basque dont les forces vives et jeunes s’exilèrent alors. Le sud de ce continent absorba la quasi totalité des déracinés, notamment l’Uruguay, l’Argentine et le Chili qui, aujourd’hui encore, détiennent le record de population d’origine basque, de 10% pour l’Argentine à 20% pour le Chili! Au fil de l’histoire, les Etats Unis et le Canada accueilleront une partie de cette population, bien déterminée à s’intégrer aux pays qui deviendront les leurs. Ce rêve de nouveaux mondes explique qu’en 2014 aucune communauté basque implantée à l’étranger ne soit identique, chacune s’imprégnant de la culture, de la langue ou de l’histoire de son pays d’accueil, sans pour autant oublier ses origines. Une belle mosaique d’intégrations multiples en somme… Après 5 siècles d’émigration, on estime actuellement à 4,5 millions les personnes ayant des ancêtres directs basques et 15 millions celles ayant une ascendance directe, pour sans doute 40 millions de patronymes à travers le monde! Nombreux sont ceux à avoir rompu avec leurs racines mais plus de 18000 s’investissent dans les Maisons Basques pour perpétuer la culture et la langue de leurs ancêtres. On retrouve les basques dans 23 pays, situés presqu’exclusivement sur le continent américain, Uruguay, Argentine, Chili, Etats Unis et Canada en tête. Mais l’Europe, avec l’Allemagne, l’Asie, avec les Philippines ou le japon, l’Océanie ne sont pas en reste! Rien qu’en Argentine, on dénombre 112 Eskual Etxeak et 41 aux Etats Unis, notamment à San Francisco et New York! Incroyable non? Des ports d’attache que visitent régulièrement nos chorales et danseurs traditionnels, de France ou d’Espagne. 20 000 membres en Eskual Etxeak en Argentine, 58 000 aux Etats Unis, 31 000 en Allemagne, 110 000 au Mexique, 102 200 en Uruguay, 250 000 au Chili ou 10 000 en Australie… Quel magnifique brassage et métissage culturel non?  Une belle trame tissée avec le gouvernement autonome basque qui subventionne toutes les Maisons Basques avec, aujourd’hui, la volonté de réduire ses apports financiers pour stimuler l’implication des nouvelles générations. En France, la communauté de Pau garde la tête avec 3000 adhérents avant Paris et Bordeaux. En Décembre Marseille ouvrira sa maison à l’initiative d’une centaine de pelotari et de leurs familles, en attendant celle de Toulouse, en projet. Autant de maisons avides d’informations sur la vie du Pays Basque (on est là pour ça, à l’heure des réseaux sociaux et d’internet) et d’échanges économiques avec la terre de leurs racines! Et Zubiak répond à leurs attentes!

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Des ponts entre les basques du monde entier

A l’origine de l’aventure, l’association 8 probintziak dont le conseil d’administration reflète la vocation internationale ( Bayonne, Montevideo, Viedma, Boise, Montréal, San Francisco, Corte madera…) Une belle palette au service d’un même tableau: peindre la diaspora d’aujourd’hui dans toute son extraordinaire diversité et sa capacité à dynamiser l’économie du Pays basque par des échanges réguliers. Parmi les fondateurs de la SCIC Zubiak, on retrouve, Robert Acheritogaray, dont le frère, Philippe, dirige la Maison Basque de San Francisco (Basque Cultural Center, avec resto approprié),  Patxi Bergara, Juhane Dascon, Diego Ardohain, Benoit Etcheverry, maître d’oeuvre du projet dont le démarrage est prévu le 1er octobre, Pierre Mendiboure, Federico Martin Haramburu, basque de Buenos Aires, venu à Biarritz jouer au Rugby, Mattin Errecart, Shaun Hegarty, fondateur avec son frère Brendan de l’agence de tourisme Esprit Basque, qui propose des voyages sur mesure (A quand l’inverse avec des voyages dans les Eskual Etxeak du monde entier?)  et Vincent Etcheto. Actif sur tous les fronts, Benoit Etcheverry anime également des émissions consacrées à la diaspora basque sur Gure Irratia. Ce dimanche 7 septembre il recevait Shaun Hegarty, Federico Martin Haramburu et Baptiste Daleman, chanteur basé à Sare. L’occasion de converser avec Xavier Cazaubon, directeur d’une société de consulting international basée à Mexico, spécialiste, pour l’Amérique Latine, des secteurs des infrastructures et de l’énergie, futur président de la Fédération Internationale de Pelote Basque et maitre d’oeuvre des relations économiques entre Biarritz et Mexico, ou Philippe Acheritogaray de San Francisco, en présence de quelques fondateurs de Zubiak!

Un belle initiative à laquelle nous croyons beaucoup et dont nous relaierons les actions et informations dans notre rubrique dédiée à la diaspora basque.

Zorte ona, Good luck, buena suerte, bonne chance Zubiak!

www.euskaletxea.org

www.8probintziak.com/zubiak

www.nabasque.org

www.espritbasque.com

Catherine CLERC, contact@magmozaik.com

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3 Responses to La 8ème province basque? C’est la diaspora!

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  2. claude says:

    Je vous signale la parution de mon livre:”Mon paradis au bout du monde: GARAZI” qui raconte la vie de St jean Pied de Port et de sa vallée dans les année 60 vue par un enfant.
    L’émigration vers les USA était encore bien vivante et l’on retrouve ces migrants lors de leurs passages au pays.
    Le tout pimenté par cet humour basque si particulier.
    Ce livre peut s’acheter sur Amazon ou en france à la librairie de St jean Pied de Port.
    Bonne lecture R Claude

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