Coups de coeur

Published on janvier 8th, 2016 | by MagMozaik

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Je vous souhaite d’être follement aimé(e)

Les billets d’humeur mensuels de Corine, Présidente du cinéma le Royal à Biarritz sont toujours pour nous de petits bijoux que nous ne résistons jamais à publier ici pour leur pertinence, leur finesse, leur justesse et leur impertinence! En ce début d’année, elle nous offre une subtile variation sur le thème de l’amour à déguster dans toutes ses dimensions sensuelles et sensitives avec, en exergue cette très belle arabesque de François Truffaut: Ce n’est pas l’amour qui dérange la vie, mais l’incertitude d’amour…” 

“Je vous souhaite d’être follement aimé(e)”…C’est le titre choisi par Ounie Lecomte pour son film, c’est aussi la dernière phrase de la lettre adressée à sa fille par André Breton dans L’amour fou. Ce pourrait être un joli vœu en ce début d’année 2016… Auquel, on a envie d’ajouter : “Je vous souhaite d’aimer aussi…”

Le mot “Amour” décliné sous toutes ses formes. Il est tant d’amours possibles, qui tous fabriquent le lien, génèrent l’espoir et le désir de donner. Ces amours dont souvent le cinéma nous raconte les histoires… qui se conjuguent avec “désir”, mais aussi “solidarité”, “respect” de soi et de l’autre, “fraternité”. Aimer l’autre, aimer aussi ce qui jette des ponts entre nous, la musique, la peinture, le cinéma… l’art. Accepter l’inconnu, la différence et le risque qui nous met en mouvement.

Je dis tu à tous ceux que j’aime / Même si je ne les ai vus qu’une seule fois / Je dis tu à tous ceux qui s’aiment / Même si je ne les connais pas.” Dans son poème Barbara, Jacques Prévert exprime cet écho engendré par les vibrations de l’amour. Comme des pulsations qui se répandent et ensoleillent autour d’elles, qui redonnent la force.

Et en ce moment, il semblerait qu’il y ait comme un manque, un déficit de ces ondes-là. Le risque est grand sans elles de sombrer dans un monde inanimé, de laisser s’éteindre la flamme qui évite l’obscurité et l’obscurantisme, qui nous permet de “voir mieux” et de se tenir loin de la violence toujours prête à jaillir.

Ce que nous pouvons nommer “amour” c’est ce petit plus, ce supplément d’âme qui donne une lumière différente sans provoquer la brûlure. Ce sont les mains qui se tendent, se prennent, se serrent, sans arrière-pensée, qui se réchauffent sans s’embraser. Une douce folie, qui contient en elle la raison, notre raison d’être.

Dire qu’il nous faut de l’amour à partager risque peut-être de faire sourire… C’est pourtant une question sérieuse. Face aux clivages, face aux discours de guerre, que nous reste-t-il d’autre que ce lien qui peut être aussi solide qu’il est fragile ? “A réinventer” chaque jour… pour faire un clin d’œil à Rimbaud. Oui, “l’amour est à réinventer”. Il faut absolument en prendre soin et lui donner sans cesse des couleurs nouvelles. Faire chanter ensemble nos couleurs complémentaires.

Dire “je t’aime” à ceux que l’on aime, le plus souvent possible. Voilà ce qu’on oublie souvent. Pourtant même les évidences sont essentielles à exprimer. Leur musique redonne la confiance qu’il faut pour avancer, en dansant, sans traîner les pieds. Légers…

Tant que nous sommes vivants, l’amour nous donne la chance d’une permanente naissance. La possibilité de ne jamais se résigner, de refuser en nous la mort du primordial. Permettre à notre conscience de rester vive et à notre esprit de demeurer éveillé. Une façon frissonnante de dire “oui” au monde et d’être ce que l’on est. S’aimer aussi à partir de l’échange, parce qu’il est ainsi possible de se reconnaître.

En 2016, l’amour du cinéma continuera à nous porter. Et par amour pour vous, nous vous proposerons ce mois-ci comme tous les mois, un bouquet de films à découvrir, mais aussi, une nouvelle édition de Zinérama, notre festival de films et de rencontres ainsi que l’édition 2016 du Festival International du Film des Droits de l’Homme. Parce que les émotions, la réflexion, ça se partage.

De la part de toute l’équipe du Royal : une bonne année 2016, amoureuse, aimante, aimée, affectueuse, tendre, fraternelle, ardente, incandescente et passionnément cinématographique…

Corine, Le Royal

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