Vu dans la presse

Published on mars 6th, 2017 | by MagMozaik

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Kardesch: Tumultes de vie

La vie est une drôle d’aventure complexe faite d’épisodes juxtaposés qui vous font avancer, évoluer et vous nourrir d’expériences multiples. Des portes s’ouvrent vers des chemins de vie que consacrent des équilibres instables et fragiles jusqu’au points de basculements vers de nouvelles portes et de nouveaux chemins aériens, fugaces, volatiles et tout en nuances subtiles nouvelles à explorer vers d’autres équilibres fracturés plus denses et colorés.

Pour cette exposition, Kardesch a voulu exprimer ces cycles particuliers qui construisent l’unicité de chaque vie, de chaque itinéraire, en une réflexion abstraite épurée avec une trame de poussière d’or, véritable fil conducteur et sel de l’esprit qui traverse ses compositions réalisées de toutes pièces pour la crypte depuis des mois en trois temps: Les portes, les chemins de vie et les équilibres.

Les portes? Des coups de brosse ou de pinceaux définitifs qui n’admettent aucune hésitation aucune approximation comme ces caps à franchir abrupts avec lesquels on ne négocie pas. Des portes différentes selon les bribes de vie, les périodes et humeurs, les épreuves traversées, tantôt accueillantes et pleines d’espoirs, de couleurs beiges et fauves, tantôt difficiles et toutes de noir vêtues, sombres et rugueuses comme ces aplats que l’on se plait à toucher, à vivre dans une sensualité à chaque fois différente et surprenante comme si l’esprit se projetait sur la toile en huiles subtiles et vibrantes de vie qu’elle affectionne particulièrement.

Des portes vers des chemins toujours différents. Des envolées de vie que guident les poussières d’or, symboles de parcours tour à tour sereins et tumultueux, embrasés et fiévreux ou empreints d’une douce plénitude. Des arabesques épurées comme des lignes de vie souples ou cahotiques, rectilignes ou brisées, qui traversent des paysages denses comme autant de contextes uniques en phase avec ces périodes de vie qui s’y inscrivent, s’y débattent, s’y expriment et s’y engouffrent en quelques combats somptueux, élégants et cinglants.

Et puis des équilibres aléatoires consacrent ces chemins tout aussi fantasques. Des équilibres en tonalités fauves, beiges, noires et or que viennent parfois enflammer des palettes inédites de bleus et de rouges. Des équilibres en diptyques, triptyques ou séries plus diffuses qui n’en sont pas ou si fragiles, aux franges de basculements vers d’autres portes, d’autres pans de vie à explorer encore et encore. Des équilibres où chacun se retrouve, en l’un ou en l’autre, en une confrontation intime avec les oeuvres qui correspondent à chaque vécu.Et c’est là toute la force de l’artiste qui ouvre le champ à toutes les appropriations secrètes. Chaque visiteur choisira sa porte, son ou ses chemins, son ou ses équilibres en une résonance très personnelle. L’artiste, en proposant un parcours de vie qui lui appartient, réussit l’incroyable challenge d’une stylisation que chaque visiteur peut vivre à sa manière.

Les diptyques et triptyques? Une récurrence voulue car la vie, ses chemins, exigent des temps de respiration propices à la réflexion, pour mieux atteindre l’équilibre qui correspond à chaque chemin. Comme si l’artiste, à chaque oeuvre, vous emportait dans son sillage en vous ménageant des temps de pause où mettre en accord vos expériences et l’oeuvre, où réfléchir au sens de parcours à comprendre, à vous approprier dans une contemplation intime et spirituelle. Car les oeuvres de Kardesch s’ancrent définitivement dans une interprétation spirituelle magnifique des itinéraires de vie comme d’irrésistibles colonnes vertébrales prédéfinies mais qu’il nous appartient de moduler selon nos parcours, nos expériences, nos envies d’ouvrir ou non une porte, de suivre ou non un chemin, d’aboutir ou non à un équilibre qui n’en est jamais un puisque destiné à se heurter à de nouvelles portes. Symboles forts qui soutiennent sa réflexion: Deux séries d’oeuvres qui se font face et résument à elles seules la démarche de l’artiste: Sur la scène de l’entrée, 4 tableaux dessinent magistralement les saisons de la vie, des ténèbres à la lumière, en des luttes complexes mais un parcours irrésistible. A leur droite, un triptyque, « la Trinité », ponctue l’accomplissement de cet itinéraire de vie, tandis qu’à gauche Dante veille. On n’en dira pas davantage. En face, Anna Karénine nous assène son destin où la passion d’une vie flamboyante se brise au contact des convenances sociales rigides. L’or s’y fait incandescent, torturé et blessé en une foudroyante cassure.

Kardesch? C’est le nom de son époux défunt dont elle a, par devoir de mémoire culturelle, pour elle et pour ses enfants, voulu faire une somptueuse signature de vie faite art à part entière, sans concession, avec l’impérieuse nécessité et envie jubilatoire d’avancer sur un fil d’or. 15 ans après sa première exposition en ces lieux et un parcours international qui consacre son talent tout en délicatesse et puissance, elle revient, du 11 mars au 9 avril, investir avec bonheur une crypte à la mesure de ses créations grands formats. Ne nous y trompons pas néanmoins! Bien d’autres inspirations et séries, complètement différentes, nourrissent son oeuvre que l’on peut découvrir sur sa page Facebook. Magistral de virtuosité et de vie!

Crypte Sainte Eugénie, entrée libre tous les jours, sauf le mardi de 14 à 18h00, dès le 11 mars

www.facebook.com/KARDESCH-445937882111685/

Catherine CLERC, magmozaik64200@gmail.com

Photos Mathieu CLERC, video Philippe SIRET

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