Vu dans la presse

Published on septembre 25th, 2017 | by MagMozaik

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Jacques Arlandis ouvre le BAL

Du 25 septembre au 1er octobre, le 26ème Festival Biarritz Amérique Latine s’ouvre sous deux regards croisés d’actualité qui lui donnent cette année une puissance singulière, une sensibilité particulièrement proche de notre territoire et de nouveaux axes de développement à venir. C’est placé sous le signe d’un large focus porté sur la Colombie,  engagée dans un processus de paix après 52 ans de guerre civile entre FARC et gouvernements, que Jacques Arlandis reprend le flambeau d’une manifestation d’excellence, tout en transversalités culturelles, pour laquelle il nourrit de solides ambitions, en fin connaisseur du cinéma latino américain qu’il est depuis des décennies par passion…et profession. Rencontre impromptue au fil d’une vie de passions.

Un parcours insolite

Encore récemment, Jacques Arlandis était loin d’imaginer occuper aujourd’hui la fonction de Délégué Général d’un festival bien rodé, enraciné au coeur de Biarritz, dont l’objectif, centré sur un fil rouge cinématographique omniprésent, est de décliner toutes les formes d’expression de cultures latino-américaines plurielles en expositions, rencontres littéraires, sensibilisation de scolaires et pré-professionnels, débats de haut niveau ancrés sur les réalités socio-économiques, culturelles ou politiques d’un vaste continent exubérant et contrasté, village artisanal et musiques identitaires d’un continent aux visages pour le moins métissés, entiers, survoltés, entre Andes et Caraïbes, racines amérindiennes et espagnoles, Atlantique et Pacifique. Rien si ce n’est un double parcours de vies vouées à se croiser et s’imbriquer étroitement un jour ou l’autre, au carrefour de passions professionnelles et privées convergentes, complémentaires, se nourrissant les unes des autres. Economiste de médias à l’origine, Jacques Arlandis fréquente bien des chaines de télévision clientes dont l’orientation cinéma prépondérante l’intéresse. Sollicité pour cette expertise, il devient ensuite, en 2002, directeur de l’Ecole Nationale Supérieure Louis Lumière qui le plonge définitivement dans la marmite des métiers du cinéma dont il acquiert vite la connaissance, des techniciens aux directeurs photos, lumières ou sons, en passant par la production, le montage, la diffusion ou la promotion de films de fiction ou documentaires. Une passerelle professionnelle qui se construit, en touches et nuances successives, entre un art dont il dirige les talents en devenir et sa passion pour le continent latino-américain dont il saisit vite le potentiel créatif et l’urgence de dire en images les réalités mouvantes et souvent violentes de pays en pleine métamorphose, secoués de dictatures, de convulsions, de guerres ou de souffrances nées de situations économiques et sociales destructrices d’une humanité soumise au joug du géant américain si proche, ou de sociétés machistes, reliquats d’une culture espagnole que les soubresauts renforcent. De fréquents passages en ce BAL biarrot virevoltant initient des rencontres aux affinités vite électives avec des réalisateurs, dont un, uruguayen , Esteban Schroeder. En 2010, il franchit le pas avec Lavéga Productions, structure légère où il développe des projets de fictions et documentaires en partenariat étroit avec des producteurs indépendants latino-américains. Très sensible à la nécessité d’établir de vraies plateformes professionnelles pour produire et financer des projets documentaires, genre auquel il est très attaché, il finalise quelques belles créations dont le « Carga Sellada » de Julia Vargas, proposés par la Bolivie aux Oscars 2017. Il travaillait à un projet de fiction avec Esteban Shroeder quand Biarritz a retenu sa candidature. Un vrai défi qu’il est décidé à relever en y inscrivant des axes destinés à lui impulser encore davantage de dynamisme répondant à de réels besoins de création, de production et de diffusion entre notre continent et le monde cinématographique d’Amérique Latine dans toutes ses dimensions structurelles, institutionnelles, culturelles, voire diplomatiques.

Une empreinte décisive

Son empreinte se fait déjà sentir sur ce 26ème opus novateur dont la Colombie occupe une place majeure, comme une symbiose métissée de ce qu’est tout ce continent dans tous les domaines d’expression culturelle. Un pays qu’il connait bien et où il a planté ses racines de coeur, au delà même du cinéma. Un pays dont il conjugue aujourd’hui avec force et talent toutes les facettes, à commencer par un flamboyant hommage en livres, exposition et films à Gabriel Garcia Marquez, Prix Nobel de Littérature, dont il valorise la dimension scénaristique impressionnante et souvent méconnue. Un pays enfin pacifié après 52 ans d’instabilités et de violences dont il souhaite magnifier tout le potentiel créatif, à commencer par la musique que le village accueillera largement, sans compter le grand concert du jeudi soir, Gare du Midi, où les virtuoses d’Alexis Cardenas y Recoveco “ se produiront. 40 ans d’amitiés consacrés ainsi en un spectacle exceptionnel. Autre empreinte qui, au delà de la Colombie, s’inscrit aussi au coeur de ce Chili longtemps torturé, dont le vitalité sera présente dans la programmation, la littérature et l’hommage particulièrement émouvant rendu à Violeta et Angel Parra en 3 oeuvres documentaires et impromptus musicaux rendus par les petits-fils de cette immense artiste engagée, dont John Baez et Mercédès Sosa reprirent en hymne de résistance et d’amour le « Gracias a la vida ». Mais les actions la plus essentielles voulues et initiées d’ores et déjà par le nouveau délégué restent d’ordre structurel, le seul apte à faire grandir le festival et dynamiser la production cinématographique latino américaine de manière pérenne en termes de production, de financements et de diffusion internationale. D’abord, s’appuyer sur des partenaires forts tels que, outre la ville de Biarritz, le Région Nouvelle Aquitaine, de Département et le CNC, en dépit d’un environnement concurrentiel en termes de subventions attribuées. Ensuite, ciseler le creuset de diffusion de nombreux petits joyaux de fiction en les dotant de prix en monnaie sonnante et trébuchante, les prix documentaires et courts métrages bénéficiant déjà de partenaires appropriés. Enfin, sans négliger l’aspect grand public historique, développer une plate forme de rencontres professionnelles, au delà même du projet Lizières amorcé voici quelques années avec Ramuntcho Matta. Donner une meilleure visibilité au festival? Voilà un enjeu pour les années à venir même si, d’ores et déjà, cette année, des avant-premières délocalisées sont organisées sur l’ensemble de notre territoire de Bayonne à Saint Jean Pied de Port en passant par Urrugne. Quant au problème d’un éventuel engorgement des sites de projection, le récent et très léger tassement de fréquentation de l’an passé impose une analyse plus fine sur quelques années prochaines. Mais d’ores et déjà près de 5000 scolaires sont attendus sur la durée du festival et les quelque 36 000 entrées cinéma et 10 à 15 000 entrées village risquent fort d’être aujourd’hui dépassées.

Toutes informations sur programme, dates, lieux, horaires, réservations et tarifs: www.festivaldebiarritz.com

Catherine CLERC, magmozaik64200@gmail.com

Un festival qui balaie un large spectre latino américain en quelque 10 films fiction en compétition (sur 7500 visionnés) à dominante féminine, 10 courts métrages qui explorent les diverses transitions et ruptures dans la vie des hommes et femmes, 10 documentaires . Aux commandes des jurés: Brontis Jodorowsky, Aurélie Chesné et Stéphane Millière de Gégéon Programmes. 2 films hors compétition en avant-première: « La télénovela errante » de Raul Ruiz et Valeria Sarmientio et « Las Tinieblas » de Daniel Castro Zibron. Le focus Colombie avec 8 Films de 4 réalisateurs , de génération en génération, 6 films réalisés à partir d’oeuvres de Gabriel Garcia Marquez, des rencontres sur la paix en Colombie, une exposition de photographies signées Nereo Lopez sur des textes de Garcia Marquez, « Le fleuve de notre vie » (le Magdalena), deux auteurs sous les feux de la rampe: la chilienne Carla Guelfenbein et le colombien Juan Gabriel Vasquez… Un feu d’artifice culturel pour vivre à l’heure colombienne, en cette année d’échanges France-Colombie.

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